C'est un sujet complexe: la notion de langue vulgaire par Athanase 2016-06-11 16:18:25 |
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n'a pas tout à fait le même sens à l'époque du Christ. La notion de langue vulgaire reste moderne. Aujourd'hui, les langues dites modernes sont standardisées en raison de leur écriture et d'une stabilisation de la syntaxe.
Le Dictionnaire de théologie catholique avait une bonne analyse du phénomène de passage aux langues parlées: il affirmait que l'Eglise, sans être forcément enthousiaste de ce phénomène d'adaptation, n'avait pas d'objection théologique. Et comme le disait l'article, la meilleure preuve, c'est qu'elle le fit.
Une langue liturgique est figée et morte: le latin est une langue figée, mais vivante, ce qui a été perdu avec une certaine modernité. Il faut précisément se réapproprier ces langues. C'est ce que me disait Marcel Perès qui regrettait une certaine vision élitiste dans l'usage du latin. Après tout, un Mélenchon a gardé de bon souvenirs de la messe en latin en tant que servant de messe.
Les langues modernes ont peut-être, du fait de leur stabilisation, tendance à se figer (cas du Français: les pièces de Molière du 17ème siècle se comprennent sans problèmes).
La vernacularisation peut avoir des limites, car même les gens ne comprennent pas forcément leur propre langue. Mêmes les fidèles sont parfois largués par le contenu de prières eucharistiques mal traduites.
Je butte aussi sur une question. Les liturgies n'étaient peut-être pas dites en langue vulgaire, mais ce terme est moderne; on peut penser que dans le passé le hiatus a pu être moins fort entre des langues écrites et courantes. Les melkites m'expliquent qu'ils utilisent l'arabe, dans la liturgie, depuis le 8ème siècle. Visiblement, ce n'était pas l'arabe littéral ou coranique. Il y a bien eu un mouvement d'adaptation, mais encore peut-on l'expliquer par une différence très nette entre le grec et l'arabe, alors que les langues européennes ont eu, en partie (les langues romanes), une accointance avec le latin.
En revanche, si je ne goûte que mollement au vernaculaire pour la liturgie (sauf pour les lectures et tout ce qui relève de l'instruction), il me paraît indispensable que les fidèles disposent, à tout le moins, d'une traduction dans leur missel. Ce que l'Eglise faisait assez bien avant le concile. Je serais même favorable à un enseignement du latin au fidèle.
Toutes les langues vulgaires ne sont pas forcément belles, et l'usage du Français peut être rebuttant: on n'aime pas s'écouter parler.
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