s'agit-il de cela ? par Luc Perrin 2013-10-06 15:29:04 |
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"Si l'Église conciliaire se doit de « confesser » les « péchés » des catholiques pour asseoir sa légitimité, comment l'Église catholique pourrait-elle pour sa part béatifier l'Église conciliaire?
Abbé Michel Simoulin, in Fideliter n° 136 de juillet-août 2000"
En d'autres termes, pourquoi faudrait-il à Fideliter et à la F.S.S.P.X - et ailleurs - tomber dans le joli piège de l'interprétation de cette béatification/canonisation, piège bien mis en scène par feu G. Alberigo ?
A-t-on symétriquement béatifié l'Église du Syllabus en 2000 en mettant le Bienheureux Pie IX sur les autels ?
Les vertus personnelles sont en cause et c'est bien ce qui gêne, ce qui me gêne, en dehors des martyrs, dans ces canonisations de papes à tout va. Gardons nous de leur conférer une valeur qu'elles n'ont pas : d'en faire une super-infaillibilité attribuée à chacun de leurs gestes et de leurs actes.
ps. réduire le pontificat de Jean XXIII (1958-1963) à deux textes et encore le dernier est-il sorti quelques semaines avant la mort du pape, très atteint par la maladie, me semble un peu léger M. l'abbé.
Au demeurant, il faut lire la Gaudet Mater Ecclesia dans sa totalité, c'est une auberge espagnole et on y trouve tout et son contraire, y compris un éloge de Trente et Vatican I (!!!) dont la précision est donnée en modèle à ... Vatican II.
Il est cependant exact que l'optimisme qui s'y exprime notamment à la fin est au choix complètement délirant ou "surnaturel". Quelques semaines après la crise des fusées de Cuba où le monde a été à un cheveu d'une 3è guerre mondiale nucléaire ...
Ce n'est pas sans inquiétude qu'on retrouve le même optimisme échevelé dans des phrases récentes du pape François.
Toutefois on ne saurait oublier que le pontificat de Jean XXIII, c'est aussi : l'encyclique sur le sacerdoce de 1959, ultra-traditionnelle et qui devrait être commentée dans les séminaires, l'arrêt total des prêtres ouvriers, la relance du latin Veterum sapientia (1962), saint Joseph au Canon (1962), une plus grande rigueur formelle dans la liturgie pontificale, le synode archi-tridentin du diocèse de Rome de 1960, une mise en garde sur Teilhard de Chardin (1962), la tentative en 1962 de contrer les tendances les plus "progressistes" du mouvement liturgique (mise de côté de Bugnini, nomination du cardinal Larraona futur membre du Coetus), l'encyclique Mater et Magistra dans la pure ligne de la doctrine sociale de l'Église ... sans oublier les schémas préparatoires à Vatican II tant prisés par la Minorité conciliaire et que le "bon pape Jean" trouvaient fort bons !
Incidemment, si les relations avec Mgr Lefebvre étaient parfois à fleuret moucheté, le pape Jean a donné son accord à sa postulation comme Supérieur général des Spiritains alors qu'au départ ce choix n'était pas prisé à Rome.
Le dossier "pontificat de Jean XXIII" - qui est distinct de la béatification - ne se résume pas à la vision développée par "l'École" de Bologne et en particulier par G. Alberigo. J'ai toujours contesté, et je ne suis pas le seul tant s'en faut, l'idée d'une "révolution Jean XXIII".
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