J'avoue partager les inquiétudes d'Aigle par Meneau 2014-02-11 14:16:10 |
|
Imprimer |
Sans vouloir absolument déprécier votre profession, à laquelle vous apportez sûrement vos valeurs chrétiennes, et sans nier d'autre part qu'il puisse y avoir à apprendre du monde de l'entreprise en termes de management, j'avoue partager les inquiétudes d'Aigle, et ce pour plusieurs raisons :
1 - je doute qu'on puisse "manager" l'Eglise comme on manage une entreprise,
1a - d'abord parce que la fin de l'Eglise est surnaturelle, et parce que les notions managériales en entreprise font souvent appel à des notions comme le client, le fournisseur, le processus, le résultat. Or quel "résultat" doit atteindre l'Eglise : procurer à ses clients / salariés le salut éternel.
1b - ensuite parce que l'Eglise est d'institution divine et qu'on ne peut donc pas tout y changer comme dans une entreprise
2 - les cabinets de conseil choisis sauront-ils respecter les valeurs morales catholiques ? Pour avoir eu l'occasion de participer à pas mal de formations (management, communication, etc) ou groupes de travail transversaux issus de conseils de ce type de cabinets, force est de constater que les valeurs chrétiennes sont souvent battues en brèche, (quelle est la "fin" d'une entreprise ? Non ce n'est pas uniquement le profit !) quand on ne tombe pas dans des techniques où il y aurait beaucoup à redire comme la PNL ou l'analyse transactionnelle, ou quand on ne fait pas appel à des mentors pour le moins discutables (en vrac, Taylor, Maslow, Porter. Je souviens à ce sujet d'une discussion assez intéressante avec un formateur sur la notion de "vérité objective"...
Bref, si l'on parle de l'"entreprise" Eglise catholique au sens où elle gère une banque, et où elle manage des salariés ou assimilés, et met en oeuvre des processus (formation, production de biens matériels, etc), alors oui ces cabinets de conseil ont probablement quelque chose à apporter. Mais si l'on parle de l'Eglise, société parfaite instituée par Dieu pour nous procurer le salut éternel, alors j'ai des craintes quant à ce que peuvent faire lesdits cabinets, dont la "doctrine" est pétrie de relativisme moral, de confusion entre technique et morale, et d'asservissement à des critères de réussites éminemment matériels.
Enfin pour terminer, on ne peut que constater aussi que ces cabinets de conseil ont parfois contribué à la mort de certaines entreprises, en faisant le forcing sur l'organisation processus (au travers d'un reengineering forcé et forcené), au détriment de la réalité humaine qui est que les salariés doivent sentir qu'ils appartiennent à une entreprise qui leur procure un juste salaire leur permettant de nourrir leur famille.
Ce sont sûrement de mauvais cabinets de conseil que je viens de décrire là, et le vôtre est assurément meilleur et plus moral ! Néanmoins ceux à qui le pape François fait appel, de par leur taille et leur notoriété, m'inspirent des craintes.
Cordialement
Meneau
PS : vous accusez Aigle de mélanger audit et conseil, mais KPMG fait bien les deux. McKinsey quant à lui fait effectivement plus du conseil que de l'audit, et Ernst & Young plutôt du fiscal. Bref, il y a bien mélange. Reste à voir à qui l'on confie quoi !
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|