Les victimes du p. Ribes dénoncent les "manquements" de l’institution (images choquantes) par Bernard Joustrate 2022-05-09 10:20:03 |
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Lu dans Sud Ouest :
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Luc Gemet, avec sa fille Jasmine, dévoilent des photos du père Ribes en sa compagnie lors d’une conférence de presse du collectif de victimes à Lyon vendredi. © photo : Olivier CHASSIGNOLE/AFP
« Qu’attend l’Église pour nous réparer ? » s’indigne l’un des fondateurs du collectif de victimes de ce prêtre catholique qui a fait des centaines de victimes dans trois diocèses de Rhône-Alpes
Un collectif de victimes du père Ribes, un prêtre peintre décédé en 1994 accusé d’agressions sexuelles sur des enfants durant les années 1970-1980, a dénoncé vendredi les « manquements » de l’Église à l’heure de procéder aux réparations financières ou psychologiques, réclamant de la « compassion ».
Surnommé parfois « le Picasso des églises », pour ses talents de peintre, Louis Ribes a exercé dans les trois diocèses de Lyon, Saint-Etienne et Vienne. Ses agressions sexuelles, révélées en janvier par Marianne, avaient été confirmées par ces trois institutions.
Mais, « alors que l’Église investit beaucoup dans sa communication pour garder une belle image », « qu’attend-elle pour nous réparer ? On risque d’attendre longtemps, peut-être même y aura-t-il des suicides… », a lancé Luc Gemet, 58 ans, l’un des responsables de ce collectif, lors d’une conférence de presse à Lyon.
<EMCompassion>
Le collectif pointe notamment la complexité des démarches pour obtenir des indemnisations ou la prise en charge rapide des victimes nécessitant certains soins, et plus généralement un manque de « compassion » pour ces dernières.
Concernant les réparations financières, l’avocat sollicité par les victimes, Me Jean Sannier, a dénoncé le « bricolage » des deux instances en charge - la Commission reconnaissance et réparation (CRR) et l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIIR) - dans la fixation des montants. Elles chercheraient selon lui « exclusivement à protéger les finances de l’Église ». L’Église « a les moyens, elle peut et doit payer », a réclamé Luc Gemet.
Ce collectif affirme représenter 25 victimes, « mais il y en a beaucoup plus, peut-être 300 », alors que 49 se sont aujourd’hui officiellement manifestées auprès de la Commission sur les abus sexuels dans l’Église catholique (Ciase). « Il faut dénoncer les manquements de l’institution église à combattre les abus et crimes sexuels commis », a renchéri Annick Moulin, autre membre du collectif.
Photos d’enfants nus
À l’appui de leur démarche, une série de dix « revendications », parmi lesquelles « la réparation à hauteur des crimes commis », la reconnaissance par l’Église de leur « caractère systémique », « l’imprescribilité des crimes contre les mineurs » ou la « désinscription des œuvres du père Ribes au titre des monuments historiques ».
Plusieurs de ses fresques et vitraux ornaient des églises de la région, que le diocèse a fait retirer discrètement. Il possédait aussi une vaste collection de photos et de croquis d’enfants nus, comme ceux dévoilés vendredi par Gemet, « reçus de la famille du père Ribes » après l’article dans Marianne. Toujours après la parution dans Marianne, Luc Gemet a reçu une lettre d’un ancien séminariste ayant côtoyé le père Ribes en 1976, lue vendredi. Celui-ci s’y dit « sidéré » d’avoir trouvé des photos d’enfants nus et averti sa hiérarchie, en vain.
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