la fin du Catholicisme ? par Diafoirus 2013-01-18 09:47:25 |
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Votre réflexion m'a évoqué un article du Dr Jean Pierre DICKES paru en 2010 dont je n'avais pas saisi toute la portée.Aujourd'hui il peut nous aider à comprendre la situation.
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En novembre 1975 est voté par le Parlement britannique le Sex Discrimination Act ayant pour but de protéger les homosexuels des discriminations et des harcèlements. Le 5 décembre 2005, le mariage homosexuel est légalisé.
Angleterre : la fin du Catholicisme ?par le Dr Jean-Pierre Dickès
L'affaire commence en 2007 quand le gouvernement fait voter une nouvelle loi appelée Discrimination Law Review, qui se veut un retoquage de la loi de 1975. Il s'agit de réprimer toute "discrimination fondée sur le changement de sexe". Indirect discrimination on grounds of gender reassignment. Notons l'usage du mot de gender. Ce texte concerne essentiellement les transsexuels. C'est-à-dire les personnes qui ont changé de sexe à la suite de bricolages chirurgicaux ou hormonaux par des médecins peu, scrupuleux des conséquences de leurs actes. L'idée est que les transsexuels se voient désavantagés par leur état-civil, voire l'objet de discriminations ou de quolibets. Cette loi est en réalité la toute petite mèche qui va mettre le feu aux poudres. Car le nombre de transsexuels est, en pratique, quasiment insignifiant dans ce pays.
Dès le mois de septembre 2007, la hiérarchie catholique s'inquiète pour des raisons de nature très pratiques. Car cette situation crée toute une série de problèmes.
• Que peut faire un prêtre auquel un transsexuel demande un jour un certificat de baptême pour une personne qui se présente avec un prénom différent de celui qui est mentionné sur les registres. Et que ce changement de prénom révèle un changement de sexe ?
• Du jour au lendemain un prêtre peut être obligé de préparer au mariage, de marier un transsexuel ou un homosexuel. S'il refuse, il risque de se retrouver devant les tribunaux.
• Un ordre religieux est obligé d'accueillir en son sein un transsexuel. Et n'a d'ailleurs même pas le droit de demander des renseignements d'une telle nature au nom de la discrimination. Ce qui permet des provocations et des infiltrations d'ennemis du christianisme (comme on l'a connu du temps du communisme).
• De facto les prêtres sont obligés déjà de changer les registres de mariage et de baptême en mettant un prénom afférent au nouveau sexe choisi. Actuellement déjà de banales associations culturelles ou sportives ont été condamnées pour des refus à de telles demandes.
• Que faire face à des demandes de mariage de transsexuels ? Compte tenu du fait que la destination première du mariage est la procréation qui est rendue impossible non pas par la nature mais par les hommes.
Un mariage ne pouvant d'ailleurs se conclure qu'entre un homme et une femme.
Le début d'une persécution
L'opposition à cette loi est totale tant chez les catholiques que les juifs ou les musulmans. Le gouvernement n'en n'a cure et ne propose pas de solution. Et la répression commence à partir de cette date. Un pasteur est emprisonné parce qu'il dénonce en chaire l'iniquité des lois rompant avec la morale chrétienne.
Entre 2005 et 2007, des discussions s'engagent entre le gouvernement et les maisons d'adoption catholiques qui refusent de faire adopter des enfants par des couples homosexuels. C'est la lutte du pot de terre contre le pot de fer.
Toujours en septembre 2007, le gouvernement de Tony Blair donne jusqu'à la fin de l'année à ces œuvres pour se mettre en accord avec la législation et leur coupe toute subvention. Alors qu'elles assurent l'immense majorité des adoptions, les deux tiers d'entre elles sont obligés de fermer, le troisième tiers décide de renoncer à la référence au catholicisme. Et les conseillers psychologiques et pédiatres qui refusent de conseiller de telles adoptions sont du jour au lendemain congédiés, y compris les plus capables. Les homosexuels demandent à la justice de sévir contre les prêtres refusant de leur donner la communion.
La persécution est là. Elle commence à s'étendre. Mais le pire reste à venir.
