ce droit à revendiquer n'est-il pas lié à la perte du droit naturel ? par jejomau 2015-12-05 20:01:20 |
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Déjà, ce sens subversif dans le choix des mots est relevé par Pie XI lui-même dans son encyclique Mit Brennender Sorge; laquelle je crois a de plus en plus une portée prophétique et semble s'adapter au-delà de son temps au nôtre.
Il y a tout un chapître consacré à la subversion des mots intitulé "Sur les fausses interprétations des mots et concepts sacrés" que les catholiques doivent défendre comme des notions qui leur sont propres et sont leur gloire.
Puis Pie XI continue avec le chapître intitulé "Reconnaissance du droit naturel":
Le droit naturel fonde le droit positif
Tel est le fatal entraînement de nos temps, qu’il détache du fondement divin de la Révélation, non seulement la morale, mais aussi le droit théorique et pratique.
Nous pensons ici en particulier à ce qu’on appelle le droit naturel, inscrit de la main même du Créateur sur les tables du cœur humain (Rom., II, 14 sq) et que la saine raison peut y lire quand elle n’est pas aveuglée par le péché et la passion.
C’est d’après les commandements de ce droit de nature, que tout droit positif, de quelque législateur qu’il vienne, peut être apprécié dans son contenu moral et, par là même, dans l’autorité qu’il a d’obliger en conscience.
Des lois humaines non fondées sur le droit naturel ne peuvent obliger en conscience
Des lois humaines qui sont en contradiction insoluble avec le droit naturel sont marquées d’un vice originel qu’aucune contrainte, aucun déploiement extérieur de puissance ne peut guérir.
C’est à la lumière de ce principe qu’il faut juger l’axiome :
Le droit, c’est l’utilité du peuple.
On peut, certes, donner à cette proposition un sens correct, si on lui fait dire que ce qui est moralement défendu ne peut jamais servir au véritable bien du peuple.
Cependant, le paganisme ancien reconnaissait déjà que l’axiome, pour être pleinement exact, doit être, en réalité, retourné, et s’exprimer ainsi : "Il est impossible qu’une chose soit utile si elle n’est pas en même temps moralement bonne. Et ce n’est point parce qu’elle est utile qu’elle est moralement bonne, mais parce qu’elle est moralement bonne qu’elle est utile." (Cicéron, De officiis, III, 30.)
Conséquences de l’abandon du droit naturel
Affranchi de cette règle morale, ce principe signifierait, dans la vie internationale, l’état de guerre perpétuel entre les différentes nations.
Dans la vie nationale, il méconnaît, par l’amalgame qu’il fait des considérations de droit et d’utilité, le fait fondamental, que l’homme, en tant que personne, possède des droits qu’il tient de Dieu et qui doivent demeurer vis-à-vis de la collectivité hors de toute atteinte qui tendrait à les nier, à les abolir ou à les négliger.
Les fondements de la société
Mépriser cette vérité, c’est oublier que le véritable bien commun est déterminé et reconnu, en dernière analyse,
- par la nature de l’homme, qui équilibre harmonieusement droits personnels et obligations sociales, et
- par le but de la société, déterminé aussi par cette même nature humaine.
La société est voulue par le Créateur comme le moyen d’amener à leur plein développement les dispositions individuelles et les avantages sociaux que chacun, donnant et recevant tour à tour, doit faire valoir pour son bien et celui des autres.
Quant aux valeurs plus générales et plus hautes, que seule la collectivité, et non plus les individuels isolés, peut réaliser, elles aussi en définitive sont, par le Créateur, voulues pour l’homme, pour son plein épanouissement naturel et surnaturel et l’achèvement de sa perfection.
S’écarter de cet ordre, c’est ébranler les colonnes sur lesquelles repose la société, et donc compromettre la tranquillité, la sécurité et l’existence même de la société.
Ces lois qui persécutent les chrétiens sont opposées au droit naturel
Le croyant a un droit inaliénable à professer sa foi et à la vivre comme elle veut être vécue. Des lois qui étouffent ou rendent difficile la profession et la pratique de cette foi sont en contradiction avec le droit naturel.
Des parents sérieux, conscients de leur devoir d’éducateurs, ont un droit primordial à régler l’éducation des enfants que Dieu leur a donnés, dans l’esprit de leur foi, en accord avec ses principes et ses prescriptions.
Des lois ou d’autres mesures qui éliminent dans les questions scolaires cette libre volonté des parents, fondée sur le Droit Naturel ou qui la rendent inefficace par la menace ou la contrainte, sont en contradiction avec le Droit Naturel et sont foncièrement immorales.
L’Église, à qui revient, de par sa mission, le soin de garder et d’expliquer le droit naturel, divin dans son origine, ne peut s’empêcher de déclarer les toutes récentes inscriptions aux écoles, faites dans l’absence notoire de toute liberté, un résultat de la contrainte, auquel les caractères du droit font totalement défaut.
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