Les deux idées seraient aussi inquiétantes l'une que l'autre. par Scrutator Sapientiæ 2016-02-28 08:56:54 |
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Bonjour et bon dimanche, Vassilissa.
1. S'il est vrai que Mgr Fellay a bien précisé que la Fraternité devait être reçue « telle qu’elle est », c'est inquiétant, si jamais, compte tenu de l'état dans lequel est la Fraternité, à l'heure actuelle, il y a en elle du potentiel de confusion ou de division sur ce que l'on veut vraiment continuer à être, sur ce que l'on accepte vraiment de commencer à devenir, sur ce à quoi l'on veut vraiment continuer à dire non, et sur ce à quoi l'on accepte vraiment de commencer à dire oui.
2. Et s'il est vrai que nous sommes en présence "de questions qui seront des sujets de discussion et de clarification MEME APRES la pleine réconciliation", c'est tout aussi inquiétant, si jamais cela signifie que "Rome" n'a pas renoncé à exhorter, à orienter, en l'occurrence, la Fraternité, afin que celle-ci, si nécessaire, "après la pleine réconciliation", finisse par ce rallier à la conception dominante de textes tels que UR, NA, DH, GS
Dans l'ensemble, cette conception dominante se traduit par l'expression de l'opinion selon laquelle ces documents ont donné lieu, à partir de l'aval du Concile, à un détournement de finalité indu, à une interprétation illégitime, comme si seuls les abus ou excès découlant de ce détournement ou de cette interprétation étaient blâmables, ou comme si ces abus ou excès n'avaient pas été générés par les positions ou tendances qui affleurent les textes eux-mêmes.
3. Je profite de ce message pour préciser "ce que je crois", à savoir
- qu'il n'est peut-être pas indispensable d'être avant tout un catholique traditionnel, pleinement "affilié" à une communauté ou à une fraternité traditionnelle, et pleinement "adossé" au Magistère pontifical antérieur au Concile,
et
- qu'il est peut-être envisageable d'être avant tout un catholique qui réfléchit, mais dans la durée et en profondeur, et d'une manière indépendante des modes intellectuelles, mais aussi d'une manière orthodoxe et réaliste, en présence de la doctrine du Concile et de l'histoire du Concile, du "corpus" du Concile et du "moment" Vatican II,
pour pouvoir trouver certaines choses à redire, a minima, sur UR, sur la première partie de NA, sur la première partie de DH, et sur GS, compte tenu de ce que, au Concile, on a bien voulu dire, mais aussi compte tenu de ce que, à Vatican II, on a bien voulu taire.
4. Ce qui précède revient à dire que les manifestations d'imprécision ou d'imprudence, les paroles candides et les silences coupables, qui caractérisent au moins une partie de chacun de ces quatre textes, sont identifiables même si l'on ne connaît pas par coeur, ou même si l'on ne surlégitime pas ou ne survalorise pas, le Magistère pontifical antérieur au Concile.
Il est en effet possible de se livrer à une analyse de discours,
- sur les mérites, mais aussi sur les limites de ces textes,
- sur les expressions, mais aussi sur les omissions de ces textes,
- sur les fondements et contenus les plus probables, pour ne pas dire les plus certains, de ce qui y est dit et de ce qui n'y est pas dit,
- sur les relations respectives et successives entre les différents contextes et ces différents textes,
pour pouvoir identifier les arguments ou éléments, sujets ou thèmes, porteurs d'apories, d'impensés, ou d'utopies, qui sont situés, entre autres arguments ou éléments, à l'intérieur d'au moins une partie de ces mêmes textes.
Bon dimanche.
Scrutator.
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