Je ne vous reproche pas de défendre l'enseignement hors contrat avec l'État (loin de moi cette idée), je pointe seulement chez vous un jugement (arbitraire) condamnant l'enseignement en famille, que rien ne me semble justifier en théorie comme en pratique. Vous écrivez :
Mais il y a les écoles hors-contrat, il faut choisir cette solution quand c'est possible, plutôt que l'isolationnisme
Admirons votre choix lexical (
isolationnisme) destiné à discréditer l'école à la maison, choix des familles que vous réduisez hâtivement à un « repli » (terme récurrent dans vos messages), sans qu'à aucun moment vous apportiez la preuve que les enfants instruits au domicile soient effectivement élevés « sous cloche » (autre formule aimable). Cette noire description n'est ni plus ni moins qu'un préjugé, lequel se trouve le plus souvent sous la plume des idéologues étatistes. Pour vous
école à la maison =
isolement. C'est simplificateur et faux.
La réalité vécue par la plupart des familles ayant fait ce choix est autre : les enfants instruits en famille font en général de nombreuses activités sportives et culturelles dans lesquelles ils rencontrent d'autres enfants, sans parler des enfants du quartier avec lesquels ils jouent au square ou au parc s'ils habitent en ville, ainsi que les autres enfants qui étudient à la maison (le Cours Sainte-Anne tient par exemplaire un annuaire des familles qui dans la même région peuvent se rencontrer et partager). J'ajoute que beaucoup d'enfants instruits en famille sont engagés dans le scoutisme, école de vie en commun et en autonomie qui complète l'éducation donnée en famille et où de grandes amitiés se nouent.
Vous êtes persuadée que les familles qui exercent leur liberté d'enseignement en faisant le choix de l'instruction à domicile couvent leur enfant et les entretiennent dans l'ignorance du monde extérieur. Préjugé là encore, que même un militant étatiste le moins favorable à cette liberté n'oserait pas exprimer. Votre remarque est d'autant plus injuste que j'ai observé par expérience plutôt le contraire : en général très proches de leurs enfants, les parents faisant l'école à la maison les initient à la réalité du monde et les aident à en comprendre la complexité.
Si les familles ne sont pas toujours des « nids d'amour » (ce que personne ne peut contester, sur ce point nous serons d'accord), elles ne sont pas forcément des lieux de maltraitance (autre préjugé encore) : le contrôle pédagogique annuel et le contrôle social bisannuel sont suffisants pour détecter les cas (proches de zéro) chez les enfants instruits en famille. Ces contrôles n'existent pas chez les enfants scolarisés où pourtant se trouvent en nombre des cas avérés d'illettrisme ou de violence.
Bref, on attendrait de vous, ancienne élève de l'enseignement à distance, je ne dis pas un témoignage enthousiaste et univoque qui tairait les légitimes réserves que l'on peut émettre, mais un minimum de solidarité avec les familles faisant le choix de l'instruction à domicile qui seront bientôt persécutées par un État omnipotent. Elles n'ont pas besoin de votre suspicion voire de vos injures, mais de votre soutien, d'autant plus qu'après l'école à la maison c'est l'école hors contrat qui sera dans le viseur, modèle qui semble vous tenir à cœur à juste titre.