L'et-en-même-tempsisme par le torrentiel 2018-07-06 05:13:29 |
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Chers Scrutator, Jejomau, Yves daoudal, Aigle, Ion,
Il semble que le mot que se soient donnés certains pasteurs de peuple de notre temps soit, sauf à devenir démissionnaires comme Benoît XVI et François Hollande, ci-devant chefs de l'Eglise et de la fille aînée de l'Eglise, et faute de choisir un axe politique comme Donald Trump ou Vlladimir Poutine, de déboussoler ceux qu'ils dirigent par des injonctions paradoxales: "L'Eglise n'est pas une ONG, mais je prêche les fidèles comme si elle était une ONG."
Faut-il en imputer une volonté de perdre les peuples ou le fait que ces pasteurs de peuples sont eux-mêmes perdus dans un monde trop complexe? Je pencherais assez pour la seconde hypothèse concernant François, qui est un homme de son temps, ordonné après Vatican II et qui gouverne une Eglise inscrite dans un monde contre lequel l'ouverture des sociétés ouvertes s'est retourné de la "paix perpétuelle" en "guerre éternelle" conformément aux principes de la double pensée? Dans le cas d'Emmanuel Macron, il y a perversion plus manifeste, encore que le jésuite qui a canonisé la ruse (François a parlé de "sainte ruse") n'ait pas grand-chose à remontrer à l'auteur d'une thèse sur Machiavel.
Quant à savoir si les thèmes humanitaires abordés par François sont évangéliques ou non, bien sûr, rien de ce qui est humain n'est étranger à l'Evangile; mais si la forme, c'est le fond qui remonte à la surface, la manière dont François aborde les thèmes humanitaires n'est pas très habitée. Ou plutôt elle est habillée d'une habitation évangélique. Avez-vous lu, cher Ion, ce livre ineptement écrit et ordonné en dépit de tout sens bon ou mauvais, où Dominique Wolton s'est employé à transcrire les radotages d'un pape chaleureux et sympathique?
Jupiter fait le président et François ne fait plus le pape. Sa seule constante politique est d'exiler tout le genre humain. Il faut qu'il y ait toujours des migrants pour exercer notre capacité d'accueil. Le pape exagère cela dans une négation du politique où le moindre besoin du moindre individu prime sur le bien commun. Cet exil de l'humanité nomade et mobile se fait au rythme de la métaphore du mouvement et de l'apologie du process -ou du processus-, apologie qui figure dans presque tous les discours d'Emmanuel Macron, dans toutes les encycliques et exhortations apostoliques de François, et dans le nom même de La République en marche, dont je soupçonne qu'Emmanuel Macron ne l'a pas tellement appelée ainsi pour rappeler ses initiales que pour suggérer à ceux qui le savent qu'"En marche" est une traduction de l'"Heureux" des béatitudes: le mouvement se prouve et le bonheur se trouve en marchant. L'idée du bonheur s'est vue transférer de l'utopie révolutionnaire à la politique du mouvement perpétuel. Les philosophies de la déconstruction ont prétendu accoucher d'un constructivisme mystique. Or la mystique, c'est l'inverse de la construction, c'est l'inconstructible de mains d'homme. La politique fondée sur la mystique du process, c'est la partie active du MASDU dont parlait l'abbé de Nantes: le MASDU est le mouvement d'animation spirituelle de la démocratie universelle.
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