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Préférez-vous la référence à 1917 ?
par Regnum Galliae 2021-10-07 11:21:18
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C'est le cardinal Suenens qui a dit "Vatican II a été 1789 dans l'Église". Un autre père conciliaire a lui parlé de 1917 mais je ne me souviens plus qui.

La référence à 1789 me semble appropriée puisque la révolution dite française commença le 17 juin 1789 lorsque le Tiers-Etat s'est déclaré Assemblée nationale (soit 100 ans jour pour jour après la demande du Christ d'apposer le Sacré Cœur sur les étendards du roi, soit dit en passant). Ce fut un véritable coup d'Etat tant les institutions monarchiques ont été violées dans leur fondement.

Le pendant de cette autoproclamation fut le coup de force des progressistes, fort bien raconté par Mgr Lefebvre. Comparaison n'est pas raison, mais il faut arrêter de suggérer que 1789 se déroula dans le calme. Dans les deux cas, le dépositaire de l'autorité accepta le nouvel état de fait.



Nous avons eu l’impression qu’il se passait quelque chose d’anormal, cette impression se confirma rapidement : quinze jours après la séance d’ouverture, il ne restait plus aucun des soixante-douze schémas. Tout avait été renvoyé, rejeté, mis au panier.

Cela se produisit de la façon suivante : il était prévu dans le règlement du concile qu’il fallait les deux tiers des voix pour rejeter un schéma préparatoire. Or quand on procéda au vote, il y eut soixante pour cent contre les schémas et quarante pour cent en leur faveur. Par conséquent, les opposants n’obtenaient pas les deux tiers et normalement le concile devait se dérouler à partir de ces travaux préparatoires.

C’est alors que se manifesta une organisation puissante, très puissante, mise sur pied par des cardinaux des bords du Rhin, avec tout un secrétariat parfaitement au point. Ils allèrent trouver le pape Jean XXIII en lui disant : « C’est inadmissible, Très Saint-Père, on veut nous faire étudier des schémas qui n’ont pas eu la majorité » et ils obtinrent gain de cause : l’immense travail accompli fut envoyé aux oubliettes, l’assemblée se retrouva les mains vides, sans aucune préparation. Quel président de conseil d’administration, si petite que soit sa société, accepterait de siéger sans ordre du jour, sans dossiers ? C’est pourtant ainsi que le concile a commencé.

Puis il y eut l’affaire des commissions conciliaires qu’il fallait nommer. Problème ardu : imaginez des évêques arrivant de tous les pays du monde et se trouvant brusquement dans l’aula. Pour la plupart, ils ne se connaissaient pas, ils connaissaient trois ou quatre collègues et quelques autres de réputations sur les 2400 qui étaient là. Comment pouvaient-ils savoir quels pères étaient le plus aptes à faire partie de la commission du sacerdoce, de la liturgie, du droit canon, etc. ?

Très légitimement le cardinal Ottaviani fit passer à tous la liste des membres des commissions préconciliaires, des gens qui, par conséquent, avaient été choisis par le Saint-Siège et avaient déjà travaillé sur les sujets dont l’on devait débattre. Cela pouvait aider à choisir, sans qu’il y eût aucune obligation et il était certes souhaitable que quelques-uns de ces hommes expérimentés figurent dans les commissions.

Mais alors un cri s’est élevé ; je n’ai pas besoin de rappeler le nom du prince de l’Église qui s’est dressé et a tenu le discours suivant : « C’est une pression intolérable qui est exercée sur le concile en fournissant des noms. Il faut laisser leur liberté aux pères conciliaires. Encore une fois, la Curie romaine cherche à placer ses membres. »

Un peu pris d’épouvante devant cette brutale intervention, on a levé la séance et, l’après-midi, le secrétaire, Mgr Felici, a annoncé : « Le Saint-Père reconnaît qu’il vaut peut-être mieux que ce soient les conférences épiscopales qui se réunissent et donnent des listes. »

Les conférences épiscopales étaient à cette époque encore embryonnaires ; elles ont dressé tant bien que mal les listes qu’on leur demandait, sans d’ailleurs avoir pu se réunir comme il aurait fallu, car il ne leur était laissé que vingt-quatre heures.

Mais ceux qui avaient ourdi ce petit coup d’État en avaient, eux, de toutes prêtes, avec des individus bien choisis dans divers pays. Ils purent devancer les conférences et de fait obtinrent une grande majorité. Le résultat fut que les commissions étaient formées de membres appartenant pour les deux tiers à la fraction progressiste, le troisième tiers étant nommé par le pape.

Il sortit assez rapidement des schémas nouveaux, d’une orientation tout à fait différente des premiers. J’aimerais un jour publier les uns et les autres pour que l’on puisse faire la comparaison et constater quelle était la doctrine de l’Église au jour qui précéda le concile.

     

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