[réponse] par Yves Daoudal 2014-05-03 16:09:48 |
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Vous me faites rougir... Je ne suis pas "réellement compétent". Je suis seulement un amateur qui a acquis quelques connaissances fragmentaires sur la question. Et vous avez très bien répondu.
C'est en effet la néo-"Vulgate" qui n'est utilisée par personne ou presque. Alors que la vraie Vulgate est utilisée par tous ceux qui célèbrent la liturgie traditionnelle. Le motu proprio Summorum Pontificum a eu cet effet très peu remarqué qu'en proclamant la pleine légitimité de la messe de saint Pie V il proclamait en même temps la pleine légitimité de la Vulgate, malgré l'édition officielle de la néo-"Vulgate".
Laquelle n'est plus la Vulgate, parce que, comme vous le dîtes, elle donne un texte "corrigé" selon le texte massorétique qui lui est postérieur de quatre ou cinq siècles, ce qui est totalement illégitime.
Ainsi la "révision" de 1979 n'est pas du tout "une révision parmi beaucoup d'autres". Non seulement il n'y en a pas eu "beaucoup d'autres", mais le seul texte officiel de la Vulgate est celui de la Vulgate dite "sixto-clémentine", édition critique réalisée sur demande du concile de Trente.
Il n'y a pas eu d'autre version jusqu'à la Vulgate de Stuttgart, première édition 1969, 5e édition 2007. Cette Vulgate de Stuttgart est fort intéressante, d'abord en ce qu'elle authentifie scientifiquement la Vulgate sixto-clémentine. En effet, les différences sont minimes, et souvent forcées. Ainsi, lorsque la moitié des manuscrits de référence disent A, et que l'autre moitié dit B, si la Vulgate sixto-clémentine dit A, vous pouvez être sûr que la Vulgate de Stuttgart va dire B. C'en est parfois puéril, mais il faut bien justifier le travail fourni, qui est réellement considérable. Quoi qu'il en soit, il en ressort qu'on ne peut qu'être profondément admiratif des gens qui ont mis au point le texte de la Vulgate sixto-clémentine, et qui, au XVIe siècle, sans ordinateur et même sans photocopieuse, ont réalisé une véritable édition critique qui tient toujours la route jusque dans la plupart des détails.
A propos de "conturbas me".
D'abord il s'agit du psaume 41 et non du psaume 42. Il n'y a aucune raison de prendre la numérotation massorétique qui n'est ni celle des pères de l'Eglise, ni celle de la liturgie traditionnelle, ni même celle de la néo-liturgie !
Ensuite il ne s'agit certainement pas d'une "erreur". Car il s'agit d'une traduction littérale du texte grec de la Septante. Et, lorsque saint Jérôme a proposé sa propre traduction du texte hébreu, il a écrit: "conturbas me"... Il n'y a pas davantage raison de faire confiance au texte massorétique qu'à la numérotation massorétique: nous avons d'un côté deux traductions, en grec et en latin, de textes hébreux, par des rabbins du IIe siècle avant Jésus-Christ, et par un père et docteur de l'Eglise latine du début du Ve siècle; et de l'autre côté une traduction calquée sur la Bible revisitée par des rabbins du IXe siècle après Jésus-Christ. Comme dit l'autre, y a pas photo.
En outre, alors que le verset traditionnel est d’un parfait équilibre rythmique et d’une parfaite euphonie :
Quare tristis es, ánima mea ? * Et quare contúrbas me ?
Quare tristis es, ánima mea, * et quare conturbáris in me ?
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