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Plutôt un dispositif fondamental, ou plutôt une dynamique évolutive ?
par Scrutator Sapientiæ 2014-02-05 07:40:51
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Bonjour et merci, Abbé Néri.

S'agit-il de défendre

- plutôt un dispositif fondamental, y compris d'une manière telle et sur des matières telles que l'on se fait alors traiter de conservateur nostalgique ou réactionnaire, voire d'ennemi ou d'opposant aux droits de l'homme, par les membres de la classe maçonnico-médiatique ou de la classe maçonnico-politique, parce que l'on a le malheur de subordonner les droits de l'homme à la loi naturelle,

ou

- plutôt une dynamique évolutive, y compris d'une manière telle et sur des matières telles que l'on se condamne alors à agir dans le sens de "l'accompagnement humanisateur", ou dans le sens du "ni pour, ni contre, au contraire", y compris vis-à-vis de droits de l'homme qui découlent d'une vision de l'homme et approuvent des actions de l'homme manifestement incompatibles avec l'anthropologie chrétienne ?

Dans le cas, notamment, de Jean-Paul II et de Benoît XVI, la réponse à cette question est bien connue, et dans le cas de bon nombre de clercs, la réponse est tout aussi bien connue, mais ce n'est pas vraiment ou pas du tout la même...

Dans le meilleur des cas, quand les hommes d'Eglise parlent des droits de l'homme, oh pardon, des Droits de l'Homme, ils ne pensent pas du tout à la même chose, sur certains sujets ou thèmes, que "les inducteurs d'"évolution" des mentalités" qui s'activent ou s'agitent au sein ou autour de l'Etat et des médias ; certains hommes d'Eglise en ont bien conscience, et le précisent ou le rappellent, mais pas d'autres, et c'est bien là une partie du problème.

Comme je l'ai déjà écrit, qu'arrivera-t-il le jour où, à cause de cette dynamique évolutive, l'avortement et l'euthanasie, oh pardon, le droit de disposer de son corps dans la liberté et le droit de disposer de sa mort dans la dignité, feront partie des droits de l'homme ?

A qui donc réussira-t-on alors à faire comprendre que ces prétendus droits de l'homme, ceux-là, en tout cas, sont mensongers, car opposés aux fondements (ante-modernes ou anti-modernes ?) des droits de l'homme, et que seuls les droits de l'homme conformes et fidèles à ces fondements (dont la radicalité et la spécificité sont promues par qui, précisément ?) font partie des véritables droits de l'homme ?

Ma question est celle d'un tocquevillien ; la civilisation des droits de l'homme, je ne la diabolise pas, mais je ne l'idéalise pas non plus, mais j'en mesure toute l'ambivalence dysfonctionnelle, et surtout, je ne vois que trop dans quelle mesure cette civilisation porte en elle des potentialités ou des réalisations juridico-politiques, au sens large, opposées à la civilisation de l'Amour, ou plutôt à la civilisation du véritable Amour, laquelle est indissociable de l'ouverture des coeurs et des moeurs sur la véritable Lumière.

Je vous rappelle cette précision tout à fait étonnante, dans le chapitre IV de la deuxième partie de Gaudium et Spes :

" 3. De toute évidence, la communauté politique et l’autorité publique trouvent donc leur fondement dans la nature humaine et relèvent par là d’un ordre fixé par Dieu, encore que la détermination des régimes politiques, comme la désignation des dirigeants, soient laissées à la libre volonté des citoyens.

4. Il s’ensuit également que l’exercice de l’autorité politique, soit à l’intérieur de la communauté comme telle, soit dans les organismes qui représentent l’État, doit toujours se déployer dans les limites de l’ordre moral, en vue du bien commun (mais conçu d’une manière dynamique), conformément à un ordre juridique légitimement établi ou à établir. Alors les citoyens sont en conscience tenus à l’obéissance. D’où, assurément, la responsabilité, la dignité et l’importance du rôle de ceux qui gouvernent. "

Qu'est-ce que l'on dit, et surtout qu'est ce que l'on fait, quand le "bien commun", "conçu d'une manière dynamique", évolue, dans le cadre et au moyen des droits de l'homme, non conformément, mais contrairement à la double exigence chrétienne de respect de "la nature humaine" et de respect de "l'ordre voulu par Dieu" ?

Quant aux "limites de l'ordre moral", je ne suis pas sûr que cette référence soit suffisante, pour rappeler à nos contemporains, y compris catholiques, que les véritables droits de l'homme sont subordonnés à la loi naturelle, non d'une manière arbitraire, mais d'une manière intrinsèque, d'autant plus que les limites de l'ordre moral se sont quelque peu déplacées, compte tenu de l'hégémonie contemporaine de ce que certains appellent "la moraline".

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.

     

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 La défense des droits de l'homme par Abbé Néri  (2014-02-04 21:32:14)
      Plus lisible par Meneau  (2014-02-05 01:03:01)
      Plutôt un dispositif fondamental, ou plutôt une dynamique évolutive ? par Scrutator Sapientiæ  (2014-02-05 07:40:51)
          Mais si par Jean Ferrand  (2014-02-05 09:09:56)
              Les D H S D véhiculent une conception biaisée de la personne humaine. par Scrutator Sapientiæ  (2014-02-06 23:50:55)
                  Merci pour votre réflexion par Jean Ferrand  (2014-02-08 10:02:54)
                      Peut-être êtes-vous confronté à ce type de "dialectique" ? par Scrutator Sapientiæ  (2014-02-08 23:30:08)
                          Vous décrivez bien par Jean Ferrand  (2014-02-09 09:49:15)


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