Je dirais plutôt : dans un futurisme indéfini. par Scrutator Sapientiæ 2017-01-31 06:58:23 |
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Bonjour Jean-Paul PARFU,
Dès fin décembre j'ai remarqué votre message et j'y réponds enfin.
A. Je dirais plutôt que les gens dits "de gauche" pensent et vivent dans ce que j'appelle un futurisme indéfini :
1. "si vous n'êtes pas de gauche c'est que vous croyez que c'était mieux hier",
2. "si nous sommes de gauche c'est parce que nous voulons que cela aille mieux demain".
B. C'est le règne de l'espoir pour demain sans efforts aujourd'hui, ou, plus précisément, c'est le plus possible d'espoir, pour demain, adossé au moins possible d'efforts, aujourd'hui.
C. Vous parlez de "présentisme individuel", là où je vois, plus complémentairement que contradictoirement, un "futurisme collectif" : une attitude "présentiste individuelle" est effectivement présente, dans la mentalité dite de gauche, dans la mesure où l'homme de gauche d'aujourd'hui est tellement "présentiste" qu'il cherche rarement à être durablement et profondément fidèle à un corps de doctrine antérieur au XXI° siècle : qui se dit sérieusement rousseauiste, marxiste, ou sartrien, en toute connaissance et en toute compréhension du rousseauisme, du marxisme, ou du sartrisme, aujourd'hui ?
D. Mais cette attitude présentiste individuelle est aussi souvent caractérisée par du déni face à une partie de ce qui est aux origines ou à l'intérieur des difficultés, des nécessités, des réalités présentes.
E. Le réel, c'est trop dur, le fait qu'il y ait des riches et des pauvres, mais aussi des cultivés et des incultes, des coupables et des victimes, c'est anormal et injuste, "nous allons changer tout çà" et faire en sorte
- que l'on "prenne aux riches", non avant tout pour "donner aux pauvres", mais avant tout pour rendre un culte au rêve,
et
- qu'une relative inculture générale soit jugée préférable au fait qu'une culture élitaire soit objectivement plus approfondie, plus élaborée, voire plus édifiante, que telle ou telle forme de culture populaire.
F. Le réel, c'est trop dur, alors que le rêve est très doux, d'où cette mystique de l'émancipation généralisée, presque toujours dans l'auto-création, presque jamais dans l'auto-critique, cette émancipation généralisée étant
- auto-proclamée équivalente à une immense générosité ou solidarité, même s'il s'agit d'une générosité ou d'une solidarité aux frais d'autrui,
et
- auto-proclamée inspirée par le goût pour l'avenir ou orientée par le sens de l'histoire, même si, ici où là, le rêve a tourné au cauchemar.
G. Compte tenu de la présence en ces deux "esprits" de cette tendance au futurisme indéfini, il est possible de dire que "l'esprit du Concile" et "l'esprit de l'Evangile" sont l'un et l'autre plutôt de gauche, c'est bien le moins que l'on puisse dire.
H. Nous sommes en présence d'un idéalisme ou d'un irréalisme,
- volontiers incriminateur à l'égard de tous ceux qui ne veulent pas "s'adapter, évoluer, innover, s'ouvrir, s'unir" : "Qui suis-je pour ne pas condamner les pélagiens, les pharisiens, les docteurs de la loi qui ont perdu la foi ?" nous dit, de fait, le Pape François,
- qui risque fort de recourir à une "tri-thérapie" qui a déjà sévi et servi, dans les années 1960 et 1970 : de la tabula rasa face au passé, du flower power face au présent, et de la wishful thinking face à l'avenir,
- qui s'auto-légitime en permanence, à grands renforts de bonnes intentions et de bons sentiments : la dignité, la liberté, la fraternité, le dialogue, l'unité, la paix.
Le Concile Vatican II est un échec ? Qu'à cela ne tienne ! Nous allons faire croire aux gens que ce n'est pas vraiment un échec, et que si nous en sommes là, c'est parce que le Concile n'a pas encore été vraiment mis en oeuvre, et qu'il n'est possible de le mettre en oeuvre que depuis l'élection du Pape François !
Bonne journée.
Scrutator.
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