bien vu avec quelques remarques par Luc Perrin 2023-05-22 13:38:14 |
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Je vous suis assez bien sur cet éclatement de l'ambivalence et des contradictions après 2013.
Je fais deux remarques :
- les Pères conciliaires majoritaires n'ont pas eu, sauf la minorité radicale de la Majorité (type pacte des Catacombes), une claire conscience de leurs propres contradictions. On comprend bien pourquoi avec Dignitatis humanae qui n'était que "l'hypothèse" pour parler le langage de Mgr Dupanloup dans laquelle chacun vivait très bien depuis 150 ans. Il y a même un petit coup de chapeau à la thèse (le Syllabus) dans le texte. Nostra aetate est sûrement ce que Vatican II a produit de plus étranger à la foi chrétienne tout court puisque le texte piétine la Bible et la Tradition, en dépit de notes de prudence ici et là et d'un rappel furtif qu'il n'y a qu'une vérité religieuse. Mais là encore, la genèse du texte montre que la plupart des Pères n'ont été que réactifs et pour des raisons pour le coup d'équilibre politique. On part d'une déclaration sur le rapport judaïsme-christianisme qui dérangeait les Pères venus des pays musulmans pour aboutir à un gloubiboulga indigeste qui a essayé de contenter tout le monde jusqu'aux religions asiatiques et traditionnelles africaines...
La dérive interreligieuse a d'ailleurs mis beaucoup de temps à émerger et ce n'est qu'avec les années 1980-1990 qu'elle est repérée sous Jean Paul II. Dominus Iesus (2000) ayant été aussi escamotée que le Rapport Durham par les Églises occidentales, elle n'a pas été le coup d'arrêt que Jean Paul II et le cardinal Ratzinger pensaient donner. Les atermoiements et demi-mesures de Benoît XVI en la matière l'ont confirmé. Sur ce point comme sur les autres, le pape allemand a cédé par rapport à un début de réaction salutaire.
Les néo-jésuites ont été là aussi un puissant vecteur de la dérive panthéiste et indifférentiste à partir du généralat Kolvenbach.
- l'analyse faite par Scrutator déborde le seul catholicisme : c'est un phénomène oecuménique (ce tiraillement est observable partout dans les Églises chrétiennes) et interreligieux (on le voit au sein du judaïsme, de l'islam, du bouddhisme ...). Poulat et les sociologues du religieux parlent du travail de la Modernité en interne, de sécularisation interne.
Le néo-catholicisme actuel est clairement une reprise des formes les plus extrêmes de sécularisation interne déjà rencontrées en 1960-1970 dans le contexte présent. La Désunion anglicane est en somme le prototype mais on le voit dans les Églises protestantes historiques (luthériens, calvinistes).
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