question de fond par Lycobates 2013-03-26 12:35:53 |
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La question n'est pas essentiellement d'esthétique, si c'était le cas, vous auriez raison de parler "d'archéologisme".
La question est de fond.
La commission Bugnini, instituée par le pape Pie XII après l'encyclique "Mediator Dei" (1947), en 1948, est un bon exemple d'une initiative viciée, détournée de son but déclaré, et ce dès le début
(si ce fut à l'insu du Pape ou pas, je ne pourrais pas le déterminer, Pie XII n'était pas d'abord liturgiste bien entendu).
En ce qui concerne la réforme de la Semaine Sainte, nous savons pertinemment bien (l'abbé Bonneterre, très critique, et d'autres l'ont amplement démontré dans leurs études) que le Pape ne voulait QUE restituer les horaires antiques ou "antiques" (horaires du soir, après l'introduction des messes du soir pendant la guerre, les vrais horaires antiques sont des horaires de nuit) sans changer quoique ce soit dans les textes.
D'ailleurs le décret "Maxima redemptionis", qui introduisait cette réforme en 1955 (un décret de Congrégation, pas du Pape, signé par le cardinal Cicognani, pas par le Pape, mais bien sûr avec son aval) ne parle que de ça: du changement d'horaires, pas des changements dans les textes.
Ces derniers changements les liturgistes (le père Bugnini et autres) les ont introduits "en cours de route", en profitant de la chance qui leur était donnée de refaire à leur gré une édition de la Semaine Sainte.
Comme l'a bien dit Nemo, la nouvelle Semaine Sainte pue le NOM.
Et toutes ces réformes, depuis le mémoire "sulla reforma liturgica" de 1948, coécrit par le père Bugnini, signé par le père Antonelli et présenté au Pape, en passant par la simplification des rubriques et la nouvelle Semaine Sainte, n'étaient censées d'être que provisoires, puisque les changements se sont incessamment poursuivis 1960-62, 1965, 1967, pour aboutir en 1969 dans le NOM.
S'il y a développement "organique", il existe bel et bien, mais entre 1948-1969 précisément.
Qui refuse le NOM, doit commencer son refus en 1948 ou 1955-56.
Quant à la justification du rejet, pour nous en 2013, des réformes de 1955-56, pourtant faites sous le pape Pie XII, il existe sur le net une étude intéressante (en anglais) de l'abbé Cekada en de Mgr. Dolan (que je ne peux pas citer sur ce forum) qui argumente avec la stabilité des lois et une "cessatio legis" à cause des changements majeurs (et nocifs) survenus après, que le pape Pie XII ne pouvait pas prévoir, et que, s'il les avait prévus, l'auraient nécessairement empêché de poursuivre cette route.
C'est un peu précaire, comme tout appel au principe d'épikeia en l’absence d’autorité, mais c'est bien étayé, à mon avis, sans pouvoir entrer dans les détails ici.
Dans son étude (Le mouvement liturgique) l'abbé Bonneterre suit un raisonnement semblable, tout comme l'abbé Ricossa (un autre prêtre ordonné par Mgr. Lefebvre) dans un article sur la révolution liturgique et qui date je crois de 1987.
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