Réponse par Signo 2025-06-09 14:34:59 |
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Tout dépend par ce qu’on entend par « avant ».
La messe conventuelle à Flavigny est un bon exemple d’une messe Paul VI buvable car interprétée dans la continuité avec l’ancienne. Mais on ne peut pas dire que c’est la « vraie » messe Paul VI: ce n’est ni celle encouragée par les évêques, ni celle pratiquée dans 99% des paroisses, ni même exactement ce que décrit la PGMR.
Pour ce qui est de la langue liturgique, il y a une rigidité chez certains tradis que je n’explique que pour des raisons psychologiques. Je suis assez agacé par ces arguments absurdes selon lesquels le latin permettrait de « conserver le mystère », qu’il s’agirait d’une « langue sacrée », comme si le fait de ne pas comprendre était en soi un argument. Ce genre de fétichisation du latin ne fait à mon sens que masquer l’effondrement de la culture théologique dans l’Eglise.
Le véritable argument du maintien du latin est patrimonial et spirituel: c’est dans cette langue liturgique (et non pas langue sacrée: il n’y a pas de langue sacrée dans le christianisme) qu’a été composé la quasi totalité de notre patrimoine liturgique depuis plus de 1600 ans. Abandonner cette langue c’est nous couper de ce patrimoine millénaire si riche et nourrissant pour la vie spirituelle. Paul VI lui-même l’avait rappelé, pour les religieux.
Personnellement je n’ai jamais suivi le moindre cours de latin, et cela ne m’empêche pas d’être parfaitement à l’aise dans une liturgie intégralement latine, avec l’aide d’un missel. Maintenant je peux comprendre que la latin bloque certains. Un juste milieu (qui était précisément celui demandé par le concile) était possible: se contenter de traduire une partie des prières (notamment les oraisons: collecte, post communion, etc) et les lectures, en conservant en latin les prières et textes pour lesquels une traduction entraînerait la perte du patrimoine musical grégorien. Le reste est affaire d’accoutumance. Les textes de l’ordinaire sont les mêmes chaque dimanche dont à force de les attendre on les chante tout en en comprenant le sens (d’autant que le latin est relativement proche du français). Pour ceux du propre c’est plus compliqué mais la lenteur avec laquelle ils sont chantés par la schola permet de s’imprégner du sens avec l’aide d’un bon missel. Le latin n’est donc pas forcément un obstacle à une participation fructueuse.
Plus généralement il ne faut pas se focaliser sur les textes, même si s’en nourrir est important: vivre la liturgie traditionnelle c’est aussi une expérience immersive qui implique tout l’être, y compris la dimension corporelle.
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