Les moines sont de chair et d'os, hier et aujourd'hui par JVJ 2021-03-12 18:37:28 |
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De même vous devez ignorer les coups de canne et les insultes que de braves prêtres octogénaires peuvent s'envoyer dans les maisons de retraite diocésaine...
Il y a aussi régulièrement des affaires dantesques dans les séminaires et les presbytères où cohabitent des clercs, c'est évident. Il y a parfois des luttes à mort, ou disons des haines tenaces qui persisteront avec des attitudes pieuses à la messe ou devant le bréviaire... On peut parler de duplicité pour les laïcs (et le pécheur que je suis), mais les clercs n'en sont pas exemptés par grâce d'état.
Si le clergé avait été si parfait durant des siècles (à l'impossible nul n'est tenu), il n'y aurait jamais eu de critiques de clercs contre le célibat, l'existence et l'avidité des moines, la folie de la profession perpétuelle (tempérée par le transitus qui est une chose bien commode, ma foi...).
On ne se vouvoie pas de manière onctueuse en tous lieux et en tous temps, avec les yeux baissés jusqu'à terre...
Pensez-vous que les moines, depuis 1500 ans, étaient tous des saints de vitrail ou des ravis de la crèche, même chez les Chartreux ?
Les monastères bien classiques étaient aussi par moments et selon les individus de belles pétaudières, et je pense aussi aux moniales.
Je doute fort que les moines irlandais des VIIe ou des Xe s. étaient tous bien dégrossis, et leur liturgie n'avaient rien de latine pour les Colombaniens.
Les rares comptes rendus de visites chez les Cisterciens au XVe s. l'attestent. A Hauterive, les moines chantaient avec leur gibecière à la taille et étaient souvent ivres.
Il suffit de lire les corrections imposées par le chapitre général cistercien, pour voir défiler les dérives de tous les genres, jusqu'à la bestialité (c'est é-vi-dent, sur autant de monastères, d'espaces et de siècles !).
L'homosexualité est la hantise de bien des exempla en milieu conventuel ou monastique.
Elisabeth Lusset a publié sa thèse sur les crimes tenus en milieu régulier du XIIe au XVe s.
L'abbé de Morimond au XVe s. fut par deux fois un Bénédictin imposé par le pape (colloque qui vient de sortir). Il y eut des Mendiants propulsés abbés sans changer de profession. Les révoltes ou les schismes abbatiaux sont sous-estimés et étaient légion au XVe s.
Un film demeure un film, et celui-ci, adapté d'une nouvelle qui me reste à lire, tranche un peu d'avec les autres.
Le roman de la rose est un truc ésotérique pour les lecteurs de Telerama, je pense être avec ce film plusieurs crans au-dessus.
On ne demande à un film ou à un roman d'être une thèse étayée.
Les cardinaux et les conclaves sont d'autres moments de voir des hommes trop humains. L'Esprit-Saint a bon dos quand on l'invoque à tout moment pour expliquer l'élection d'un tel... Les rapports de force n'échappent pas à l'Eglise. Allez demander à certains curés si c'est l'Esprit-Saint qui opère dans le gouvernement de leur diocèse et les oukases ! Idem à l'échelle paroissiale quand l'EAP se prend des airs de Politburo et que les curés ne peuvent rien dire.
La perte de la foi est aussi une belle chose à méditer, quand on est catholique. Cela peut toucher un évêque ou un abbé ! L'acédie n'est pas pour les incroyants !!!
Le moine qui a apporté la covid ce printemps dernier dans une abbaye a quitté son froc.
Bien des clercs ont chuté depuis 2000 ans, l'essentiel est qu'ils se relèvent ou que le bon Dieu veille sur eux d'une manière ou d'une autre. Je ne jette pas la pierre sur ceux qui ont quitté leur état. Certains m'ont dit qu'au petit-séminaire, la pression était telle dans les années 50 (et dans leur famille ou village), que le grand-séminaire était la voie obligée ensuite. Il fallait être le prêtre de la fratrie, pour faire plaisir à grand-mère et au tonton qui était curé. Ceci est très banal pour peu qu'on regarde les choses sans apologétique bas du front.
Et cela a brisé des vies, à cause du Sacerdoce. Je dis bien "à cause".
Pourquoi les oblats enfants n'existent-ils plus ? Encore un coup du concile !
Un parent tradi veut-il donner son gosse à des chapitres cathédraux ou à des abbayes bénédictines, dans l'esprit le plus traditionnel des IXe-XIIe s. !
Et pour les femmes, c'était aussi parfois peu glorieux. La religieuse de mon compatriote Diderot ne dit pas que des bêtises.
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