Nous sommes passés d'un matérialisme à un autre. par Scrutator Sapientiæ 2013-04-28 08:56:25 |
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Bonjour, bon dimanche et merci à Romanus.
I.
1. Je suis d'accord avec le premier paragraphe du texte que vous citez ; les causes de l'effondrement du communisme soviétique sont multiples : idéologiques, géopolitiques, axiologiques, psychologiques, technologiques, mais c'est aussi voire surtout pour des raisons d'ordre économique et financier que les dirigeants soviétiques ont pris acte du fait qu'il fallait que presque tout change, en apparence, pour que presque rien ne change, en réalité.
2. La disparition du capitalisme d'Etat militarisé, l'apparition du capitalisme de Marché financiarisé étaient la condition sine qua non pour que les apparatchiki acquièrent une sorte de virginité, fassent oublier le sang qu'ils avaient sur les mains, et se recyclent, se transforment, en oligarques.
3. Je vous renvoie, comme je l'ai déjà fait, sur le FC, au livre de Thierry WOLTON, "Le KGB au pouvoir - le système POUTINE", paru aux éditions Gallimard, dans la collection Folio, en format de poche.
II.
4. Ce n'est pas parce que l'on est libéré d'un système de contrainte, de mensonge, de violence, en particulier, que l'on est libéré "une fois pour toutes", de tout système de ce type, en général, et que l'on accède pour autant, même si on le mérite, compte tenu des sacrifices auxquels on a consenti pour sa liberté, à un système pleinement, définitivement et intégralement porteur de vérité, de charité, de justice et de liberté, dans le respect du bien commun et de la loi naturelle.
5. Les pays de l'Est et la Russie ont été ou se sont libérés du communisme soviétique, bien plus malgré les démocraties libérales européennes occidentales que grâce à elles, selon Jean-François REVEL, puis sont passés du système de contrainte soviétique au système de contrainte atlantique, à l'exception, à peu de choses près, de la Russie elle-même.
6. Le stratagème et le subterfuge ont consisté à faire croire que ce deuxième système de contrainte n'en était pas un, non seulement en valeur relative, comparativement au communisme soviétique, mais aussi en valeur absolue.
Cela nous renvoie à la croyance collective en la supériorité axiologique absolue, auto-attribuée et auto-proclamée, de la démocratie libérale, comme si des catégories mentales et des institutions sociales officiellement démocratiques garantissaient à coup sûr un mode de raisonnement et de fonctionnement effectivement démocratique, effectivement respectueux des aspirations fondamentales à la vérité, à la charité, à la justice, à la liberté, à la mise en oeuvre et à la prise en compte du bien commun et de la loi naturelle.
III.
7. Je m'y connais suffisamment en histoire des idées et des faits politiques, et vous aussi sans doute, pour pouvoir dire,
- d'une part, que "la droite", notamment en France, cela n'existe pas : il faudrait dire "les droites", de même qu'il faudrait dire "les gauches" ;
- d'autre part, que l'Etat moderne, par intérêt et dans l'intérêt de ceux qui le dirigent, est presque toujours amoral ; je n'ai pas dit immoral, j'ai dit amoral.
8. Quand l'Etat moderne encourage, en apparence, le "bien" contre le "mal", c'est rarement d'une manière convaincue et désintéressée, ou, si vous préférez, c'est fréquemment d'une manière calculée et très intéressée.
9. C'est un problème que nous connaissons, en Europe occidentale, sinon depuis le début du XIII° siècle, du moins, certainement, depuis le début du XVI° siècle : l'Etat moderne est amoral, en ce qu'il sert des logiques qui l'amènent, le contraignent, l'obligent, à manipuler et à récupérer jusqu'aux attitudes les plus courageuses et généreuses, jusqu'aux intentions les plus élevées, dès lors qu'elles sont susceptibles de le servir, à un endroit ou à un moment donnés.
Mon approche n'est ni conspirationniste, ni diabolisatrice, je le précise au cas où vous vous poseriez la question ; mon approche est ou se veut à la fois analytique et panoramique, et elle repose davantage sur un souci d'investigation en vue d'une élucidation que sur un désir d'incrimination au moyen d'une affabulation.
Disons que je connais la Doctrine sociale de l'Eglise, mais que je connais aussi, entre autres auteurs, Machiavel et Hobbes...
Je vous remercie pour toute remarque ou suggestion, au contact de ce message, le moins imparfait, imprécis, incomplet possible, et je vous souhaite un bon dimanche.
Scrutator.
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