À la recherche d’une Virgo τροχαϊκή par pamino 2016-05-09 23:22:32 |
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Cher John Daly,
Je vous remercie de vos remarques généreuses et en même temps de m’avoir averti que j’écrivais en anglais, fait dont curieusement je n’étais pas conscient au moment d’écrire.
Ma proclamation que l’Alma Redemptoris mater est une élégie est manifestement faux ; je peux prétendre à un nutus Homericus ?
Que votre hystéron-protéron ne soit pas au goût de tous est bien moins important que le fait qu’au juste il ne conforme pas au style du reste. Là je suis tout à fait de votre avis.
Le mûrissement de ma suggestion d’émendation s’est fait d’ailleurs pendant bien plus de quatre ans, puisque même à l’école j’avais l’impression floue que quelque chose ne marchait pas dans ce vers.
Il y a un ouvrage dans la BU ici dans lequel on peut chercher un mot donné dans une très grande choix d’hexamètres latins médiévaux, et moi non plus je ne serais pas surpris d’y rencontrer virgo comme trochée. J’irai donc regarder dedans et je rapporterai ce que j’y aurai trouvé.
Voici un argument inférieur, mais quand même supplémentaire : je postule ‹Virgo priusque ac posterius› comme lectio difficilior, donc, comme nous savons, potior, et je postule un clerc indocte qui, se prenant pour docte, enlève le -que ‘superflu’. Qu’en pensez-vous ?
D’autre part, la schola dont je suis membre a chanté juste après l’Évangile hier, c’est-à-dire au commencement de l’interruption de la messe que constitue le sermon, le Veni, Creator spiritus. En général je trouve fort bien d’invoquer le Saint-Esprit en ce moment-là, mais en plus l’occasion m’a fait montrer ce que c’est que ce dimanche qui regarde encore en arrière vers l’Ascension mais déjà aussi en avant vers la Descente. C’était bien cela la chose importante, mais – nous nous trouvons quand même in mediis rebus metricis – malheureusement la leçon du Liber Usualis à un certain lieu de cet hymne grandiose n’est pas ce qu’elle aurait été si, au lieu des Bénédictins de Solesmes, ceux p. ex. de Monte Cassino avaient rédigé ce recueil effectivement utile : Ditus Paternæ dexteræ. J’avais beau dire aux co-chantres que c’est là la leçon des manuscrits médiévaux, que la prononciation des Italiens dans leur il dito est plus ancienne que l’éloquence vulgaire dans sa forme écrite, et que le ‹g› dans ‹doigt› y a été inséré par les sçavants du XVIIe. Au revoir, φιλολογῶμεν δὲ περαιτέρω ἄνευ μαλακίας. pamino
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