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La sainte sagesse de Mgr Marcel Lefebvre face à la crise de l'Église
par Vistemboir2 2025-07-24 23:23:08
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Article de Robert Morrison paru le 23 juillet 2025 sur le site The Remnant sous le titre : « Archbishop Marcel Lefebvre’s Holy Wisdom on the Crisis in the Catholic Church  »

Comprendre cette sainte sagesse de Mgr Lefebvre ne résout pas la crise, mais cela nous aide à servir Dieu sans nous sentir « perdus et confus » face à ce que nous voyons de Rome. C'est peut-être pourquoi ceux qui cherchent à perpétuer la crise de l'Église ne cessent de dénigrer l'homme qui a fait plus que quiconque pour s'opposer à la révolution de Vatican II et préserver la messe latine traditionnelle.

L'un des nombreux aspects intéressants du rapport de Diane Montagna sur le document qui aurait servi de prétexte à l'abrogation par François du MP Summorum Pontificum de Benoît XVI était l'analyse de Mgr Marcel Lefebvre dans ledit document :

« Concernant la deuxième objection, il convient de rappeler que le MP Summorum Pontificum n'était pas destiné à la FSSPX ; celle-ci avait déjà accès à ce qui lui était accordé par Summorum Pontificum et n'en avait donc pas besoin. Au contraire, Summorum Pontificum constitue, dans son unité et son achèvement, un développement organique et cohérent du Motu Proprio Ecclesia Dei Adflicta de Jean-Paul II, par lequel le Pontife polonais a cherché à sauver de nombreux catholiques perdus, désorientés et menacés de schisme à la suite des ordinations épiscopales de Mgr Lefebvre. »


Ainsi, selon le document du Vatican qui est censé justifier Traditionis Custodes, nous devons croire que les catholiques étaient « perdus et confus » en raison de la consécration d’évêques par Mgr Marcel Lefebvre en 1988 sans la permission de Rome, comme si les catholiques avaient été tout à fait à l’aise avec les changements qui avaient eu lieu depuis Vatican II jusqu’à cet évènement. Pour apprécier la pure absurdité de cette suggestion, il suffit de considérer la déclaration de Paul VI de 1972 sur la situation après le Concile :

« Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement. On n’a plus confiance dans l’Église. On met sa confiance dans le premier prophète profane venu qui vient à nous parler de la tribune d’un journal ou d’un mouvement social, et on court après lui pour lui demander s’il possède la formule de la vraie vie, sans penser que nous en sommes déjà en possession, que nous en sommes les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devraient êtres ouvertes à la lumière (…) Dans l’Église également règne cet état d’incertitude.
On croyait qu’après le Concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude. Nous prêchons l’œcuménisme, et nous nous séparons toujours davantage les uns des autres. Nous cherchons à creuser des abîmes au lieu de les colmater. » (29 juin 1972)


Paul VI a dressé ce constat catastrophique de l'état de l'Église plus de dix ans avant la réunion de prière de Jean-Paul II à Assise, ce qui n'a fait qu'accentuer la confusion des catholiques convaincus. On ne peut donc pas sérieusement reprocher aux actions de Mgr Marcel Lefebvre en 1988 d'avoir laissé les catholiques « perdus et confus ». Il est au contraire certain que Mgr Lefebvre a diagnostiqué avec justesse la véritable source de confusion dans son livre de 1986, Lettre ouverte aux catholiques perplexes :

Que les catholiques de ce XXe siècle finissant soient perplexes, qui le niera ? Que le phénomène soit relativement récent, correspondant aux vingt dernières années de l’histoire de l’Église, il suffit d’observer ce qui se passe pour en être persuadé. Naguère le chemin était tout tracé ; on le suivait ou on ne le suivait pas. On avait la foi, ou bien on l’avait perdue, ou encore on ne l’avait jamais eue. Mais celui qui l’avait, qui était entré dans la sainte Église par le baptême, en avait renouvelé les promesses vers l’âge de onze ans, avait reçu le Saint-Esprit le jour de sa confirmation, celui-là savait ce qu’il devait croire et ce qu’il devait faire.

Aujourd’hui, beaucoup ne le savent plus. On entend dans les églises tant de propos stupéfiants, on lit tant de déclarations contraires à ce qui avait été enseigné depuis toujours, que le doute s’est insinué dans les esprits (...)

On est amené à se demander, par suite, ce qui a provoqué un tel état de choses. À tout effet correspond une cause. Est-ce la foi des hommes qui s’est amoindrie, par une éclipse de la générosité de l’âme, un appétit de jouissance, un attrait pour les plaisirs de la vie et les multiples distractions qu’offre le monde moderne ? Ce ne sont pas les vraies raisons, elles ont toujours existé d’une façon ou d’une autre ; la chute rapide de la pratique religieuse vient bien plutôt de l’esprit nouveau qui s’est introduit dans l’Église et qui a jeté la suspicion sur tout un passé de vie ecclésiastique, d’enseignement et de principes de vie.


