Traduction de l'article... par Vistemboir2 2025-07-05 09:42:05 |
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de The Remnant paru le 02 juillet 2025 sous la signature de Gaetano Masciullo et sous le titre : Official Vatican Report Dismantles Traditionis Custodes) (Un rapport officiel du Vatican démollit Traditionis Custodes)
Un important reportage sur Traditionis Custodes a révélé la fuite d’un document confidentiel du Vatican résumant l’enquête mondiale de 2020 auprès des évêques – un document qui aurait influencé la décision controversée du pape François de restreindre la messe traditionnelle en latin. Selon les conclusions divulguées, la majorité des évêques n’étaient pas favorables à la limitation de la messe en latin et ont même averti que de telles restrictions pourraient aggraver les tensions au sein de l’Église catholique.
La journaliste Diane Montagna a récemment publié le rapport préparé par le Vatican à la suite du questionnaire envoyé en 2020 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque aux présidents des conférences épiscopales du monde entier. L'objectif – du moins semblait-il – était d'évaluer l'accueil réservé au motu proprio Summorum Pontificum [SP] du pape Benoît XVI de 2007 et d'en évaluer l'efficacité pastorale.
Par cet acte législatif, le pape allemand cherchait à libéraliser la célébration de la messe selon le Vetus Ordo, qu'il qualifiait lui-même de « forme extraordinaire du rite romain », espérant ainsi rétablir la paix liturgique au sein de l'Église. Jusqu'alors, la messe traditionnelle ne pouvait être célébrée qu'avec l'approbation formelle de l'évêque du lieu. En revanche, le pape argentin a promulgué en 2021 Traditionis Custodes [TC], suspendant de fait ce que son prédécesseur avait accordé « avec une grande magnanimité ». La justification officielle faisait état d'un climat croissant de division au sein de l'Église, et le document visait à restaurer l'unité ecclésiale.
Aujourd'hui, grâce à la publication du rapport officiel basé sur le questionnaire 2020 relatif à l'application de SP, il est possible de reconstituer plus clairement le contexte et les motivations qui ont conduit à la publication de TC.
Le rôle d'Arthur Roche
Comme chacun le sait, l'aversion du pape François pour la liturgie traditionnelle a été, au fil des ans, alimentée par trois personnalités de la Curie : le cardinal Arthur Roche (préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements depuis 2021), Mgr Vittorio Francesco Viola (secrétaire du même Dicastère depuis 2021) et le cardinal Pietro Parolin (secrétaire d'État depuis 2013).
Dès la publication du motu proprio du pape Benoît XVI, Arthur Roche, évêque de Leeds (Royaume-Uni), s'est employé à en restreindre l'application en proposant une interprétation restrictive. Selon lui, la célébration de la messe traditionnelle dans une paroisse n'était autorisée qu'aux paroissiens appartenant déjà à cette communauté et participant depuis longtemps à la forme extraordinaire du rite romain. Autrement dit, ceux qui souhaitaient aborder pour la première fois la liturgie antique ne pouvaient en bénéficier.
En pratique, cette interprétation réduisait la portée du document à une concession destinée uniquement à apaiser les personnes âgées et les nostalgiques. Cependant, en 2011, cette interprétation fut officiellement rejetée par le Vatican lorsque la Commission pontificale Ecclesia Dei publia l'instruction Universae Ecclesiae,1 réaffirmant l'applicabilité universelle de la disposition.
À l'époque, Roche était le porte-parole d'un groupe d'évêques et de responsables de la Curie qui voyaient depuis longtemps le pontificat de Benoît XVI avec une profonde inquiétude en raison de ses positions, perçues comme conservatrices, voire carrément « traditionalistes ». Parmi eux figurait un personnage éminent du camp néomoderniste, le cardinal jésuite Carlo Maria Martini [1927-2012]. Martini attaqua publiquement le motu proprio du pape Ratzinger dans la presse italienne, publiant un article exposant clairement trois raisons pour lesquelles la messe latine traditionnelle devait être totalement exclue de la vie de l'Église.
Premièrement, Martini considérait que le Concile Vatican II et la réforme liturgique ultérieure menée par Bugnini représentaient un progrès significatif dans la compréhension de la liturgie, notamment grâce à la centralité accrue de la Parole de Dieu.
