La mode se démode ... par Lycobates 2014-06-25 00:14:41 |
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le style jamais.
On s'écarte un peu du thème de ce fil.
Je crois que mes messages ici ne laissent pas de doute sur ce que je considère essentiel et ce que je considère accessoire, en liturgie et ailleurs.
Mais oui, vous avez raison, je suis en principe un laudator temporis acti. Je crois que ce n'est pas malsain. Cela ralentit, mais n'exclut pas toute évolution, et, plus important, cela évite l'intempestivité (si ce mot existe), l'irréflection.
Caton le Censeur apprit le grec quand il était devenu vieux, lui qui avait détesté les Grecs toute sa vie, et ce fut son petit-fils dont le poète (remarquable mais méconnu, on ne le lit pas à l'école et on l'étudie peu) Lucain disait:
Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni.
Un vers superbe.
Quand je grandissais, à peu près à la même époque que vous, il était encore normal (cela dépendait un peu du milieu, c'est vrai) qu'on s'habillât différemment - parfois en se changeant plusieurs fois en cours de journée - selon les occasions, et que chaque occasion, formelle-informelle, officielle-privée (les deux pairs ne se recoupant pas exactement) connaissait son "règlement" quant à la tenue souhaitée ou exigée. Je ne vous apprends rien.
Les Romains et les Grecs ne connaissaient pas nos accessoires, sûr, mais ils en connaissaient d'autres. Le chancelier Bismarck (dont je ne suis pas un admirateur) mettait l'uniforme (qu'il n'aimait pas outre-mesure) dès le petit-déjeuner, pour éviter de devoir se changer deux ou trois fois avant le coucher. Car l'uniforme militaire, cela valait pour (presque) tout. J'en ai porté aussi, mais j'ai épaissi depuis.
Oui, aujourd'hui on ne le fait plus de façon stricte, comme il y a encore quelques années, mais une tenue de ville pour moi reste une tenue de ville, même simplifiée (le chapeau reste à la maison), une tenue de soirée (devenue rare) une tenue de soirée, la tenue pour une garden party en campagne est différente, et quand on fait du sport ou on va à la chasse (je préfère laisser ce boulot à mon cousin) c'est encore autre chose. Quand je vois des jeunes gens en T-shirt à l'opéra ("des sous-vêtements" dirait ma mère), plus chez nous hélas que dans vos pays romans, héritiers encore d'une certaine élégance, je suis attristé.
Ce n'est pas le manque de formalisme en soi qui me choque, mais l'informité qui l'accompagne souvent.
On peut utiliser des chaussures bon-marchés et usés, c'est honorable, mais il n'y a aucune raison pour ne pas les soigner en les cirant régulièrement.
Quant à la liturgie: revenons à nos moutons, je vous suis volontiers pour les tenues non strictement liturgiques, d'autant plus que la cour pontificale ... euh, enfin, passons.
Pour la liturgie au sens strict, je crois que si nous voulons la sauver dans cette époque chaotique, il faut s'en tenir au Nil innovetur le plus strict en suivant l'édition typique de 1920 et le cérémonial qui va avec. Nous n'avons pas la même opinion sur le défaut d'autorité qui existe en ce moment, mais je crois que vous seriez d'accord sur ce point.
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