Denis Crouan vous a lu et vous répond par XA 2019-03-12 10:16:20 |
|
Imprimer |
sur le site de l’association Pro Liturgia, dont il est le président :
Dimanche, 10 mars 2019. Certains fidèles « traditionalistes » viscéralement attachés à la liturgie dite « tridentine » en usage avant la réforme voulue par Paul VI, se plaisent à répéter que c’est « l’application de Vatican II avec, entre autres, la mise en place de la messe de Paul VI et l’interdiction de la messe tridentine » qui, à conduit à la crise des vocations et à la désertification des églises que l’on observe aujourd’hui.
Sans entrer dans une énième discussion qui ne fera guère avancer les choses, disons que cette façon de répéter une inexactitude relève d’une profonde méconnaissance de la réalité historique.
Rappelons donc simplement que :
1. La crise de l’Eglise ne saurait être imputée à la messe « de Paul VI » puisque celle-ci n’est célébrée comme l'Eglise demande qu'elle soit célébrée qu’en de très rares endroits ;
2. Dans les rares paroisses où la messe « de Paul VI » est célébrée comme elle doit l’être, c’est-à-dire « versus Deum » (si l’on se réfère au missel « de Paul VI/Jean-Paul II »), avec dignité, sans ajouts ni omissions ni improvisations (cf. Vatican II et Missel romain), avec la première place donnée au chant grégorien (cf. Idem), des vocations naissent. Le seul vrai problème est de savoir où envoyer un jeune se préparer à la prêtrise. Sûrement pas dans un séminaire diocésain ou interdiocésain de France où, précisément, il est de bon ton de ne pas mettre en œuvre la messe « de Paul VI » mais de la remplacer par quelque chose qui ne lui ressemble vaguement que sur certains points.
3. En France, la chute des vocations/ordinations commence dès 1947... donc bien avant Vatican II. Quelques chiffres :
- 1947 : 1649 ordinations ;
- 1950 : 1033 ordinations ;
- 1960 : 595 ordinations ;
- 1962 (ouverture du Concile) : 507 ordinations ;
- 1969 (promulgation du missel « de Paul VI » mais pas encore mise en oeuvre) : 345 ordinations.
Face à cette réalité, une chose demeure certaine : l’espoir d’un redressement de la situation a été perdu dès lors que les évêques ont cautionné la grande braderie liturgique qui se faisait « au nom du Concile » et qui, dans la quasi totalité des paroisses, conduisait à jeter par-dessus bord tout ce que le Concile demandait expressément de conserver.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|