oui je suis d'accord avec votre hypothèse par Luc Perrin 2013-07-08 00:11:30 |
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et d'ailleurs Levillain le dit à demi mot.
L'affaire du "santo subito" n'est pas le coeur mais un symptôme, je crois que M. Parfu a mal compris ce point. Levillain a raison de dire que Benoît XVI s'est laissé entraîner et si les vertus de Jean-Paul II sont évidentes, si son courage est admirable et digne de tout éloge, si sa tentative d'une herméneutique de continuité pour Vatican II - dans les grandes lignes car il a aussi participé à des dérives - est louable de même, les failles du pontificat sont aussi présentes : en particulier les dernières années et le cas Maciel est le plus criant.
Je l'ai dit d'emblée, le pontificat de Benoît XVI est un échec dont le pape porte une part de la responsabilité. En optant pour un consensus mou et un tempo escargotique, il s'est lui-même coupé sinon les mains du moins plusieurs doigts. Difficile ensuite de tenir le gouvernail d'une main ferme dans les bourrasques devenues tempêtes via les media et l'instantanéité d'internet.
Comme l'écrit Scrutator : "Je suis convaincu que globalement, le "recentrage ratzingérien" n'est ni connu, ni compris, ni, surtout, AIME, à sa juste valeur, comme il devrait pouvoir l'être, au sein et autour du Saint Siège ; je pense que c'est cela, au moins autant que le reste, "le fond du problème".
Ce recentrage n'est pas original au demeurant : Paul VI et Jean-Paul II l'avait pratiqué. Benoît XVI a peut-être sous-estimé la puissance des lobbies néo-libéraux et néo-modernistes et survalorisé le renouveau fragile en Occident de la "génération Jean-Paul II". Bizarrement il a peu fait appel à l'Afrique où pourtant des réserves de forces vives très wojtyliennes existent ... avec certaines faiblesses que je n'ignore pas.
Je reste stupéfait que le Pontife ait renoncé à toute réforme liturgique, capitulé très tôt avec le "renvoi" de Mgr Ranjith et capitulé complètement en 2012 avec la nomination de Mgr Roche et l'abandon de la réconciliation pourtant si proche avec Mgr Fellay.
Étant foncièrement collégialiste, répugnant à une action d'autorité, le pape qui a renoncé en février 2013, avait peu à peu renoncé sans le dire à la plupart des éléments de la synthèse ratzinguérienne : renoncement en liturgie, sauf le 7/7/7, renoncement avec la FSSPX, renoncement sur l'année du sacerdoce, renoncement à réformer l'épiscopat en profondeur et même simplement le Sacré Collège, renoncement à gouverner la Curie en laissant carte blanche à un cardinal Bertone très controversé sauf en matière de promotion de salésiens, renoncement rapide à mettre en oeuvre Dominus Iesus, renoncement à la discipline des religieuses américaines ...
Les "choix" si bizarres de mai-juin 2012 en matière de nomination et la volte-face sur le dernier grand dossier qui pouvait aboutir nourrissent l'interprétation de Ph. Levillain et je suis prêt à le suivre sur ce point.
A cet égard cette impuissance à gouverner tient bien aussi aux faiblesses du pontificat wojtylien dont J. Ratzinger fut un acteur majeur et l'héritier.
Ma principale inquiétude lors de son élection en 2005 était chrono-biologique : le pape Benoît XVI que j'imaginais plus résolu aurait-il le temps nécessaire pour accentuer l'orientation antérieure afin d'en tirer plus de fruits ? Un pontificat court et impotent ne risquait-il pas de favoriser la tendance "martinienne" (qui a les faveurs de beaucoup en Occident et spécialement en Europe de l'Ouest) qui aurait les mains libres ensuite ?
C'est bien hélas ce scénario-catastrophe qui s'est peu à peu dessiné.
Espérons que le pape François saura déjouer ce piège et repousser les sirènes néo-libérales mortifères pour l'Église, contrairement à ce que pense le professeur Levillain.
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