Pie XI dans son encyclique Mit Brennender Sorge (14 mars 1937) disait:
Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine − toutes choses qui tiennent dans l’ordre terrestre une place nécessaire et honorable,− quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi.
Donc, oui, la Nation peut être un objet idolâtre. Ce n'est pas une nouveauté.
Hitler avait les mêmes racines que les communistes à savoir la Révolution dont il se revendiquait. Or, le culte de la Nation avait provoqué les pires atrocités de l'époque: parricide, justice d'exception, génocide, guerre continentale. La nuance entre les nazis et les communistes était que les premiers étaient nationalistes et racistes (donc plus odieux), les seconds internationalistes (donc plus retors).
D'un point de vue pastoral, affronter le nazisme, c'est véritablement faire face à un néo-paganisme fils du culte républicain de la déesse Raison. Seule une guerre d'anéantissement en est venu à bout. (D'où mon admiration, non pas tant pour le tyran Staline mais pour le courage impitoyable des pauvres soldats de l'Armée Rouge!)
Le communisme s'apparente beaucoup plus à une hérésie. On peut discuter un peu, même collaborer parfois, mais jusqu'à un certain point. Professionnellement, je travaille avec des gens qui ont ces idées. Ce sont des personnes généreuses et moralement irréprochables, et qui ont parfois souffert. Je me réunit avec eux régulièrement du même côté de la table pour défendre les intérêts collectifs des collègues.
Pour donner une idée, c'est un peu comme si des prêtres traditionalistes et des pasteurs évangéliques se retrouvaient à manifester contre l'IVG ou pour la défense du mariage.
D'où ma préférence (syndicalo-gaulliste) de Staline plutôt qu'Hitler s'il fallait choisir entre la peste (mortelle) et le choléra (ça peut se soigner). Pie XII fut très satisfait du départ définitif des fascistes et des nazis hors de Rome et d'Italie. Il apprit, ensuite, à contenir les communistes par la démocratie chrétienne.