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est-ce un post en langue "cathare" ?
par Luc Perrin 2018-10-24 14:50:10
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Il me paraît très amphigourique pour ne pas dire quasiment incompréhensible.

Je relève déjà deux mots anachroniques et complètement hors de propos :

- totalitarisme d'État au Moyen Age ? What ? C'est tellement décalé par rapport à ce qu'on sait du pouvoir civil entre le Xe et le XIVe siècle.
- extermination ???

Voici le compte-rendu du maître-ouvrage de Jean-Louis Biget sur cette question de l'hérésie réelle et dont il donne les tenants et aboutissants en déconstruisant les représentations mythologisées/politisée/religieusement instrumentalisées mais aucunement la réalité, aucun "négationisme" par conséquent.

"On l’a dit, la grande force de Jean-Louis Biget est de resituer la naissance et le développement de l’hérésie dans son contexte politique et social. Il montre ainsi que l’inachèvement de l’État toulousain constitue pour le Midi une faiblesse qui attire les convoitises de ses voisins – rois de France, ducs d’Aquitaine auxquels succèdent les rois d’Angleterre, comtes de Barcelone devenus rois d’Aragon – et que l’hérésie fut ainsi instrumentalisée à des fins politiques. Elle l’est tout autant à des fins religieuses puisque la dénonciation du catharisme permet à la papauté d’épurer un haut clergé méridional, jugé trop tiède dans sa lutte contre les hérétiques alors qu’il est surtout trop indépendant, et d’imposer l’action des légats pontificaux. Cette instrumentalisation est d’autant plus nette que le catharisme, loin d’être majoritaire dans le Midi, demeure une religion d’élite qui touche peut-être 5 à 7 % de la population. Elle recrute ses adhérents dans la petite noblesse des castra en voie de déclassement social et dans une bourgeoisie conquérante de manieurs d’argent et de techniciens de l’écrit dont le mal-être spirituel ne peut qu’être aggravé par la rigidité de la position de l’Église quant au prêt à intérêt. Sur ce point, les analyses de la composition sociale des dissidents à Albi et Carcassonne à la fin du XIIIe siècle sont tout à fait éclairantes. Cette faiblesse numérique de la dissidence ainsi que sa structuration en groupes familiaux – et Jean-Louis Biget rappelle opportunément que la dissidence est bien plus un choix familial qu’individuel – expliquent largement les succès de l’Inquisition mise en place en Languedoc à partir de 1234 mais qui doit plus à l’affrontement entre Grégoire IX et l’empereur Frédéric II qu’aux hérétiques eux-mêmes. Tant par la procédure utilisée que par les méthodes employées – prison préventive, recours à la torture, interrogatoires poussés, utilisation d’anciens « parfaits » retournés – et les châtiments infligés – peines infamantes telles que le port de croix, confiscation des biens, crémations, y compris posthumes – l’Inquisition se révèle d’une redoutable efficacité parce qu’elle prive « les différents groupes sociaux et les communautés rurales ou urbaines de leurs chefs traditionnels » (p. 200) et fait disparaître ou contraint à l’exil une large part du clergé cathare. Elle est en outre largement soutenue par l’action du pouvoir royal, maître de la majeure partie du Languedoc à partir de 1229 et qui sort renforcé de l’épreuve des révoltes méridionales de 1240 et 1242. Toutefois, l’Inquisition à elle seule, même secondée par l’action royale, n’aurait pu venir à bout de la dissidence religieuse sans un revirement de la part des élites impliquées dans l’hérésie. L’aggiornamento de l’Église opéré sous l’action des ordres mendiants dissipe largement le mal-être spirituel des élites urbaines tout en offrant, au sein du clergé, des places de choix aux fils des marchands et des brasseurs d’argent. Sur ce point, l’élection de sépulture privilégiée dans les couvents mendiants et l’entrée chez les Prêcheurs de fils d’hérétiques sont des indices très nets de ce retournement. En outre, ces élites urbaines, dont les aspirations politiques sont désormais limitées au sein de leurs propres villes par l’implantation du pouvoir royal, trouvent de nouveaux débouchés dans le service du roi, ce qui implique une rupture définitive avec le « catharisme »."

     

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 Un négationnisme universitaire qui s'affiche… par origenius  (2018-10-24 13:33:38)
      est-ce un post en langue "cathare" ? par Luc Perrin  (2018-10-24 14:50:10)
          Il est intéressant de constater par Jean-Paul PARFU  (2018-10-24 15:29:20)
          Entièrement d'accord avec vous par Peregrinus  (2018-10-24 20:25:31)
      Sur le catharisme par Jean-Paul PARFU  (2018-10-24 14:51:20)
          L'éternel retour des hérésies par Candidus  (2018-10-24 17:19:52)
      Quel salmigondis ! par Paterculus  (2018-10-24 18:39:58)
      pour aller plus loin par baudelairec2000  (2018-10-24 22:36:51)
          Belperron par Paterculus  (2018-10-24 23:31:07)
      Simple question par Montes Gelboe  (2018-10-25 07:11:44)


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