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Ce que celà pourrait donner
par jejomau 2015-05-01 19:28:16
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est décrit aussi par "Nova et Vetera" de la façon suivante :

Cela pourrait donner lieu aux quatre étapes suivantes :

1. « Pleurants » (flentes) — Il s’agit d’abord d’accueillir ou plutôt d’aller chercher[45] tous ceux qui pleurent en dehors de l’Église parce qu’ils s’en croient rejetés, excommuniés. D’établir avec eux un climat de confiance et de bienveillance, d’estime et d’écoute ; de leur laisser exprimer ce qu’ils ont sur le cœur : leurs difficultés, leur révolte, leur propre analyse de la situation ; puis de leur montrer par une reformulation de leurs attentes qu’ils sont entendus. Ce sera le lieu d’une première annonce kérygmatique et d’une invitation à prendre le temps d’écouter eux aussi la réponse du Christ à leurs questions. S’ils veulent alors faire leur chemin en Église, on pourra passer à l’étape suivante, en concluant par une prière liturgique de bénédiction qui leur fera entendre la voix du Père qui pose la main sur eux et reconnaît en eux ses enfants perdus, la voix du Fils qui a livré d’avance sa vie pour eux, la voix de l’Esprit qui parle à leur esprit pour les conduire à travers des voies qu’ils ignorent jusqu’à la vraie vie.

2. « Auditeurs » (audientes) — Dans la deuxième étape, on les invitera à être assidus à l’écoute de la Parole de Dieu, dans le silence de leur méditation personnelle et dans la grande assemblée ; user le seuil de la Maison de Dieu en assistant à la célébration des mystères ; ressaisir dans une catéchèse d’adulte les points qui font difficulté en les replaçant dans un tout selon la connexion des mystères entre eux et la hiérarchie des vérités de la foi ; reprendre conscience du don reçu au baptême et à la confirmation, puis dans le mariage sacramentel ; établir ce qu’ils vivent déjà de l’Évangile ; relire enfin l’action de Dieu dans toute leur vie. Cette étape peut être marquée par la remise liturgique des Écritures, avec le parrainage d’un ou deux membres de la communauté, ou même d’un couple si cela convient.

3. « Appelés » (substrati) — Lorsque la personne est prête, elle peut faire la demande d’entrer officiellement dans l’ordre des pénitents, de préférence par un appel décisif de l’évêque avec imposition liturgique des cendres au début du Carême (in capite jejunii) et inscription du nom sur le registre des pénitents. Cela marque une étape spirituelle importante, celle du cœur qui se déchire pour s’ouvrir à la grâce. Durant le temps qui commence alors, le pénitent est invité à mener une vie de fidélité au devoir d’état et à ses responsabilités selon le programme défini plus haut[46] ; accomplissant en particulier les traditionnelles œuvres de miséricorde chères aux confréries de pénitents, qui pourraient retrouver ici leur origine. Cette pénitence est tout simplement celle du Carême selon ses trois axes (jeûne, prière, partage), ce que tout chrétien devrait toujours faire en temps normal. La pénitence extérieure étant le signe et l’instrument de la pénitence intérieure, qui doit conduire à la contrition, à la reconnaissance devant Dieu de son péché et à la demande insistante de son pardon ; il sera alors nécessaire d’implorer du Seigneur sa lumière sur les multiples pardons à accorder et à recevoir, qui peuvent être enfouis très profondément dans le cœur. Pour accompagner cette étape au plan liturgique, il peut être bon de pratiquer les « cérémonies pénitentielles non sacramentelles » déjà signalées, qui prolongent la liturgie pénitentielle de chaque messe, ou encore l’aveu sans absolution sacramentelle s’il est bien compris, sans oublier le geste si parlant du lavement des pieds, qui n’est pas réservé au Jeudi saint. Dans le parallèle avec l’initiation des catéchumènes, c’est le temps de la purification et de l’illumination avec les « scrutins » : exorcismes, tradition et reddition du Credo, onction de l’huile sainte.

Cela n’aurait aucun sens d’entrer dans un tel « chemin de pénitence » si l’on ne reconnaissait pas humblement son péché avec le désir d’en être purifié, de « s’étendre à même le sol » (substrati) devant le Seigneur pour qu’il vienne lui-même nous relever. De même, il ne serait pas juste d’y mettre un terme par la réconciliation sacramentelle si les conditions n’en étaient pas remplies, donc tant que subsiste le lien qui s’y oppose, que ce soit celui d’un remariage ou de tout autre engagement contraire à l’Évangile. Une telle absolution serait mensongère, et l’on est fondé à croire qu’elle serait invalide. Ce temps est avant tout celui de la libération des chaînes intérieures, ce qui n’est pas à la portée des hommes et que Dieu seul peut accorder en son temps, même si ce n’est peut-être pas pour cette terre. On peut du moins espérer que pour ceux qui en auront pris résolument le chemin, la mort sera leur réconciliation et leur porte du salut, de même que le catéchumène rappelé au Seigneur avant son baptême et dans de bonnes dispositions en recevra alors la grâce sans le signe.

4. « Engagés » (stantes) — Pour certains, le travail de la grâce leur donnera finalement la force de s’engager à rompre définitivement leur lien désordonné d’une manière ou d’une autre, de sorte qu’ils pourront se remettre debout (stantes). Dans le cas des divorcés remariés, cela peut se produire simplement par la mort du conjoint, qu’on ne saurait bien sûr souhaiter. Autrement, en dehors des cas moins rarissimes qu’on ne le croit d’une reprise de la vie commune, la seule solution sera l’engagement à vivre « en frère et sœur ». Il ne s’agit pas simplement de la continence, mais bien de la transformation du regard et de l’acquisition de la pureté intérieure qui permet de redevenir fidèle en vérité à son alliance, fût-ce sur le mode d’une séparation qui a pu s’avérer légitime. Le fait est que seule la grâce donne de comprendre et de vivre ce qui relève déjà de la justice naturelle, dont les hommes ont perdu l’intelligence. Si un tel engagement est donc possible et souhaitable, il reste qu’il doit être longuement mûri et librement choisi, avec la confirmation de l’accompagnateur spirituel. Un premier engagement privé pourra être suivi d’une période de probation au moins jusqu’au Carême, pour permettre la réconciliation solennelle par l’évêque au soir du Jeudi saint, selon un rituel parallèle à celui des néophytes de la Vigile Pascale, dans la pureté des vêtements blancs lavés par le sang de l’Agneau. Ensuite s’ouvre le temps de grâce de la mystagogie et du témoignage



     

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