Que reste-t-il du combat de Walesa? Rien! par Romanus 2013-04-28 00:17:31 |
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à méditer par nos amis veilleurs et par ceux qui nous prétendent que le combat ne fait que commencer...sans même savoir où ils vont.
"Il demeure qu’un ensemble de facteurs concordants et favorables a permis à la Pologne de devenir, durant la décennie des années quatre-vingts, une sorte de phare pour le monde, propulsant à la tête d’un syndicat libre un ouvrier sympathique, talentueux, catholique fervent. Toutefois, rien n’eût été définitivement acquis sans une crise du communisme en Russie même. Mais c’est aussi, finalement, ce qui arriva.
On a coutume de dire en effet que Jean Paul II fut le fossoyeur du communisme. Toute révérence gardée, je n’en crois rien. Il semble plutôt que le communisme fut victime de ses propres aberrations, notamment dans le domaine économique, qui finirent par épuiser jusqu’à cet empire russe gavé de richesses naturelles et démographiques.
Toujours est il que le mur de Berlin se brisa, et la Pologne recouvra, avec les autres peuples européens asservis, sa liberté. A cette nouvelle Pologne libérée, il fallait bien sûr un nouveau chef et, en principe, le choix n’était pas difficile. Lech Walesa était devenu, par son courage, par ses vertus, peut-être l’homme politique le plus illustre de son temps. Et pourtant, son élection à la présidence de la république fut sévèrement concurrencée par un homme d’affaire américano-polonais, jusqu’alors parfaitement inconnu et totalement étranger à la grande œuvre libératrice de son pays d’origine. Voilà l’individu qui fut opposé au grand homme, au deuxième tour de l’élection et, en définitive, il s’en est fallu de peu que celui-ci ne fût chassé par celui-là.
(…)
Que reste-t-il, fondamentalement, de l’œuvre de Walesa ? Rien. Ne parlons pas de la chute du communisme, qui aurait eu lieu sans lui, quels que soient les mérites immenses et l’écho mondial dont bénéficia l’action du modeste ouvrier catholique de Gdansk. Mais le reste, c’est-à-dire les « valeurs » auxquelles Walesa faisait référence pour renverser le communisme ? Happé par un vide doctrinal qui a fait place au marxisme, le glorieux homme fut prisonnier d’un système plus fondamental, dont le marxisme n’était qu’une aberration ; il fut prisonnier de cette Pensée unique, « politiquement correcte », qui a finalement triomphé à la deuxième élection présidentielle amenant au pouvoir un ancien communiste. Non pas que le communisme puisse renaître à présent, c’est dépassé, et Walesa d’ailleurs le sait, comme le savent également ces communistes revenus en grâce par les bons soins du peuple. Mais tout de même, quel spectaculaire échec dans l’histoire de Walesa ! Est-ce bien le même homme qui fut à la tête, en plein communisme, du plus grand syndicat libre du monde : dix millions d’adhérents ? Est-il possible que, malgré son prestige, l’avortement ait été réintroduit dans son pays, après une brève disparition consécutive au changement de régime ? Voilà qui est tout à fait spectaculaire. Walesa, l’homme au destin incroyable, l’ouvrier anomnyme, tabassé par la police sur les quais des chantiers navals de Gdansk, devenu président d’une république libérée, n’aura pas non plus échappé au destin qui était inscrit au cœur de son aventure. C’est le destin de la droite, toujours et partout. Parce que le marxisme, encore une fois, n’était qu’un aspect des choses, un aspect effroyable sans doute, mais un aspect seulement de quelque chose de plus fondamental, que Walesa ignorait."
(Yves-Marie Adeline - La droite piégée)
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