Ce ne sont pas des hérésies, mais c'est une utopie. par Scrutator Sapientiæ 2021-07-20 11:06:07 |
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Bonjour Eudoxie,
Il me semble ce qui suit.
Le néo-catholicisme ne fonctionne pas avant tout à l'hérésie, dans l'acception habituelle de ce terme, mais fonctionne avant tout à l'utopie, à l'utopie de la conciliation iréniste, démesurée, désordonnée ou systématique, avec l'environnement extérieur de l'Eglise catholique, d'où les divers "dialogues", avec les confessions chrétiennes non catholiques, avec les religions non chrétiennes, avec telle conception dominante des aspirations de l'homme contemporain et avec telle conception dominante de l'orientation du monde contemporain.
Cette mystique de la conciliation explique la dynamique d'auto-contournement, d'auto-déconstruction, d'auto-dépassement et d'auto-destitution qui est souvent à l'oeuvre, au sein du christianisme catholique contemporain, car il faut bien "lâcher du lest", à intervalles réguliers, sur le plan dogmatique et/ou sur le plan liturgique, mais aussi dans le domaine de la catéchèse et/ou dans celui de la prédication, pour pouvoir continuer à s'adapter, à évoluer, à innover et à s'ouvrir, non avant tout pour évangéliser, mais avant tout pour consensualiser, en vue de "l'-u-n-i-t-é".
Dans cet ordre d'idées, ce qui suit étant placé sous le double signe du réalisme et de la sévérité, il faudrait pouvoir parler de la chimère Vatican II, au moins autant que du Concile Vatican II.
"Tous les obstacles ont été levés par le Concile, et il n'y a donc plus aucune raison pour que le monde contemporain ne rejoigne pas l'Eglise catholique" : si jamais cette phrase que Jean Guitton attribue à Paul VI, et qui aurait été prononcée en 1966, est authentique, cela en dit long sur l'ampleur du réalisme de celui qui a été, vraiment bien plus que Jean XXIII, le pape du Concile.
Ce qui est extrêmement choquant réside dans l'imposition de cet irénisme utopiste à l'ensemble de l'Eglise et des fidèles, et dans l'imposition à l'Eglise et aux fidèles d'une herméneutique, celle du renouveau SANS la continuité, depuis le début des années 1960.
La vérité oblige à dire que nous sommes en présence de clercs qui ne veulent pas que le christianisme catholique contemporain puisse être plus fondamentalement catholique qu'adaptativement ou évolutivement contemporain, et qui ne veulent pas que le christianisme catholique contemporain puisse être, par nature, à contre-courant, ou, par principe, contra-positionnel, face à telle conception dominante des réflexions et des relations sur et vers
- le christianisme et les diverses confessions chrétiennes,
- la religion et les diverses religions ou traditions croyantes,
- l'évolution de la culture et l'orientation de la société,
- l'évolution de la mentalité et l'orientation de la moralité.
Tant que nous avons eu Jean-Paul II puis Benoît XVI, nous avons eu deux papes qui étaient à la fois non opposés au libéralisme, en direction des confessions chrétiennes non catholiques et des religions non chrétiennes, et non partisans du libéralisme, dans les domaines de la morale chrétienne et des sacrements de l'Eglise, et bien des catholiques ont cru qu'une position d'équilibre avait été trouvée et allait pouvoir être gardée.
Mais une espèce de "permis de tuer" vient d'être utilisée par "Paul 007", et il va falloir aller, ici ou là , au rapport de force, non seulement, bien entendu, sur le plan liturgique, mais aussi, évidemment, sur le plan doctrinal, la liturgie tridentine étant porteuse d'un univers mental qui est situé à grande distance de celui qui est caractéristique d'une partie des documents du Concile, et surtout de la réception dominante de ce Concile.
Je viens d'essayer de réfléchir sur la caractéristique fondamentale de ce dont il est question, et vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais ce qui précède comporte des erreurs ou des oublis.
Bonne journée.
Scrutator.
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