C’est bien mal défendre Mgr Lefebvre… par Signo 2025-08-22 19:19:58 |
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…que de lui attribuer artificiellement des qualités qu’il n’avait pas. A moins d’entrer dans un culte de la personnalité qui relève plus du régime nord-coréen que de l’Eglise catholique.
Non Mgr Lefebvre n’était pas un « grand penseur ». Il n’a jamais écrit aucun livre de théologie, n’a jamais apporté aucun éclairage décisif sur les questions disputées, n’a jamais produit aucune pensée théologique originale, contrairement par exemple à quelqu’un comme le cardinal Journet, à Garrigou-Lagrange ou au P. Bouyer (qui eux n’ont jamais été pasteurs… on ne peut pas tout faire dans la vie). En tant qu’évêque et pasteur ce n’était de toute façon pas son rôle. Il avait parfaitement assimilé la théologie officielle d’avant le concile telle qu’il l’avait reçue au séminaire français de Rome et il y est resté fidèle toute sa vie, ce qui est déjà mieux que la plupart de ses confrères dont beaucoup ont sombré dans les errances les plus invraisemblables.
De toute façon son activité missionnaire intense en Afrique, dans laquelle il a jeté toutes ses forces parfois jusqu’à l’épuisement, l’obligeant à prendre un repos forcé, ne lui laissait guère le temps de se forger une vaste culture théologique qui lui aurait peut-être permis des avis davantage nuancés sur certaines questions, comme la collégialité par exemple. Ça ne change rien au fait que sa doctrine était bonne et en tout cas suffisante pour être un excellent pasteur. Elle était en revanche insuffisante pour répondre seul à toutes les objections qui fusaient dans le sillage de l’aggiornamento conciliaire, dont les grands théologiens dénonçaient eux-mêmes les dérives, mais avec plus de précisions, de distinctions et de nuances. On ne pouvait se contenter de rabâcher sans cesse en 1975 une vulgarisation pastorale de la théologie officielle de 1920, avec certes sa solidité, mais aussi ses limites et ses nombreux angles morts, alors que le monde avait radicalement changé.
Un autre problème de Mgr Lefebvre était qu’il n’avait absolument pas les codes pour s’adresser à la presse des mass-media, notamment la télévision (une nouveauté à l’époque) et n’était pas préparé à la notoriété que sa résistance publique lui a acquise. Il est ainsi souvent tombé dans des pièges tendus par les journalistes sans s’apercevoir que ce qu’en répondant honnêtement et en révélant sa pensée sur certains sujets annexes, notamment en politique, ses propos allaient se retourner contre lui et servir à forger sa caricature. On ne peut évidemment pas lui en vouloir, il a été formé dans un autre monde.
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