Eternel recommencement... par Ennemond 2025-06-06 23:24:17 |
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Il y a près de cinquante ans, les envoyés de Rome utilisaient déjà la même recette auprès de Mgr Lefebvre :
« On est allé jusqu’à m’envoyer quelqu’un qui m’a offert de concélébrer avec moi dans le rite nouveau, afin de manifester que j’acceptais volontiers cette nouvelle liturgie, et qui m’a dit que, de ce fait, tout serait aplani entre nous et Rome. On m’a mis dans les mains un missel nouveau, en me disant : « Voilà la messe que vous devez célébrer et que vous célébrerez désormais dans toutes vos maisons. » On m’a dit également que, si en cette date, aujourd’hui, ce 29 juin, devant toute notre assemblée, nous célébrions une messe selon le nouveau rite, tout serait aplani alors entre nous et Rome. Ainsi il est clair, il est net que c’est sur le problème de la messe que se joue tout le drame entre Ecône et Rome. »
Si les organisateurs de Notre-Dame-de-Chrétienté acceptent que le nouveau missel soit célébré sur le lieux du pèlerinage, on exigera d'eux l'an prochain que l'une des messes du pèlerinage soit célébrée selon le nouveau rituel et on demandera encore un peu plus l'année suivante. Il ne s'agit pas d'une impression. Il suffit de reprendre les propos du pape François dans la lettre accompagnant Traditionis Custodes. Pour lui, l'indult du missel tridentin n'était qu'une permission temporaire afin que les fidèles reviennent intégralement au missel nouveau. Ce n'est pas autrement que les autorités ont agi auprès de Pontcallec ces dernières années, en leur imposant le Novus Ordo une semaine sur quatre, que certains diocèses, dans les années 2000, ont concédé des messes traditionnelles uniquement un dimanche sur quatre ou bien trois dimanches sur quatre. C'est ainsi que les évêques ont essayé de contraindre les prêtres de communautés régularisées qu'ils s'unissent aux concélébrations du Jeudi-Saint selon le missel réformé.
Un tel acharnement, une telle détermination constituent déjà un aveu. On lit maintenant des prêtres diocésains ou religieux véritablement obnubilés par la question sur les réseaux sociaux, au point qu'ils y consacrent un message sur deux. Si les défenseurs du nouveau missel étaient si assurés de ses bienfaits, ils n'auraient nul besoin de l'imposer de façon si fébrile et humiliante et ils feraient confiance au bon sens des fidèles et s'abandonneraient à la force spirituelle de la liturgie. Douteraient-ils eux-mêmes inconsciemment ? Y aurait-il quelque chose à craindre si ce missel grégorien venait finalement à se répandre plus qu'il ne faut ?
Toutes ces tentatives d'imposer le nouveau missel sont évidemment élaborées avec le prétexte généreux de construire l'unité. Mais, soyons raisonnables. Imagine-t-on un instant les succès qu'aurait rencontré le grand mouvement de l'uniatisme initié au XVIe siècle si les papes, les uns après les autres, avaient exigé que les latins puissent célébrer leur messe dans chacune des églises des orientaux comme gage de leur bonne volonté et comme preuve de leur communion ? Nul besoin d'avoir fait l'école des diplomates pour comprendre que le résultat aurait été évidemment désastreux.
Malgré tous les essais, le missel traditionnel ne veut pas disparaître et il peut se féliciter d'attirer la jeunesse et d'exprimer un réel dynamisme dans l'Eglise. Il risque de survivre aux prélats âgés qui croient encore pouvoir faire croire que cette messe n'est que l'affaire de quelques nostalgiques dépassés.
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