La fin de l'Eglise catholique en Angleterre
15 décembre 2009. Est arrivée en 2007 une femme anticléricale du nom de Harriet Hartsman. Elle est précisément "garde du sceau privé, ministre de la femme, des droits humains et de l'égalité." Elle veut ni plus ni moins arriver à détruire le célibat des prêtres. Il faut que l'Eglise catholique ne puisse rien faire pour s'opposer au mariage des prêtres avec des femmes ou des hommes de même sexe. Le biais qui est donné est qu'actuellement rien ne peut empêcher un prêtre de changer de sexe grâce aux interventions chirurgicales. Ce qui de facto permet à des prêtres devenus transsexuels (car ayant changé de sexe) de continuer leur ministère.
Elle prépare donc un projet de loi dont l'Episcopat dénonce les conséquences.
- L'Eglise n'a aucune raison de ne pas ordonner des femmes parce que cela tient de la discrimination liée au gender.
• L'Eglise n'a pas à intervenir dans le style de vie de ses prêtres. Ceux-ci sont considérés comme de simples employés et à ce titre bénéficient des lois afférentes à l'ensemble des citoyens. Notamment ils ont le droit de se marier ou de concubines.
• De même elle n'a pas à interférer ni à porter de jugement sur le com- portement de ses employés quel que soit leur état (divorcés, homosexuels, transsexuels, polygames, etc.)
• Les prêtres qui veulent changer de sexe exercent cette possibilité de plein droit. Autrement dit tout prêtre peut changer de sexe.
• Les homosexuels peuvent tout à fait accéder à la prêtrise au nom de la non-discrimination.
• La clôture des Ordres religieux n'a plus lieu d'être. Empêcher les femmes d'entrer dans les couvents d'hommes par exemple est une discrimination et inversement.
Dans un premier temps, le gouvernement affirme que l'Episcopat s'inquiète pour rien. En précisant que la loi ne s'appliquerait pas aux prêtres à condition que la liturgie et les prédications occupent plus de 51 % du temps de ceux-ci. Ce à quoi l'Episcopat répond que les prêtres ont de multiples tâches pastorales, leurs propres prières comme le bréviaire, parfois des besognes, comme maintenir leur presbytère en état. Et arguent que ce projet de loi n'est ni plus ni moins que la suppression du culte divin, des fêtes religieuses comme Noël. Et les écoles et les maisons catholiques obligées de retirer les crucifix et les images pieuses de tous les bâtiments donnant accès au public (maisons de retraite, orphelinats, couvents, etc.) Ces témoignages de foi constituant une forme de harcèlement moral notamment sur les employés travaillant dans ces établissements.
Un amendement visant à protéger les droits des organisations religieuses est alors repoussé au Parlement par 314 voix contre 170.
Nous voici 15 jours plus tard. Cette fois-ci c'est un membre du Parlement qui parle. Son nom est Michael Foster. Il est lui, secrétaire d'état dans ce même ministère de l'égalité qui par parenthèse ne compte pas moins d'une centaine d'employés. Il déclare sans ambages que le projet de loi va amener une quantité de procès diligentés par les athées contre l'Eglise afin de la détruire. Avec, à terme, des séries d'amendes qui aboutiront tôt ou tard à la séquestration des biens de l'Eglise et à des emprisonnements.
Il appartiendra finalement aux tribunaux de trancher au cas par cas. Il ajoute aussi que les chrétiens seraient bien inspirés de dépenser autant d'énergie pour défendre leur religion que leurs ennemis en mettent pour la détruire. Le terme utilisé par le ministre est de "squeeze" qui signifie "écraser", "écrabouiller". Les journaux catholiques parlent de véritable persécution.
Un retournement inattendu
Les évêques évoquent alors la quasi-certitude pour l'Eglise d'Angleterre de devoir faire face à un "torrent" d'amendes, la disparition des biens d'Eglise, l'exil. Il n'est en effet pas question d'ordonner des femmes ou des prêtres homosexuels ou concubinaires.
Le miracle tient à la réaction inattendue de la Chambre des Lords, laquelle repoussera la "loi d'égalité" de Harriet Harman. Plusieurs "baronesses", s'élevèrent contre le projet de loi, faisant considérer que ce dernier était une atteinte intolérable à la liberté de religion dans son exercice. Apparemment, cinq amendements visèrent à réécrire la loi tout en en atténuant les effets. Mais finalement, c'est tout le projet que la Chambre des Lords finira par rejeter, mais avec seulement une majorité de trois voix. Le boulet n'était pas passé loin. Cuisante défaite du gouvernement.