Deuxièmement, il soutenait que le contexte liturgique et spirituel du rite préconciliaire transmettait une vision rigide, moins ouverte à la liberté personnelle et à la responsabilité individuelle des fidèles.
Troisièmement, la coexistence de deux formes distinctes (d’abord – et peut-être surtout – sur le plan théologique) d'un même rite menaçait, selon Martini, l'unité de l'Église et compliquait la mission pastorale des évêques.
« J'ai confiance dans le bon sens traditionnel de notre peuple », remarquait l'archevêque de Milan de l'époque dans l'article en question, « qui comprendra qu'un évêque a déjà du mal à offrir l'Eucharistie à tous et ne peut pas facilement multiplier les célébrations ou faire surgir de nulle part des ministres ordonnés pour répondre aux besoins de chacun. »
Exclusive, stérile et source de division : ces trois adjectifs résument parfaitement la vision de Martini sur la liturgie traditionnelle. Une perspective adoptée plus tard par Roche, Viola, Parolin, puis par Bergoglio, ainsi que par tous ceux qui continuent de s'opposer à la liturgie traditionnelle.
Roche était préfet du Dicastère pour le Culte divin lors de la promulgation du TC. Selon de nombreuses sources, il fut le principal responsable de la mise en œuvre du motu proprio, souvent avec une autorité particulière et dépassant parfois ses pouvoirs. En 2023, Roche déclarait dans une interview à la BBC que « la théologie de l'Église avait changé » et que, par conséquent, la messe traditionnelle ne pouvait plus exprimer adéquatement la nouvelle théologie désormais dominante. Plus controversé encore, dans sa réponse au cardinal Nichols de Westminster, Roche affirma que le pape Paul VI avait « abrogé » le Missel de saint Pie V – une affirmation jugée non seulement discutable, mais aussi théologiquement infondée. Cette affirmation fut réfutée par Benoît XVI et, surtout, par la formule magistérielle employée par le pape saint Pie V en 1570 à la conclusion de la bulle Quo Primum Tempore, déclarant explicitement que le Missel romain ne pouvait être abrogé.
Un autre prélat éminent, farouchement opposé au pontificat de Benoît XVI dès le début – et pour lequel Roche s'est révélé un porte-parole efficace – était le cardinal anglais Cormac Murphy-O’Connor [1932–2017], archevêque de Westminster. Critique notoire de la liturgie traditionnelle, il accueillit officiellement SP, mais demanda à ses curés de continuer à lui demander l'autorisation officielle de célébrer la forme extraordinaire, malgré les dispositions contraires du pape. Il convient de rappeler que Murphy-O’Connor faisait partie de la « mafia de Saint-Gall », un groupe de prélats progressistes qui se réunissaient chaque année en Suisse de 1995 à 2006 pour discuter des réformes proposées concernant les nominations épiscopales, la collégialité, la primauté pétrinienne, la morale sexuelle – et des stratégies visant à influencer les conclaves papaux à leur avantage.
Rôle de Vittorio F. Viola
Mgr Vittorio Francesco Viola, secrétaire du Dicastère pour le Culte divin depuis 2021 (année où Roche est devenu préfet), est considéré comme le deuxième artisan de la conception et de la mise en œuvre de TC. Il se revendique ouvertement comme un grand admirateur d'Annibale Bugnini [1912-1982], dont il souhaite perpétuer la révolution liturgique anti-traditionnelle, au point de porter avec ferveur l'anneau épiscopal de Bugnini.
Comme chacun le sait désormais, Bugnini avait été initié à la franc-maçonnerie. Ceci a été confirmé par des sources maçonniques et catholiques.
Du côté maçonnique, le journaliste Mino Pecorelli a rapporté que Bugnini s'était affilié à la Grande Loge d'Italie à Rome le 23 avril 1963, sous le numéro d'enregistrement 1365/75 et le pseudonyme BUAN.
Du côté catholique, l'archevêque canadien (et plus tard cardinal) Édouard Gagnon enquêta secrètement sur l'infiltration maçonnique à la Curie, sous la pression du cardinal Giovanni Benelli et avec l'approbation prudente du pape Paul VI. Le dossier Gagnon fut plus tard volé. Grâce à des témoins de l'époque, nous savons que le nom de Bugnini figurait parmi ceux identifiés par Mgr Gagnon.
