Dès son préambule, Dignitatis Humanae affirme très clairement qu’elle ne contredit en rien le magistère antérieur :
Or, puisque la liberté religieuse, que revendique l’homme dans l’accomplissement de son devoir de rendre un culte à Dieu, concerne l’exemption de contrainte dans la société civile, elle ne porte aucun préjudice à la doctrine catholique traditionnelle au sujet du devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ.
Comment concilier cette exemption de contrainte dans la société civile et la doctrine catholique traditionnelle?
Thomas Pink à la suite de Francesco Suarez resitue le problème au niveau de la notion de « juridiction ».
D’une part le pouvoir civil de lui-même ou par lui-même ne peut s'ériger en autorité en matière religieuse. Ce que l'Eglise a toujours reconnu.
D’autre part, le pouvoir de l’Eglise ne s’exerce que sur les personnes sous sa juridiction : les catholiques (ou en élargissant beaucoup, les baptisés). Ce que l'Eglise a toujours reconnu aussi.
Ces vérités étaient admises et sous-entendues dans Quanta cura, il restait à les expliciter dans un contexte de déchristianisation de la société. Tout en déclarant que la source de la liberté religieuse se trouve dans la dignité même de la personne humaine, Dignitatis Humanae aurait pu rajouter et cela aurait évité les ambiguïtés, qu’en devenant librement membres de l’Eglise, les catholiques se devaient de reconnaître à celle-ci un pouvoir de contrainte qui peut être exercée, sous son autorité, par le pouvoir civil.
Résumé trop rapide/imparfaite sur une question majeure? Je ne saurais trop conseiller aux liseurs de se référer aux travaux de Thomas Pink (pour les anglophones) et de Francesco Suarez (pour les latinistes).
Babakoto
Ps 1: j'aurais embrassé les pieds de celui qui m'aurait donné ces infos là quand j'en avais le plus besoin.
Ps 2: je me sentais une dette envers Meneau sur cette question, j'espère qu'il lira ce message. C'est la raison pour laquelle j'ai redemandé un mot de passe.