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la troisieme voie du Synode
par jejomau 2015-05-01 17:13:55
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le dernier article de Sandro Magister porte sur le probleme des "pseudo-divorcés remariés" dont le cas a été soulevé au Synode en 2014. Extrait :

Une impression largement répandue – parfois à dessein – est que la discussion qui précède ce synode se polarise sur deux positions extrêmes : d’un côté, il y a les gens qui voudraient introduire des changements radicaux dans la doctrine et la pratique catholiques en matière de mariage, en consentant à la dissolution du lien et aux remariages ; de l’autre, il y a ceux qui se raidissent et veulent que soient punis d’une excommunication de fait ceux qui violent le dogme de l'indissolubilité.


Le Père Michelet, théologien, propose une troisieme voie à découvrir sur ce lien

Sandro Magister souligne ce qui fait l'essentiel de la démarche :

Ce que propose le père Michelet, c’est de créer un "ordo pænitentium" à l’usage des personnes qui se trouvent dans une situation durable de non-conformité à la loi de Dieu et qui entreprennent une démarche de conversion qui peut s’étaler sur plusieurs années ou même sur toute leur vie, mais toujours dans un contexte ecclésial, liturgique et sacramentel qui accompagne leur "pèlerinage".

Le modèle de cet ordre des pénitents est le sacrement de la pénitence qui existait dans l’Église de l’antiquité, mais qui serait présenté sous une forme renouvelée. Bien qu’étant dans l’impossibilité de recevoir la communion eucharistique, ces pénitents ne se trouveraient plus exclus de la vie sacramentelle parce que, au contraire, cette démarche de conversion qu’ils entreprendraient constituerait en elle-même un sacrement et une source de grâce.


Voilà comment est présenté la chose:

Dans l’"ordo pænitentium" rénové, il s’agirait de revenir au régime antérieur en ce qui concerne la pénitence, qui redeviendrait un préalable à la réconciliation ; ce qui correspond déjà à la pratique et ne devrait donc pas soulever en soi de difficulté majeure.

En revanche, on n’exigerait plus la conversion totale à l’entrée de la pénitence ; elle en serait plutôt le fruit, la mesure de sa durée, et la condition du pardon. Autrement dit, on n’attendrait plus d’être parfaitement converti pour faire pénitence, mais on ferait pénitence jusqu’à être parfaitement converti, en vue d’obtenir cette conversion comme une grâce du sacrement et d’être ainsi rendu prêt à recevoir la réconciliation sacramentelle.

Le régime de cette pénitence préalable à la réconciliation a été fixé par le magistère : on invitera les divorcés remariés (et sans doute tous les pécheurs visés par le canon 915) "à écouter la Parole de Dieu, à assister au sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l’esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d’implorer, jour après jour, la grâce de Dieu" (Familiaris consortio, n° 84). […]

Ce qui manque simplement, c’est de reconnaître que tout ceci correspond à un "ordo", à un régime canonique de la pénitence ; et que cette pénitence est déjà sacramentelle, depuis les actes du pénitent qui en fournissent la matière jusqu’à la parole d’absolution qui en donne la forme pour constituer alors le sacrement proprement dit de la pénitence et de la réconciliation.

On verrait mieux que la pénitence ainsi définie n’est pas détachée du sacrement en tant que simple condition préalable, mais qu’elle en fait partie intégrante, même à distance de plusieurs années de la réconciliation, car elle en constitue non seulement la matière mais aussi un fruit anticipé ; la grâce du sacrement venant prendre et soutenir cette pénitence à la fois extérieure et intérieure pour la transformer ultimement en contrition parfaite.

