Non, pas de moindre mal par Lycobates 2014-09-06 23:31:01 |
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Non, le mensonge (parler contre sa pensée: mendacium est locutio contra mentem) est toujours un mal (intrinsece malum) et il n'est jamais permis de faire un mal pour procurer le bien ou pour éviter un mal majeur.
Evidemment, il existe parvitas materiae (légèreté de la matière), le cas échéant, et alors le mensonge restera un péché véniel. Mais il reste un péché.
Notamment s'il s'agit d'un mensonge "pour rire" ou s'il s'agit d'un mensonge (que les moralistes appellent "officiosum") : un mensonge d'utilité, pour éviter un désagrément, il sera véniel. Mais il peut devenir mortel à cause du scandale donné ou à cause du détriment réel causé au prochain.
Un mensonge directement proféré pour causer un détriment au prochain sera toujours mortel, sauf peut-être s'il y a parvitas materiae.
Vous lirez ces distinctions dans les moralistes, Saint-Alphonse p.ex. et pour une conscience bien informée, cela va de soi.
Dans votre exemple il vous faudrait dire aux persécuteurs de ne pas pouvoir leur répondre; de toute façon ceux qui poursuivent un prêtre visiteront votre maison, pour voir si vous avez dit vrai, quelle que soit la réponse que vous donnez. Vous ne gagneriez rien en mentant, en général.
Mais il est clair que non est licitum mendacium dicere, ad hoc quod aliquis alium a quocumque periculo liberet, il n'est pas permis de mentir pour libérer quelqu'un de quelque péril que ce soit.
(Saint Thomas, S.Th. II-IIae q. 110, lire surtout l'article 3 et 4, et sur ce point, on peut souligner le consensus Patrum).
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