De la date des premières rédactions des Évangiles. par Steve 2018-08-17 08:25:07 |
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Avertissement aux lecteurs éventuels.
La notule qui suit n'a ni demandé ni reçu l'Imprimatur de Remy.
Cette question n'est pas seulement intéressante mais importante : plus la datation serait tardive, moins les textes seraient historiquement fiables. Pour faire simple, en la matière on connaît deux écoles : celle de la rédaction rapide, centrée sur des témoins directs ; et celle de la rédaction tardive, recomposée par les premières communautés. La première école s'incarnait autrefois dans l'Église catholique. En ce temps-là, elle s'opposait à la seconde, disons celle des Protestants.
Dès l'époque (lointaine) de ma jeunesse, la seconde école est devenue dominante même parmi les Catholiques. (N'abordons pas ici la marginalisation rabique des Catholiques "dissidents" par les Catholiques dominants. C'est une manie de conformisme périodiquement à la mode. Par curiosité, consultez la biographie de l'abbé Jean Carmignac.)
N'étant ni exégète ni philologue, mais simple fidèle, je me limiterai à quelques réflexions qui, réunies, me paraissent d'un poids suffisant.
- La première observation consiste à noter que les Évangiles ne mentionnent précisément ni la prise de Jérusalem ni la destruction du Temple par les troupes de Titus. C'était en 70 P. C. N. et les évocations (éventuelles) ne sont pas au passé.
Pour expliquer cette bizarrerie pour les tenants de la rédaction tardive, ils servent de longues analyses pointillistes et ils inclinent finalement à penser que les évangélistes auraient eu connaissance des événements mais qu'ils n'en auraient parlé que par allusions. Cette curieuse discrétion aurait, selon les dits savants, présenté une réalité connue des auteurs sous la forme de prophéties écrites a posteriori. (Eh oui, c'est assez faux-c. mais ça peut exister.)
Quoi qu'il en soit, cette idée-là relève de convictions intimes. Elle reste peu crédible et elle manque de preuve.
- Pour le martyre de saint Jacques le majeur (Actes 12 : 1-2), au début des années 60, omis lui aussi dans les quatre Évangiles ? Ce serait un oubli fortuit. Et son incidence pour la datation de l'Évangile attribué à son frère, elle serait nulle.
- Quant aux découvertes archéologiques récentes (p. e. fragments dans la grotte 7 à Qmran) qui contredisent la thèse d'une rédaction tardive, soit "nos" savants n'en disent mot, soit ils nient l'authenticité des découvertes.
Dans ces conditions, on n'attend pas la permission de ces savants-là pour se faire sa religion. L'ensemble des Évangiles paraît venir de premières rédactions assez proches des faits, au plus tard 70 P. C. N. ; cependant, il n'est pas inimaginable telles séquences plus "communautaires" aient pu être insérée plus tard, avant que le texte définitif soit reconnu et fixé officiellement.
Pour conclure.
Au sujet de la datation des 1res rédactions des Évangiles, on serait devant une situation analogue – peut-être pire – à celle de la sixième demande du Notre Père. Dans ce cas-là, il a fallu attendre des décennies avant de revenir au simple bon sens. (Notons que, dans son honnêteté téméraire, l'abbé Carmignac s'était engagé contre l'avant-dernière traduction du Notre Père en Français.)
On se dit que ce sont deux conséquences bien malheureuses d'un œcuménisme trop souvent tenu de nos jours pour prioritaire sur toute autre considération.
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