Le glaive temporel par Jean Ferrand 2016-02-20 16:25:37 |
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Le glaive temporel, qu'il ne dégaine pas lui-même, lui donne le droit d'intervenir dans la politique, et même dans la politique électorale des États, quand il le souhaite, et surtout quand c'est opportun. Le pape est juge dans le domaine temporel, ratione peccati, c'est-à-dire d'un point de vue éthique. Cette façon de voir n'est pas nouvelle. Elle est tout à fait traditionnelle dans l’Église. Elle remonte au moins au pape Boniface VIII, si ce n'est au pape Gélase Ier. C'est ce qu'on appelle, peut-être à tort d'ailleurs, l'augustinisme politique.
Même si c'est un peu long j'essaie de recopier ce qui est écrit dans la biographie de Gélase Ier, dans Encyclopédie des papes, Vingt siècles de l'Histoire du monde, 1995 :
"De tels événements [schisme d'Acace] conduisent tout naturellement Gélase Ier à évoquer les rapports de l’Église et de l’État. Dorénavant le pape se trouve impliqué politiquement dans diverses affaires, qu'il le veuille ou non. Dans ses relations, le spirituel prime le temporel. Le pape jouit d'une "auctoritas" et l'empereur simplement d'une "potestas" écrit Gélase à Anastase Ier (491-518), empereur d'Orient. En clair, le pouvoir du pape est d'une essence supérieure à celle des rois, même si tous deux viennent de Dieu. Le ton est péremptoire : "sachez bien ceci : quand le siège du bienheureux Pierre s'est prononcé, il n'est permis à personne de juger son jugement."
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