Moi si, par votre message encore plus que par le mien. par Scrutator Sapientiæ 2014-12-23 08:55:40 |
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Rebonjour et merci à Aigle.
Tout parallèle historique comporte des limites, les motivations et les situations ne sont pas comparables, d'un contexte à un autre, et je vous remercie de me l'avoir rappelé, notamment au moyen de vos deux premiers paragraphes.
Il me semble ce qui suit, et c'est votre message, indirectement, qui m'y fait penser.
A Assise, en 1986, on essaie de combattre quelque chose (I), mais on s'y prend d'une manière telle que l'on réussit à renforcer autre chose (II), d'assez voisin.
I. A Assise, en 1986, on essaie de combattre, entre autres,
- l'opinion selon laquelle les religions ou traditions contribuent d'une manière marginale, et non d'une manière essentielle, à la paix, le gros du travail, en matière d'apaisement, au sein des nations comme entre les nations, étant tenu pour être du ressort des autorités politiques et des institutions étatiques sécularisées ;
- l'opinion selon laquelle les religions ou traditions ne sont pas avant tout, voire ne sont pas du tout, des facteurs de paix, ou des vecteurs de paix : pas avant tout des facteurs de paix, entre elles, et pas avant tout des vecteurs de paix, à l'intérieur du genre humain ;
En d'autres termes, on essaie de combattre l'opinion selon laquelle les religions ou traditions, en général, sont à la fois négligeables et malfaisantes, pour construire la paix entre les Etats-nations et / ou entre les êtres humains ; à la limite, le préjugé dominant est le suivant :
- plus les religions ou traditions sont négligées, et moins elles sont nuisibles à la paix ;
- moins les religions ou traditions sont négligées, et plus elles sont nuisibles à la paix.
II. A Assise, en 1986, on réussit à renforcer, entre autres,
- l'opinion selon laquelle les religions ou traditions, en général, sont plus ou moins de même nature,
- l'opinion selon laquelle les religions ou traditions, en général, portent, chacune d'entre elles, une dynamique ou un potentiel de convergence, leurs différences de forme ne manifestant presque pas, ou presque plus, de divergences de fond,
- l'opinion selon laquelle le croire-ensemblisme devrait pouvoir être mis au service du vivre-ensemblisme,
- l'opinion selon laquelle aucune religion, de par son contenu, n'est plus particulièrement propice à la paix, et celle selon laquelle aucune religion, de par son contenu, n'est plus plus particulièrement nuisible à la paix.
C'est pour cela que je dis que c'est le souverain poncif, "médiatiquement correct", et non le Souverain pontife, qui a été la véritable puissance invitante, à Assise, et c'est en ce sens que je parle d'un Munich (inter)religieux.
Vraiment merci pour vos réponses à mes messages, qui m'aident à prendre conscience des limites des miens ; que voulez-vous, cette question me passionne, elle est pour moi, d'une extrême gravité, car
- à Assise, on a voulu "la paix", d'une manière explicite, dans et pour le monde entier, au moyen des religions et traditions, également subordonnées à une même indifférenciation téléologique,
- un peu avant et surtout après Assise, on a permis "la guerre", qui se déroule d'une manière implicite, au sein même de l'Eglise, contre la vérité première selon laquelle la religion chrétienne est LA religion du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit.
Sans doute mon propos est-il trop schématique ; je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.
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