Vous êtes prussien, n'est-ce pas cher Lycobates ? Je suppose que vous avez grandi dans la partie de la Prusse qui après la guerre s'est trouvée englobée dans les frontières de la RFA ?
Vous savez, cher Candidus, qu'un décret (la "loi n° 46" du 25 février 1947 du Conseil de contrôle allié, signée pour la France par un honorable Monsieur au beau nom français de ... Koenig) a aboli l'état de Prusse et liquidé toute chose prussienne. Strictement parlant, quelqu'un qui est né après cette date, ne saurait être ou s'appeler "prussien".
Bien évidemment, cela est ridicule, car on n'efface pas l'histoire et on ne façonne pas le futur par un capricieux trait de plume, de surcroît imposé par autrui, et par un organisme sans aucune légitimité.
C'est un peu comme si les Allemands victorieux en France avaient, pour une raison qui leur serait propre, aboli par
Bekanntmachung la région de Normandie, de Provence ou de Franche-Comté, et interdit l'usage du nom.
Preposterous, diraient nos amis anglais.
Après la "réunification" on a proposé de rebaptiser la prestigieuse Académie de Berlin comme "Académie
prussienne des sciences", comme jadis "(Königlich) Preussische Akademie der Wissenschaften", illustrée par les frères Grimm et Humboldt, par Leibniz, Mommsen, Einstein et Planck. Mais ce fut un essai trop précoce. Le successeur de l'
Akademie der Wissenschaften der DDR et de la
Deutsche Akademie der Wissenschaften zu Berlin réunifiées s'appelle depuis 1992
Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften.
Ainsi le nom de prussien demeure historique, et pour désigner des choses du passé.
Un catholique allemand aura toujours un sentiment ambivalent envers la Prusse, je m'en suis expliqué dans un très vieux message,
ICI.
Pour la "RDA", je maintiens les guillemets, qui fut l'état allemand le plus prussien après la Prusse, malgré le fait d'être idéologiquement à ses antipodes, je reviendrai à vous plus tard en soirée.