L'heure de vérité approche pour Léon XIV par Candidus 2025-05-14 12:55:31 |
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L'état de grâce actuel ne saurait durer, même s’il est largement favorisé par la personnalité de Léon. Je crois discerner chez lui une tendance à rechercher le consensus : il n’aime pas la confrontation, préfère rester en retrait sur les sujets sensibles, et s’efforce d’entretenir de bonnes relations avec tous. Cette attitude lui évite de se faire des ennemis, ce qui explique sans doute son score de maréchal lors du conclave. Mais cette situation ne pourra perdurer. Très vite, il lui faudra trancher, prendre des décisions qui, inévitablement, lui aliéneront une partie significative de l’Église.
Voici quelques-uns des rendez-vous incontournables de Léon avec la réalité ecclésiale :
Le Synode : Le processus synodal, jamais véritablement défini, peut encore être loué sans qu’on ait à en préciser la nature, mais cela ne durera qu’un temps. Tôt ou tard, Léon devra se prononcer : s’agit-il d’un simple instrument consultatif au service du pape, ou bien d’une forme de parlement ecclésial doté d’un pouvoir délibératif en matière de foi et de morale ? L’ambiguïté n’est pas tenable sur le long terme.
Le schisme allemand : Officieux depuis au moins une décennie, il n’a jamais été formellement reconnu. Pourtant, l’épiscopat allemand pousse de plus en plus ouvertement, tant sur la question du sacerdoce féminin que sur la normalisation de pratiques contraires à l’enseignement traditionnel de l’Église en matière de sexualité et de genre. Le pape devra tôt ou tard se prononcer avec clarté sur ce qui est admissible — ou non.
La messe traditionnelle : Léon sera rapidement interpellé par les fidèles attachés au VOM, qui réclameront la fin du « ghetto » dans lequel le pape François les a relégués. C'est sans doute le seul point dans cette liste où une demi-mesure pourrait être prise.
Fiducia Supplicans : Il n’est pas viable, à long terme, que ce qui est autorisé en Europe soit interdit en Afrique. Une clarification doctrinale et disciplinaire s’imposera.
Amoris Laetitia : Je ne serais pas surpris que le cardinal Burke soumette à Léon les dubia restées sans réponse sous François. Léon n’aura alors que trois options : suivre l’exemple de son prédécesseur, ne pas répondre, ce qui serait sans doute le pire scénario ; donner des réponses conformes à la doctrine, au risque de s’aliéner l’aile progressiste ; ou bien adopter une position hétérodoxe, ce qui provoquerait une rupture avec le camp conservateur.
Prions pour que Léon fasse les bons choix, mais quels que soient ceux-ci, une chose est certaine : la barque de Pierre va tanguer.
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