« Léon XIV : De petits signes qui confirment les premières impressions » par Vistemboir2 2025-08-26 22:20:26 |
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Traduction de l’article de Gaetano Masciullo, Correspondant de Remnant en Italie, paru le 26 août 2025 sur le site The Remnant sous le titre : « Leo XIV: Small Signs that Confirm Initial Impressions ? »
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Une réduction du magistère vert, libéré de l'idolâtrie écologique, et la centralité du Christ dans la prédication. La miséricorde est un don de la grâce, mais pas sans conditions. De nombreux petits signes qui donnent bon espoir. Pendant ce temps, le pape Léon XIV reçoit le cardinal Burke. Sur la table, l'avenir de la messe de la tradition catholique ?
Plus de cent jours après le début de son pontificat, de nombreux signes semblent confirmer ce qui a été dit, analysé et prédit jusqu'à présent concernant la figure du pape Léon XIV, tant du point de vue de la gouvernance que du magistère.
En matière de gouvernance, il est apparu clairement que le pape Léon XIV est un homme qui évite l'autoritarisme et la précipitation. Son « esprit américain » transparaît ici, le distinguant des Européens et des Sud-Américains, habitués à un style de gouvernance plus centraliste, despotique ou démocratique, c'est-à-dire écoutant et imposant la volonté de la majorité. Prévost, au contraire, est un homme à l'écoute de toutes les parties, consulte volontiers, accepte les conseils et évalue soigneusement les différentes solutions et approches. Ainsi, le mot « synodalité » revêt pour le premier pape augustinien et américain une signification très spécifique, bien différente de celle de François, jésuite et argentin. C’est pour cette raison qu’il a finalement été choisi au Conclave : un « homme d’unité » – et les attentes jusqu’à présent n’ont pas été déçues.
Ainsi, la vieille devise curiale « cunctando regitur mundus » – « C'est en retardant que l'on gouverne le monde » – semble à nouveau pertinente. Jusqu'à présent, le pontificat de Léon XIV a été un règne de réflexion et d'écoute, probablement ralenti par les inévitables exigences du Jubilé (qui durera jusqu'au 6 janvier 2026), ainsi que par son penchant naturel pour la méthode et l'ordre. Il a également été entravé par un environnement curial fortement bergoglien, qui craint que la situation ne lui échappe et qui désire voir le pape Léon agir principalement comme une « marionnette médiatique », laissant la véritable gouvernance de l'Église à des dicastères qui œuvrent en coulisses. À ce risque s'ajoute, comme chacun sait, sa confiance peut-être excessive dans la Curie elle-même.
Malgré l'absence de réformes ou d'actes de gouvernance significatifs, le pape Léon XIV a bénéficié d'une large approbation parmi les catholiques. Cet élément ne doit pas non plus être sous-estimé : le pape Bergoglio bénéficiait lui aussi d’une large approbation à ses débuts, mais parmi les non-catholiques, notamment les athées et les progressistes. Ceux-ci espéraient voir s’asseoir sur la Chaire de Pierre l’homme qui démantèlerait enfin l’Église catholique dans son ordre hiérarchique et sacramentel, tout comme les Carbonari l’avaient espéré au lendemain de l’élection du pape Pie IX. Pourtant, l’Histoire reste, et restera toujours, entre les mains de Dieu, et non des hommes, ni de Satan.
L'approbation que le pape Léon XIV reçoit parmi les catholiques, y compris les jeunes, est un autre signe d'espoir. En effet, aujourd'hui, l'Église a davantage besoin d'espoir que de cohésion. Non pas tant de l'espoir d'une fin de crise, mais d'espoir au sens théologique du terme. Les hommes et les femmes de notre temps ont besoin d'un guide, voire d'un père, capable d'orienter leur désir vers le véritable bien, vers ce trésor « que la mite et la rouille ne détruisent pas ».
