Le monde dit à l'Eglise:"Moi aussi, je M'aime vraiment beaucoup !" par Scrutator Sapientiæ 2015-01-25 18:21:08 |
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Bonjour et bon dimanche, Aigle.
Ce message ne constitue pas à proprement parler une réponse au vôtre, mais c'est bien le vôtre qui me l'a inspiré. Je vous en remercie.
1. Un jour, au plus tard, en 1965, l'Eglise dit au monde contemporain: "J'ai changé : j'ai changé mon regard sur toi, puis mon discours sur toi ; à présent, je t'aime vraiment beaucoup !"
2. Un peu après, au plus tard, en 1968, le monde contemporain répondit à l'Eglise : "Je n'ai pas changé et je ne changerai pas : en effet, par-delà mes contradictions, imperfections, incantations, velléités, globalement, je suis très bien comme çà ; par ailleurs, j'ai une information pour toi, Eglise catholique : MOI AUSSI, JE M'AIME VRAIMENT BEAUCOUP !"
3. En d'autres termes, je suis en train de vous parler d'une histoire d'amour qui ne peut pas "marcher", d'un "grand mariage de l'Eglise avec le monde"
- qui ne peut pas avoir lieu, car nous sommes en présence d'un monde contemporain qui se sait malade, mais qui ne veut pas se soigner, en Jésus-Christ, qui est l'unique remède à la situation morale et spirituelle du monde contemporain, par delà toutes ses divisions,
ou
- qui ne peut avoir lieu que si l'Eglise "dogmatise" le fait de voir le monde contemporain non comme il est, mais comme elle voudrait qu'il soit, id est, meilleur qu'il n'est et qu'il ne sera jamais.
4. Je suis en train de vous parler d'une vision selon laquelle l'Eglise et le monde peuvent avoir des relations "symbiotiques", de fécondation réciproque, alors que cette vision neutralise, à l'intérieur du Corps mystique du Christ, presque toute dynamique ou perspective de critique chrétienne des fondements et principes du monde contemporain, si je puis dire, en tant que monde et en tant que contemporain.
5. Pour aller un peu plus loin, je suis tenté de dire que la maladie morale et spirituelle qui est à l'origine de toutes les autres, au sein des régimes politiques ou des systèmes économiques apparemment les moins éloignés du christianisme, les moins opposés au christianisme, n'est autre que le NARCISSISME.
6. Je ne suis pas absolument persuadé que les clercs acceptent d'appeler cette maladie par son nom, alors que c'est le préalable à tout diagnostic, en amont d'une véritable tentative d'évangélisation.
" Le patient (qui souffre d'un trouble de la personnalité narcissique) présente au moins cinq des symptômes suivants : le sujet
- a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, surestime ses réalisations et ses capacités, s'attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport) ;
- est absorbé par des fantasmes de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d'amour idéal ;
- pense être « spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau ;
- montre un besoin excessif d'être admiré ;
- pense que tout lui est dû : s'attend sans raison à bénéficier d'un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits ;
- exploite l'autre dans les relations interpersonnelles : utilise autrui pour parvenir à ses propres fins (mensonges, chantages, violence verbale, etc.) ;
- manque d'empathie : n'est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d'autrui ;
- envie souvent les autres, et croit que les autres l'envient ;
- fait preuve d'attitudes et de comportements arrogants et hautains."
Bonne fin de journée et à bientôt.
Scrutator.
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