"Ils ne sont pas dans l'erreur, puisqu'ils sont sincères !" par Scrutator Sapientiæ 2022-05-05 23:41:53 |
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Bonsoir Jean-Paul PARFU,
Pour l'essentiel, je souscris à votre réflexion.
Il est pour le moins imprudent de laisser entendre que, dans le domaine de la religion, la sincérité subjective du croyant a bien plus d'importance que la véracité objective de la croyance, ou de donner à croire que, dans le même domaine, l'expérience spirituelle des individus est bien plus importante que l'enseignement doctrinal des communautés.
Or, c'est à peu près ce que les hommes d'Eglise donnent à croire ou laissent entendre, depuis à présent un peu plus de soixante ans, ce qui se traduit par une extraordinaire dechristianisation ou sécularisation, de l'intérieur vers l'extérieur, du regard sur les religions non chrétiennes et du discours vers les croyants non chrétiens.
On est même en droit de se demander si certains dialogomanes ne sont pas intimement persuadés qu'ils connaissent, au moins aussi bien que les personnes croyantes non chrétiennes, ce que les traditions croyantes non chrétiennes ont de bon pour la culture, les familles, les personnes, la société...
Compte tenu de l'un des principaux "fruits" de la valorisation néo-catholique de la conception libérale de la liberté religieuse (la première partie de DH) et de la conception agnostique des religions non chrétiennes (la première partie de NA), à savoir, dans l'ensemble, la non résistance de l'Eglise et des fidèles face au relativisme et au subjectivisme en matière religieuse, on est aussi en droit de se demander si l'objectif des dialogomanes n'est pas d'empêcher à tout prix, y compris au prix du maintien en vie de la foi catholique, l'émergence, depuis l'intérieur de l'Eglise catholique, d'un tout autre regard et d'un tout autre discours, à la fois catholiques et réalistes, sur et vers les croyances non chrétiennes et les croyants non chrétiens.
Enfin, qui ne voit que l'attitude à la fois ni anti-libérale ad extra en matière religieuse, ni philo-libérale ad intra en matière morale, qui a prévalu, vaille que vaille, de Jean XXIII à Benoît XVI inclus, a littéralement volé en éclats, en quelques années, à la faveur du pontificat actuel, pour des raisons qui doivent d'ailleurs davantage à une ambiance qu'à une doctrine ?
Qui peut encore douter sérieusement du caractère problématique de l'évolution et de l'orientation qui sont à l'oeuvre, depuis le début des années 1960 ?
Bonne soirée.
Scrutator.
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