Ainsi, la véritable source de confusion était, et demeure, le nouvel esprit qui « a jeté la suspicion sur tous les enseignements et la vie passés de l'Église ».

Aussi confuse que soit la crise, Dieu a permis à Mgr Lefebvre de nous laisser à la fois une explication claire des causes de la crise et un chemin bien balisé sur ce que nous devons faire pour persévérer dans la foi alors que la crise perdure. Les citations de Mgr Lefebvre qui suivent résonnent plus vraies aujourd'hui qu'elles ne l'étaient lorsqu'il les a écrites il y a des décennies, et éclairent la voie à suivre pour rester de fidèles catholiques.

Dans sa Providence bienveillante, Dieu permet cette grande crise dans l'Église pour notre sanctification. « La Providence permet cette crise douloureuse dans l'Église pour notre sanctification et afin de donner plus d'éclat à l'or pur de sa doctrine et à ses moyens de Rédemption. Cette passion de l'Église est un grand mystère, car elle atteint surtout sa Hiérarchie, ses clercs, qui semblent ne plus savoir ce qu’ils sont et ce pourquoi ils ont été institués. Le Père du mensonge, Satan, comme l’appelle Notre Seigneur a le talent extraordinaire de découvrir des mots auxquels il prête un sens nouveau de telle sorte que par leur ambiguïté il fait passer l’erreur destructrice qui renverse les sociétés les mieux établies. Il l’a trouvé dans cet « œcuménisme » conciliaire qui a créé une Liturgie œcuménique, une Bible œcuménique, un catéchisme œcuménique, unissant la vérité et l’erreur, mariant le vrai et le faux. (Lettre aux amis et bienfaiteurs n°14 du 19 mars 1978).

Les ennemis de l'Église sont à l'origine de la crise parce qu'ils cherchent à dissimuler et à déformer la vérité objective du catholicisme. « L'Église est nécessairement et fondamentalement opposée à la franc-maçonnerie. Ils affirment que la vérité est relative, nous, qu'elle est objective. Ils déclarent qu'il n'y a pas de dogmes, et nous, qu'il existe une vérité révélée et des dogmes. L'accord est donc impossible. C'est pourquoi les francs-maçons continueront à tout faire, comme l'affirmait Léon XIII, pour tenter de détruire l'Église, car, nécessairement, elle est contre eux. Il existe une incompatibilité essentielle. Leur principe naturaliste est en opposition formelle avec la doctrine de l'Église. » (Against the Heresies, p. 83)

La plupart des véritables dégâts se sont produits avant Vatican II. Mon aventure personnelle ne cesse de m’étonner : ces évêques, pour la plus grande partie, ont été mes condisciples à Rome, ils ont été formés de la même manière. Et voici que soudain je me retrouvais tout seul. Eux avaient changé, ils renonçaient à ce qu’ils avaient appris. Moi, je n’avais rien inventé de nouveau, je continuais. Le cardinal Garrone m’a même dit un jour : « On nous a trompés, au séminaire français de Rome. » Trompés sur quoi ? N’avait-il pas fait réciter des milliers de fois aux enfants de son catéchisme, avant le concile, l’acte de foi : « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Église, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper » ? Comment tous ces évêques ont-ils pu se métamorphoser de la sorte ? J’y vois une explication : ils sont restés en France, ils se sont laissé infecter lentement. En Afrique j’étais protégé. Je suis rentré juste l’année du concile ; le mal était déjà fait. Vatican II n’a fait qu’ouvrir les vannes qui retenaient le flot destructeur. Et en un rien de temps, avant même la clôture de la quatrième session, c’était la débâcle. Tout ou presque allait être emporté et, pour commencer, la prière. (Lettre ouverte aux catholiques perplexes, p. 8)

Mais le tournant se produisit au Concile, lorsque la majorité des évêques se rallia aux ennemis de l’Église. « Après avoir assisté à la lutte dramatique entre le cardinal Bea, représentant le libéralisme, et le cardinal Ottaviani, représentant la doctrine de l'Église, il était clair, après le vote des soixante-dix cardinaux, que la rupture était consommée. On pouvait penser, sans se tromper, que le soutien du pape irait aux libéraux. Mais désormais, le problème était au grand jour ! Que feraient les évêques, conscients du danger qui menaçait l'Église ? Tous purent constater le triomphe, au sein de l'Église, des idées nouvelles, nées de la Révolution et des Loges : 250 cardinaux et évêques se réjouirent de la victoire, 250 furent horrifiés, 1 750 essayèrent de ne pas poser de questions, se contentant de suivre le pape : “… nous verrons plus tard !” » (Itinéraire spirituel, p. vi-vii)