Pour en revenir à Mgr Viola, au sein du Dicastère pour le Culte Divin, il est connu pour être bien plus assidu que le cardinal Arthur Roche. Selon diverses sources, Viola aurait été le principal artisan des documents publiés par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements après TC. Il serait notamment l'auteur de la lettre apostolique Desiderio Desideravi2 sur la « formation liturgique du peuple de Dieu » (2022), que beaucoup considèrent comme la « charte liturgique de François », bien qu'en réalité elle reflète la littérature typique des cours de liturgie des séminaires italiens, notamment ceux de l'Athénée pontifical Saint-Anselme, l'institut romain dédié aux études liturgiques. On lui attribue le mérite d'avoir imposé à plusieurs reprises ces dernières années des interdictions aux jeunes prêtres, malgré les demandes de leurs évêques respectifs, les empêchant de célébrer la messe traditionnelle.
Un cas notable concerne Mgr François Touvet, évêque coadjuteur de Fréjus-Toulon, en France, qui fut informé par Viola que les candidats de la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine ne pouvaient être ordonnés que selon le rite réformé et seraient donc limités à la célébration du Novus Ordo.
Tout aussi emblématique fut le refus d'autoriser la célébration de la forme extraordinaire dans la basilique de Covadonga, en Espagne, pour la clôture du 4e pèlerinage de Nuestra Señora de la Cristiandad. Cette décision lui valut le surnom de Monseigneur Nada, Nada, Nada, par opposition au célèbre todos, todos, todos du pape François.
Le rôle de Pietro Parolin
Le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin a joué un rôle central, décisif et profondément influent dans l'élaboration et la mise en œuvre de TC. Selon des sources fiables, sa position ne se limitait pas à une réserve prudente, mais à une opposition claire et ferme à la liturgie traditionnelle, qu'il juge incompatible avec le « nouveau paradigme ecclésial » promu par le pape François.
Ce nouveau paradigme, ancré dans une « pure » réinterprétation du Concile Vatican II, est décrit par Parolin en termes de synodalité, de mondialisation et de décentralisation de l'Église, par opposition à la vision plus hiérarchique, sacrée et unifiée de la Tradition. Dans cette optique, Parolin a joué un rôle clé dans la formulation de TC, adhérant pleinement à sa philosophie et à son cadre réglementaire.
Lors d'une séance préparatoire à l'enquête qui a servi de base au motu proprio de Bergoglio, Parolin aurait déclaré : « Nous devons mettre fin à cette messe une fois pour toutes.» Lors d'une autre réunion tenue en janvier 2020, il s'est dit préoccupé par l'attrait croissant du Vetus Ordo auprès des jeunes et par la réticence des anciens instituts Ecclesia Dei à se conformer au rite et à la concélébration réformés. Selon lui, un tel attachement à la Tradition constituait une « forme de désobéissance ecclésiale ». Parolin a donc insisté à plusieurs reprises pour que les groupes fidèles à la liturgie traditionnelle manifestent des « signes concrets de communion », notamment la célébration régulière de la messe Novus Ordo.
Cette vision théologique de Parolin s'inscrit dans le courant réformiste plus large du pape François, faisant écho à d'autres documents controversés tels qu'Amoris Laetitia. L'ecclésiologie développée par le cardinal de Vicence privilégie une Église fluide, globale et dialogante plutôt qu'une Église sacralisée, ancrée dans la Tradition et la continuité organique du culte divin.
Il n'est donc pas surprenant qu'en 2024, le cardinal Parolin ait soutenu Mgr Viola dans sa proposition de restrictions supplémentaires, plus radicales que celles déjà imposées par TC. Le nouveau projet de document visait à interdire totalement la forme extraordinaire du rite romain, sauf dans une poignée d'instituts autorisés, empêchant les évêques de l'approuver dans leurs diocèses et allant jusqu'à révoquer les autorisations précédemment accordées. Dans cette initiative, il aurait trouvé le soutien d'autres prélats, dont les cardinaux Victor Fernández (Dicastère pour la Doctrine de la Foi), Claudio Gugerotti (Dicastère pour les Églises orientales) et Mgr Celestino Migliore (Nonce apostolique à Paris).
Que s'est-il réellement passé ?