Le 2 février 2010, le pape reçoit les évêques d'Angleterre et du Pays de Galles pour la visite dite ad limina. Il déclare alors : "Votre pays est bien connu pour son engagement résolu en faveur de l'égalité des chances pour tous... Cependant certaines lois destinées à réaliser cet objectif imposent des restrictions injustes à la liberté des communautés religieuses d'agir en accord avec leurs consciences ... A certains égards, cela enfreint la loi naturelle sur laquelle l'égalité de tous les êtres humains est basée et par laquelle elle est garantie". Habileté du Saint Père qui au nom de la liberté et de l'égalité prend le contre-pied d'une loi se prétendant pour l'égalité et la liberté.
La fin du projet de loi
Quoi qu'il en soit, Margaret Harman décidait de renoncer à son projet de loi. En ajoutant que cette décision n'avait rien à voir avec le "speech" du pape ci-dessus. En réalité on n'en sait rien. En revanche, on est certain que le pape a félicité les évêques de s'être battus. Ce qui prouve bien que le catholicisme devenu très minoritaire, a toujours un poids sur les décisions de l'Etat. Encore faut-il que les évêques aient envie de se battre.[...]
Ce qui s'est passé en Grande-Bretagne n'a pas eu l'écho qu'il aurait dû avoir dans notre pays. Il montre où mène l'idéologie "séculariste" ; ce dernier mot étant utilisé par le pape pour dénoncer en réalité ce qui n’est, que de l'anti cléricalisme. Tous les moyens sont bons pour détruire l'Eglise Catholique. Et la presse catholique et protestante dénonce une nouvelle tyrannie apprise chez les Soviets. Nous voyons qu'en France notamment par le matraquage qui est fait pour développer l'homosexualité, le transsexualisme et peut-être demain la pédophilie, des méthodes équivalentes se mettent en place. Critiquer par exemple l'homosexualité devient un délit. Et ceci contre la liberté de parole et d'écrit affirmée par la Constitution. Cette nouvelle tyrannie crée en réalité un délit d'opinion. Le moindre écrit "suspect" (comme les lois révolutionnaires de 1792 du même nom) voit se déchaîner la meute hurlante des Mrap, Licra, Halde, LDH qui ne rate personne créant de fait une police de la pensée. Le nouveau statut du transsexualisme en France sonne comme une alerte. Les religieux seraient bien avisés de méditer cette histoire qui est un avertissement. Telle est l'épée de Damoclès, qui leur pend au-dessus de la tête. A méditer avant qu'il ne soit trop tard. Et comme en Angleterre, se mobiliser. Le nouveau statut du trans¬sexualisme en France pourrait bien faire sonner le glas du sacerdoce catholique ainsi que des grâces qu'il apporte par les sacrements(...)
Et les athées militants comme Onfray ou Brown (Da Vinci Code, Anges et démons) se trouvent en tête de toutes les ventes de livres.
L'idéologie du gender est en train de s'en prendre au cœur de l'Eglise qui est représenté par les prêtres eux-mêmes.
Car c'est par le sacerdoce que cheminent à la fois les sacrements et la grâce. Et les tentatives des évêques pour défendre le catholicisme arrivent bien tard, bien trop tard.
Du haut en bas du catholicisme, chacun courbe la tête ou reste dans sa tour d'ivoire. Prétexte : "On n’y peut rien !"
Le pape et les évêques anglais nous montrent que le silence et l'inaction sont de monstrueuses fautes par omission.
Et si en France tant les évêques que les prêtres, et les catholiques ne se réveillent pas, en une génération l'idéologie du gender aura détruit toute la partie visible de l'Eglise qui ne "subsistera" - bizarrement ce mot est utilisé par le concile à propos de l'Eglise - qu'au cœur de quelques familles.
Dr Jean-Pierre Dickès. Cahiers St Raphael n°98 mars 2010
http://www.acimps.org/content/view/177/5/
Cahiers Saint Raphael
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