La source persistante de la crise est l'union adultère de l'Église et de la Révolution, qui place la vérité et l'erreur sur le même plan. « L'union adultère de l'Église et de la Révolution se concrétise par le dialogue. Notre Seigneur a dit : “Allez, enseignez les nations, convertissez-les”, mais il n'a pas dit : “Dialoguez avec elles sans essayer de les convertir.” L’erreur et la vérité ne sont
pas compatibles, dialoguer avec l’erreur, c’est mettre Dieu et le démon sur le même pied. Voilà ce qu’ont toujours répété les papes, et que comprenaient aisément les chrétiens, car c’est aussi une question de sens commun. Pour imposer une attitude et des réflexes différents, il a été nécessaire d’agir sur les cerveaux, de manière à rendre modernistes les clercs appelés à répandre la doctrine nouvelle. C’est ce qu’on appelle le recyclage, procédé de conditionnement destiné à remodeler l’instrument même que Dieu a donné à l’homme pour conduire son jugement. » (Lettre ouverte aux catholiques perplexes, p. 112)

Ce fut le coup de maître de Satan de tromper les catholiques en les poussant à désobéir à la Tradition par une fausse obéissance à la Révolution. En réalité, “le coup de maître de Satan a été de tromper l’Église par l’obéissance, la faisant désobéir à sa Tradition”. L’Église allait se détruire elle-même en obéissant à des principes révolutionnaires introduits en elle par les autorités de l’Église. Dès 1968, Paul VI lui-même n’a-t-il pas parlé publiquement de “l’autodémolition de l’Église” ? Le 29 juin 1972, il avouait : “Par une fissure, la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu… Satan… est venu gâter et flétrir les fruits du Concile.” Paul ne voulait pas voir où était la fissure. Marcel la vit et la dénonça : elle résidait dans la rupture avec la Tradition. Mais déjà, l’archevêque sentait que sa prévoyance le ferait condamner : “Satan a joué un coup de maître : ceux qui gardent la foi sont condamnés par ceux qui devraient la défendre et la propager !” (Extrait de la biographie de Mgr Bernard Tissier de Mallerais, Marcel Lefebvre : une vie, p. 468)

Cependant, si nous aimons l'Église, nous devons rester fidèles à la Tradition. « C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto». Amen. » (Déclaration du 21 novembre 1974).

Si nous avons des doutes sur la voie à suivre, nous pouvons simplement juger par les fruits. « Voyageant beaucoup, je vois à l’œuvre partout la main du Christ qui bénit son Église (…) Aux États-Unis, les jeunes ménages chargés de nombreux enfants viennent vers les prêtres de la Fraternité. En 1982, j'y ai ordonné les trois premiers prêtres entièrement formés dans nos séminaires. Les groupes traditionnels se multiplient, tandis que les paroisses se dégradent. L’Irlande, qui était restée réfractaire aux nouveautés, a fait sa réforme depuis 1980, des autels ont été jetés dans les rivières ou réutilisés comme matériaux de construction. Simultanément des groupes se formaient à Dublin et à Belfast (…) C'est donc le bon chemin que nous suivons ; la preuve est là, on reconnaît l'arbre à ses fruits. » (Lettre ouverte aux catholiques perplexes, p. 161-162)

En suivant le chemin de la Tradition, nous ferons tout ce que nous pouvons jusqu'au triomphe de la Sainte Vierge Marie. « Quant à moi, je ne me résignerai pas ; je ne me contente pas d'assister, les bras ballants, à l'agonie de ma Mère la Sainte Église (…) S’il en est ainsi, vous comprendrez que, malgré tout, je ne sois pas pessimiste. La Sainte Vierge aura la victoire. Elle triomphera de la grande apostasie, fruit du libéralisme. Raison de plus pour ne pas se tourner les pouces ! Nous devons lutter plus que jamais pour le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans ce combat, nous ne sommes pas seuls : nous avons avec nous tous les papes jusqu'à Pie XII inclusivement. Ils ont tous combattu le libéralisme pour en délivrer l'Église. Dieu n'a pas permis qu'ils réussissent, mais ce n'est pas une raison pour déposer les armes ! Il faut tenir. Il faut bâtir, pendant que les autres démolissent. » (Ils l'ont découronné, p. 250-251)

Comprendre cette sainte sagesse de Mgr Lefebvre ne fait pas disparaître la crise, mais cela nous aide à servir Dieu sans nous sentir « perdus et confus » face à ce que nous voyons de Rome. C'est peut-être pourquoi ceux qui cherchent à perpétuer la crise dans l'Église ne cessent de dénigrer celui qui a fait plus que quiconque pour s'opposer à la révolution de Vatican II et préserver la messe traditionnelle latine. Loin de nous détourner des perspicacités de Mgr Lefebvre, cette persécution incessante du saint défenseur de la foi devrait faire briller sa sagesse plus vivement pour ceux d'entre nous qui ont besoin de lumière dans les ténèbres de la crise actuelle. Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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