La publication du rapport officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 2020, à la suite du questionnaire envoyé aux conférences épiscopales du monde entier pour évaluer l'efficacité pastorale de SP, nous permet de reconstituer plus clairement l'histoire de TC.
À la lecture de ce document, nous trouvons qu'il offre un aperçu clair et détaillé d'une réalité complexe, mais loin d'être marginale. L'impression générale est que, bien que la liturgie traditionnelle ne fût présente à l'époque que dans un pourcentage relativement limité de diocèses de rite romain dans le monde (environ 20 %), elle a porté des fruits significatifs et durables, tant pour les fidèles que pour la vie de l'Église.
L'analyse des réponses des évêques fait ressortir un sentiment général de satisfaction, notamment parmi ceux qui ont su accompagner pastoralement les groupes dits « stables », souvent composés de jeunes et de convertis qui trouvaient dans la solennité du rite ancien un refuge face à la tourmente de la sécularisation. Des effets positifs ont également été constatés sur la liturgie réformée célébrée par les prêtres « birituels » : plus de soin, un sens accru du sacré et une plus grande attention au silence et à la dignité du culte.
Pourtant, dans certains contextes ecclésiaux, des résistances ont persisté : le rite traditionnel a été perçu avec suspicion par certains, a parfois été ouvertement combattu, et parfois interprété comme un vecteur de dissidence envers le Concile Vatican II. L'inquiétude exprimée par de nombreux évêques était toutefois d'une autre nature : la suspension, l'abrogation ou la réduction du rite traditionnel aurait risqué de rouvrir des blessures qui se cicatrisaient peu à peu. Tout changement législatif était perçu comme potentiellement dangereux, car il délégitimerait non seulement l'œuvre de Benoît XVI, mais aussi celle de Jean-Paul II, qui, en 1988, avait publié le motu proprio Ecclesia Dei Adflicta précisément pour éviter les schismes et préserver l'unité de l'Église.
Un retour à un régime d'indult, ont averti les évêques répondant à l'enquête de 2020, signifierait pour de nombreux fidèles un retour à une Église où ils se sentent comme des invités tolérés, plutôt que comme des fils et des filles reconnus. Les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle – souvent traitée pendant des années avec condescendance, voire hostilité – avaient trouvé dans SP un geste paternel. Une réponse particulièrement poignante est venue d'un évêque des Philippines : « Laissons le peuple libre de choisir. »
Le rapport officiel réfute le jugement de Martini-Roche-Viola-Parolin
Le document compilant les réponses des évêques à SP offre une réfutation implicite mais puissante du point de vue de Carlo Maria Martini concernant la liturgie traditionnelle. Contrairement à la description que Martini fait de la liturgie préconciliaire comme fermée, rigide et incapable de parler à l'âme moderne, de nombreux évêques ont rapporté que le Vetus Ordo est principalement fréquenté par les jeunes, les familles nombreuses et les convertis ; il ne s'agit pas d'un refuge nostalgique, mais d'une expérience vivante qui nourrit les vocations et renforce la foi. Loin d'être stérile, la messe traditionnelle apparaît plus féconde spirituellement que le rite réformé, particulièrement vulnérable à la « créativité liturgique ».
Quant à l'accusation de division, le rapport montre que partout où les évêques ont exercé une véritable paternité pastorale, la coexistence entre les deux formes du rite romain est non seulement possible, mais même souhaitable. Nombreux sont ceux qui ont souligné que la présence du rite traditionnel a relevé la qualité des célébrations ordinaires.
La division ne provient pas du rite lui-même, mais de l'intolérance à son égard. TC – et plus largement le pontificat du pape François – s'est révélé bien plus source de divisions que SP. Cette perception s'est clairement reflétée dans le choix des cardinaux d'élire comme successeur de François une personne comme Prévost, considérée comme capable de restaurer l'unité perdue.
Enfin, concernant l'accusation d'exclusivité, un paradoxe émerge : c'est précisément le retour à une gouvernance centralisée et restrictive – prônée par Martini – qui a créé de nouvelles tensions et de nouvelles souffrances. En revanche, SP a réussi à inclure et à réconcilier sans rien imposer, simplement en préservant la liberté au sein de la Tradition. Il a effectivement redonné un sens des responsabilités à chaque fidèle – un sentiment que Martini n'a pas su reconnaître dans la messe traditionnelle.
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