Ainsi, ces pénitents ne seraient plus considérés comme étant exclus du régime sacramentel : au contraire, ils entreraient, le sachant et le voulant, dans ce grand sacrement de la résurrection qui, peu à peu, fera de ces "morts" des "vivants", pour qu’ils aient la vie en plénitude. […]


Concrètement, comment la chose pourrait-elle se passer sur le plan pratique ? Voilà un extrait de "Nova et Vetera" :

Cette pastorale du cheminement ne peut fonctionner bien sûr qu’avec ceux qui le désirent et qui veulent vraiment progresser dans la vie spirituelle, soit qu’ils ont découvert ou redécouvert le Christ, soit qu’ils n’ont jamais perdu la foi théologale[15]. Une autre condition est que cela se fasse dans un groupe d’accueil qui forme avec eux une petite communauté chrétienne d’insertion dans l’Église. On doit avant tout les écouter, les laisser exprimer librement leur souffrance, leur colère, leurs interrogations. Puis on leur fera prendre conscience qu’ils sont toujours enfants de Dieu, fils et filles du Père des miséricordes, le caractère baptismal ne pouvant jamais être effacé ; qu’ils ont alors la possibilité et la charge d’une vie filiale avec une mission à remplir dans l’Église ; peut-être déjà une certaine pratique de la prière et du service du prochain qu’il faut reconnaître et valoriser à juste titre. Dans un second temps, ils seront conduits à relire le propos du mariage et du ministère matrimonial (parental et conjugal) qui leur a été confié par le Christ, en se demandant comment ils peuvent encore l’exercer à la place qui est la leur. La question de la validité de leur lien sacramentel risquant de se poser régulièrement, il faudra les inviter à faire la vérité à ce sujet ; entamer si besoin est une procédure canonique de reconnaissance de nullité en les aidant à vaincre les appréhensions qu’elle peut susciter. Ils auront aussi à approfondir leur connaissance notionnelle et spirituelle du mystère de l’Eucharistie, de son fruit personnel et ecclésial, la soif de la communion pouvant être une source de progrès remarquable. Enfin, ce chemin passera par des pardons à accorder et à recevoir, et par une préparation lointaine au sacrement de pénitence, incluant l’étude de ses conditions et de ses effets ; mais aussi des gestes symboliques ou liturgiques qui ont une efficacité à ne pas négliger, tel le lavement des pieds que le Seigneur nous a commandé de faire à son exemple (mandatum). Pour certains, un aveu sans absolution peut être parfois envisagé.

L’expérience montre qu’un tel chemin est possible, exigeant mais fructueux, et qu’il peut déboucher sur une réconciliation et une pleine communion sacramentelle, lorsqu’on est parvenu à se situer dans la vérité et la fidélité à son alliance nuptiale indéfectible, fût-ce sur le mode de la séparation si la reprise de la vie commune n’est pas envisageable. On sait que cela passe alors par l’engagement de vivre en « frère et sœur » ou en amis dans le Seigneur. S’il ne faut pas le brandir trop vite devant des couples qui ne sont pas forcément prêts à l’entendre, et que l’on conçoit que cela puisse prendre à rebours l’hédonisme ambiant, il ne faudrait pas non plus le jeter trop facilement aux oubliettes comme étant passé de mode, incongru ou artificiel. Là encore, l’expérience montre que des couples qui veulent avancer sur un chemin de sainteté finissent par le comprendre, le désirer, le pratiquer et même apprécier cette voie d’une belle amitié qui est pour eux le seul moyen de retrouver une paix authentique, durable et profonde, dans la fidélité renouvelée à leur mariage sacramentel et le respect total de l’alliance avec le Christ. Et donc, il est permis de l’espérer et de le proposer en son temps



La vraie difficulté n’est pas la communion eucharistique mais l’absolution, qui suppose le renoncement à son péché. C’est ce qui explique l’impossibilité d’admettre à l’eucharistie pas seulement les divorcés remariés mais « ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste » (CIC, can. 915)



donc, notre réponse pastorale ne devrait pas non plus se focaliser sur leur seul cas — avec le risque de les enfermer dans une catégorie de péché, sans voir qu’ils sont avant tout des baptisés en quête de Dieu —, mais elle devrait être pensée plus largement pour tous ceux qui se trouvent dans la même situation, et que l’on pourrait appeler faute de mieux des « impénitents » ou des « non-sacramentalisables »




     

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 la troisieme voie du Synode par jejomau  (2015-05-01 17:13:55)
      Je ne voudrais pas être méchant par Jean Ferrand  (2015-05-01 18:23:47)
          Ce que celà pourrait donner par jejomau  (2015-05-01 19:28:16)


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