Le Pape ne peut errer avec un Concile général ! par gégé81 2016-02-29 11:44:04 |
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En effet :
Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice
Livre IV Du Pouvoir Spirituel du Souverain Pontife :
« Chapitre II : Le jugement du Pape est-il certain ?
(…)
Ceci établi, il ne reste plus que quatre opinions diverses.
1° Que le Pontife, même comme Pontife, même s’il définissait quelque chose avec un Concile général, pourrait être hérétique en soi, et enseigner aux autres l’hérésie, et que cela serait arrivé parfois de fait. Cette réponse est celle de tous les hérétiques, et principalement de Luther qui en son livre sur les Conciles a noté des erreurs même en des Conciles généraux que le Souverain Pontife a approuvés, et de Calvin qui en son livre IV des institutions ch. 7 § 28 affirme qu’il est arrivé que le Pontife avec tout le Collège des Cardinaux ait enseigné une hérésie très manifeste, à savoir que l’âme humaine s’éteint avec le corps. Nous montrerons toutefois plus loin que cela est un manifeste mensonge. Il enseigne aussi en ce même livre ch. 9 § 9 que le Pape peut errer même avec un Concile général.
2° Que le Pontife, même comme Pontife, pourrait être hérétique et enseigner l’hérésie, s’il définit sans un Concile général, et que cela serait arrivé parfois de fait. Cette opinion est suivie et défendue par Nilus en son livre contre le primat du Pape, ainsi que par quelques Parisiens, comme Gerson, et Almain en son livre sur le pouvoir de l’Eglise, et pas moins par Alphonse de Castro en son livre I ch. 2 contre les hérésies, et le Pape Adrien VI dans la question sur la confirmation [(a)] , qui tous établissent l’infaillibilité de jugement en matière de Foi non dans le Pontife, mais dans l’Eglise ou dans le Concile général.
[(a) Pour être plus exact et précis, le futur, en un ouvrage avant son élection.]
3° A l’autre extrême, que le Pontife ne pourrait d’aucune manière être hérétique, ni enseigner publiquement l’hérésie, même s’il définissait quelque chose seul. Ainsi, Albert Pighius, en son livre IV ch. 8 sur la hiérarchie ecclésiastique.
4° Comme au milieu, que le Pontife, qu’il puisse ou non être hérétique, ne pourrait d’aucune manière définir à croire par toute l’Eglise quelque chose d’hérétique. Telle est l’opinion la plus commune, de presque tous les Catholiques, comme Saint Thomas (2.2. 1,10), Th. De Vaux, L. II sur la doctrine de la Foi ch. 47 § 48, Jean de Turrecremata, L. II de la Somme ch. 109, et à leur suite Jean de Dridon.., Cajetan en son opuscule sur le pouvoir du Pape et du Concile ch. 9, Hosy L. II contre Blentium.., Jean Eck, L. I sur le primat de Pierre ch. 18, Jean de Louvain en son livre sur la perpétuelle protection et fermeté de la chaire de Pierre ch. 11, Soto en son Apologie p. I ch. 83 à 85, et Melchior Cano en son livre VI ch. 7 sur les Lieux théologiques.
Il semble que ces auteurs divergent d’une certaine manière entre eux, car certains d’entre eux disent que le Pontife ne peut errer s’il procède avec maturité et écoute le conseil des autres Pasteurs ; d’autres disent que le Pontife même seul ne peut aucunement errer ; pourtant, en réalité, ils ne divergent point entre eux. Car les derniers ne veulent point nier que le Pontife est tenu de procéder avec maturité et de consulter des hommes doctes, mais veulent seulement dire que l’infaillibilité elle-même n’est point dans l’assemblée des conseillers, ou dans le Concile des Evêques, mais dans le seul Pontife ; de même que, à l’opposé, les premiers n’entendent pas placer l’infaillibilité dans les conseillers mais dans le seul Pontife tout en voulant expliquer ce que le Pontife doit faire en soi, en consultant des hommes doctes et des experts sur le point traité.
Cependant, si quelqu’un demandait si le Pontife pourrait errer s’il définissait témérairement ? sans aucun doute tous les auteurs précités répondraient qu’il ne peut se faire que le Pontife définisse témérairement, car qui promet la fin, promet assurément les moyens qui sont nécessaires pour qu’elle soit obtenue. Il ne servirait pas à grand chose de savoir que le Pontife ne pourrait errer quand il ne définit point témérairement, si nous ne tenions point aussi que la Providence de Dieu ne permettrait pas qu’il définisse témérairement.
De ces quatre opinions, la 1e est hérétique, la 2e n’est point à proprement hérétique puisque nous voyons encore tolérés par l’Eglise ceux qui suivent cette sentence, elle paraît néanmoins tout à fait erronée et proche de l’hérésie ; la 3e est probable mais pas certaine, la 4e est très certaine et doit être tenue, et afin qu’elle puisse plus facilement être comprise et confirmée nous allons démontrer diverses assertions. (Col. 734s) »
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