certain avec la sexualité.
Une association de parents d'anciens religieux abusés existe (AVREF), leur site vaut ce qu'il vaut. Mais il y a des liens vers des articles de presse qui ne peuvent pas tous inventer.
Aide aux Victimes de mouvements Religieux en Europe et Familles.
Ici, quelqu'un dirait à juste titre : "pas de chutt ! chutt !".
Disons qu'on peut être d'autant plus déçu et scandalisé par ces communautés que leurs fondateurs étaient tenus pour des fruits du pontificat de Jean-Paul II. Un saint qui n'a pas été bien inspiré parfois et qui manifestement a préféré fermer les yeux sur bien des choses (Les Légionnaires du Christ étant un morceau de choix : quel culot d'avoir pris ce nom !). Benoît XVI a préféré rendre sa blouse, après avoir dit tout haut certaines choses. Ce matin Europe 1 parlait à 7 h 40 de l'incurie de la curie, au sujet du cardinal Becciu en procès. Cela ne finira jamais et je crains que cela ne soit pas commencé sérieusement.
Ceux qui ont de jeunes enfants peuvent trouver cette ambiance assez vomitive et pas du tout glorieuse, entre les accusations faites à Marthe Robin, les Philippe, Vannier et même le fondateur d'ATD-Quart Monde ! Sr Emmanuelle avait, dans un autre registre, fait des aveux totalement déplacés dans le cas où on aurait eu l'idée d'en faire une vénérable... J'étais abonné dans ma jeunesse à "Chrétiens vers les cimes", excellente revue un peu aride. En dehors du Père Lelièvre qui en était le patron, on pourrait brûler les deux tiers des pages en raison des gens dont il était question.
Si j'étais cynique, je dirais qu'il est heureux que 99,9 % de la société française ignore tout de cela. Mais en l'espèce, je ne veux pas de cynisme.
On se croirait dans "Le nom de la rose", et plus souvent qu'à son tour.
Et quand il n'y a pas des prédateurs sexuels, il y a ceux qui vivent entre homosexuels ou avec une maîtresse. Et tout ce beau monde dit la messe et confesse ! Et concélèbre avec son évêque...
J'espère que tout le monde a lu le livre récent de dom Dysmas de Lassus. Il est rare que le prieur de la Grande Chartreuse sorte sa plume. Voilà un point de vue conciliaire (!) tout-à-fait bienvenu au sujet des dérives sectaires dans le monde religieux et clérical.
Il y en eut une belle dans l'Aube avec la CRC que ses derniers fanatiques ici défendent encore bec et ongles. Et leur condition obsidionale réduite comme une peau de chagrin consiste à dire "prouvez que" ! On a bien vu ici récemment un quarteron défendre "Mgr" Guérard des Lauriers, mort pas plus Dominicain qu'évêque... et sédévacantiste qui ne devrait pas avoir de défenseur ici.
Il y a tel ancien (?) religieux prêtre, qui a fait condamner la presse locale pour diffamation, qui a (aurait ?) obtenu l'annulation de ses condamnations... mais quand on veut se renseigner sur sa situation en 2020 (à défaut de posséder un catalogue de sa communauté ou de son ordre), on tombe sur sa photo sans signe distinctif, et sa fonction de formateur dans un truc psy totalement stupide (bien d'ex- prêtres se recyclent là-dedans). Dingue que la boîte en question n'ait aucune crainte d'embaucher un pareil bonhomme... Les catholiques feraient bien de laisser la psychologie à des professionnels.
Quand on vous demande de participer à une année de formation qu'un prêtre devra payer de sa poche pendant une année, est-ce qu'on est prié de tout gober ou d'avoir quelques raisons d'être surpris ?
Tout cela est lourd, lourd, lourd. Nous ne sommes de la même "famille", mais quand on use à ce point de son autorité spirituelle pour abuser de mineurs, d'handicapés, d'adolescents... Elle est belle l'Eglise experte en humanité et les accusations médiévales sur l'hypocrisie du clergé prennent quelque relief, sans attendre les Luthériens. Je ne comprends pas qu'on puisse dire la messe, si l'on y croit surtout avec un profil classique, conservateur ou traditionnaliste, et par ailleurs utiliser ses mains et ses lèvres à autre chose. Je suis peut-être un gros naïf...
J'ai mis ici en cause un prêtre défunt, qu'il m'arrive de citer pour un livre lumineux. Et il s'est trouvé un... prêtre pour dire que j'étais dégoûtant. C'était du corporatisme.
Certains se signeront en m'entendant citer "Les amitiés particulières" de Roger Peyrefitte. Il décrivait assez bien l'ambiance melliflue des écoles religieuses pour jeunes garçons, avec Dieu matin, midi et soir. Le supérieur qui comptabilise le nombre d'hosties reçues durant l'année !!! Certains n'y ont vu que l'éloge de l'amour contre-nature entre deux jeunes garçons (que l'on n'a pas forcé), en oubliant de voir aussi l'atmosphère étouffante et conditionnée, la séparation des sexes comme un petit-séminaire où l'on ne vit qu'entre mâles, les prêtres (déjà...) pédophiles ou qui tâtent le terrain, l'Eglise qui tait les déplacements de clercs du jour au lendemain. Peyrefitte dresse un continuum entre l'amour des Grecs pour les jeunes gens ou la beauté des jeunes corps, établit des parallèles entre le vocabulaire amoureux des offices et de la théologie catholique on ne peut plus traditionnelle... et les sentiments charnels. Beaucoup de faux semblants et de travers peu reluisants. Il est déjà question des prêtres qui confessent dans leur chambre, et à mon avis cela doit continuer de nos jours en certains milieux.
Et Peyrefitte, dans ce livre et dans d'autres, montre qu'il avait été un fils bien obéissant à l'Eglise d'avant le concile ! Il connaît sur le bout des doigts les nuances des fêtes liturgiques, les saints les plus obscurs, les évêques in partibus et les façons de servir la messe de St-Pie V (il n'est pas sacrilège quand il en parle, je l'atteste).
Dom de Lassus
