mais vous n'avez pas à juger du caractère magistériel d'un document en fonction de votre analyse de son contenu (après l'avoir d'ailleurs simplement parcouru en italien). Car en l'occurrence, on est parfaitement dans les règles de l'article 18 de Episcopalis Communio
Un document n'a d'autorité magistérielle que dans la mesure et aux endroits où il porte sur l'objet du Magistère. Si d'aventure un synode s'exprimait sur la couleur des chevaux au Pôle Nord, cela ne serait aucunement garanti par l'autorité du magistère, quelle que soit l'intention exprimée par le document et par Episcopalis Communio.
si on croit au sensus fidei, et à la collégialité, peu importent les manoeuvres humaines préalables, car ce qui compte c'est le résultat final.
Si par là vous voulez dire que ce qui compte au final, c'est le résultat "magistériel" car le reste - et en particulier les manoeuvres (bassement) humaines - n'est pas garanti par l'assistance divine promise à l'Eglise, je suis d'accord. Et justement, cf point précédent.
Peut-être faut-il cependant préciser ce que j'entends ici par "Magistère" ou magistériel : je parle ici du Magistère considéré du point de vue de son objet, et pour savoir dans quelle mesure il a autorité. A savoir les doctrines concernant la Foi et les moeurs : ce qui est contenu formellement dans la Révélation et ce qui est y est indirectement contenu au sens où c'est nécessaire à la garde du dépôt de la Révélation.
En revanche, le magistère pontifical ordinaire, entendu de façon plus large comme l'ensemble de ce que fait ou dit le sujet du Magistère (celui qui a le pouvoir d'enseigner, le pape en l'occurrence) avec et pour l'Eglise, peut toucher d'autres domaines. Cette catégorie dans laquelle se range pour moi le rapport du dernier synode, n'exige pas l'adhésion du fidèle mais seulement la prise en compte respectueuse. Elle n'a pas de caractère contraignant.
Mais le monde moderne scrute toutes les déclarations du pape, quel que soit leur degré d'autorité, pour nous faire croire que la doctrine évolue ou peut évoluer, parce que le pape qui a autorité en la matière a dit ceci ou cela. C'est bien le problème de ce rapport final : en revendiquant son caractère magistériel, on voudra faire évoluer les moeurs. Vous savez comment ça marche : "Le pape a déclaré que... (ref. le Synode), donc ...."
C'est bien cela que je trouve problématique, voire dangereux, comme je l'ai dit en début de fil : on publie une synthèse des discussions SANS le nécessaire rappel de la doctrine, et on l'appelle magistère. Oui, cela participe au Magistère d'une certaine façon et sous un certain rapport, mais ce n'est PAS du Magistère qui définit la règle de la Foi. Les media et le grand public y voient quoi, eux, à votre avis ?
Cordialement
Meneau