Rencontre avec le cardinal Raymond Leo Burke
Parlant d'espoir et d'écoute, le pape Léon XIV a reçu en audience privée, le 22 août, le cardinal Raymond Leo Burke, figure emblématique du monde traditionaliste catholique et, comme le Saint-Père lui-même, Américain. Comme cela a été rappelé à d'autres occasions, nous savons que Burke et Dolan ont joué un rôle important dans l'accession de Prevost à la Chaire de Pierre. On ignore ce qu'ils ont dit, mais on peut émettre quelques hypothèses plausibles.
Tout d'abord, il ne faut pas oublier que le cardinal Burke était l'un des prélats directement et publiquement visés par François, en raison de ses critiques des contradictions et des graves erreurs inhérentes à son magistère – tant pis pour la synodalité tant vantée ! Bergoglio a décidé de révoquer le « piatto cardinalizio » – c'est-à-dire l'allocation et l'appartement subventionné du Vatican – du cardinal américain, le considérant comme une figure agissant contre l'Église (lire : contre François).
Selon certaines sources, cette décision a même été annoncée lors d'une réunion avec les chefs de dicastère, où François a exprimé son mécontentement face à la position prétendument « clivante » du cardinal.
Il est donc normal de s'attendre à ce que l'une des questions abordées ait été la restauration de son prestige et de sa dignité à un homme qui, loin d'avoir divisé l'Église catholique, est devenu – avec d'autres prélats éminents – le porte-parole influent d'une partie importante des fidèles, qui n'attendent rien de moins du Saint-Siège que la sauvegarde de l'identité, de la doctrine, de la morale et de la liturgie catholiques.
Deuxièmement, il est fort probable que la question de la messe traditionnelle ait également été abordée, de même que le Motu Proprio « Traditionis Custodes » de François, qui interdit de fait depuis quatre ans la célébration de ce rite par les prêtres. Ce document, comme l'ont démontré des preuves publiques, était entaché de graves irrégularités imputables non seulement à François lui-même, mais aussi à son entourage toujours en activité au sein du Dicastère pour le Culte Divin.
La tragédie de Judas Iscariote nous rappelle que la miséricorde divine est gratuite, mais jamais inconditionnelle
Un autre signe, modeste mais positif, est apparu lors de l'audience du 13 août : réfléchissant sur la trahison de Judas, le Pape a rappelé que Judas Iscariote s'était exclu du salut de son propre chef, confirmant ainsi l'enseignement constant de l'Église et la doctrine solennelle du Concile de Trente. « Il aurait mieux valu pour cet homme qu'il ne fût jamais né » – des paroles divines qui ne laissent place à aucune ambiguïté ni à aucun jugement suspendu : Judas est damné.
Avec sobriété et fermeté, le pape Léon XIV a réaffirmé une vérité dérangeante pour les oreilles modernes, mais nécessaire à la compréhension de la grandeur de la miséricorde divine, certes gratuite, mais jamais inconditionnelle. Le contraste avec l'approche incertaine de son prédécesseur, marquée par un scepticisme et un agnosticisme typiques du néo-modernisme, est évident. Ainsi, le pontife américain ramène la prédication au cœur de l'Évangile : le salut n'est pas un automatisme, mais un don qui exige liberté, repentance et conversion. Rappelons l'enseignement du Catéchisme du Concile de Trente :
« Personne ne peut nier que c'est une vertu de s'affliger au moment, de la manière et au degré requis. Gérer ainsi sa douleur relève de la vertu de pénitence. Certains éprouvent une douleur sans commune mesure avec leurs crimes. […] D'autres, au contraire, cèdent à une telle mélancolie et à un tel abattement qu'ils abandonnent tout espoir de salut. […] Tel était certainement l'état de Judas qui, se repentant, se pendit, perdant ainsi corps et âme. La pénitence, donc, considérée comme une vertu, nous aide à réguler avec modération notre sentiment de douleur. »
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