encore merci par Lycobates 2013-09-13 01:12:23 |
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cher M. Daly, pour vos précisions utiles sur le cistercien Carolus Morotius, que je ne connaissais pas, et Jean de Salisbury, dont je connaissais bien le nom (Eduard Norden en parle), mais que je n'ai pas lu.
Je vais m'en informer davantage!
Le Carmen saeculare du grand pape Léon que vous citez dans un message plus bas je l'ai découvert par hasard à 16 ans, bouche bée, dans une vieille anthologie de poèmes latins pour écoles, et depuis je n'ai cessé de chercher ce que je pouvais trouver sur ses poésies, telles d'un Horace chrétien. La belle edition de Bach que vous avez vu citée dans cet hommage pour le centenaire du décès reprend tout, éditée en 1903.
Il faut se rendre compte que le pape fut nonagénaire quand il composa cette ode. C'est extraordinaire. On ne peut qu'espérer que, si Dieu nous prête une si longue vie, nos capacités intellectuelles (latinistes et autres) se maintiennent à une comparable hauteur, ceteris paribus. Ce serait une grande grâce.
Oui, s'il est vrai que César et Cicéron sont présentés comme les maîtres de la prose classique, et cela à raison, il n'y a pas de siècle après eux sans montrer l'un ou l'autre exemple d'un latin exquis qui s'est inspiré de la aurea Latinitas, même au milieu des pires circonstances culturelles ou autres. Cela vaut même aujourd'hui, mais il faut un peu chercher pour le découvrir, et comme vous je ne suis pas très optimiste pour le futur. Mais gardons ouvertes nos petites oasis dans lesquelles on voit arriver de temps en temps, non plus des caravanes, mais l'un ou l'autre cavalier solitaire assoiffé. Bonum diffusivum sui, et l'internet aidant, on peut encore faire beaucoup.
Pour le XIXe siècle la prose de Léon XIII, surtout ses encycliques que, noctambule, il dictait en latin, est certes d'une qualité exceptionnelle et elle prendra et gardera sa place parmi les excelsae Latinitatis testimonia. Après lui il n'y a que quelques textes du pape Pie XI (et l'on peut y discerner sans peine la main de Mgr. Bacci), et l'un ou l'autre du pape Pie XII qui atteignent ce niveau. Mais ces papes n'ont pas donné eux mêmes la dernière forme latine à leurs textes, pas comme Léon XIII et autres papes avant lui.
Dans son Antibarbarus der lateinischen Sprache, un ouvrage largement honni et oublié par les modernistes que comptent aussi les philologues (ils le considèrent trop normatif), l'auteur Johann Philipp Krebs (1771-1850) donne une introduction historique très intéressante de 16 pages, revue et annotée dans les éditions récentes par Joseph Hermann Schmalz (la dernière de 1905, encore réimprimée en 1984), où sont traités les prosateurs latins de toute époque, décrits leurs vertus et leurs torts, suivie de quelques conseils sur la reine Latinität, en vue de l'imitation par les élèves au collège et les étudiants à la faculté. On peut être ou ne pas être d'accord avec toutes ces estimations, mais ce petit essai mérite d'être plus connu.
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