Vers un dépassement du "consensus anthropocentrique" ? par Scrutator Sapientiæ 2012-12-16 18:28:31 |
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Bonsoir et merci, Paterculus.
Je vous remercie beaucoup pour votre message qui me touche beaucoup.
1. Qui dit développement, voire parachèvement du recentrage, dit, à mon sens, dépassement du "consensus anthropocentrique", qui a été attribué à Gaudium et Spes, ou qui est incarné par Gaudium et Spes, dont on peut dire qu'elle est en partie une constitution consensuelle, pour l'homme et pour le monde de ce temps, qui se fait passer pour une constitution pastorale, sur l'Eglise dans le monde de ce temps.
2. Il y a eu, en un sens, un premier désarrimage magistériel, vis-à-vis du "consensus anthropocentrique", avec la lettre encyclique Humanae Vitae, en 1968, puis, vingt-cinq ans après, avec le triptyque anthropologique constitué par Veritatis Splendor, par Evangelium Vitae, et par Fides et Ratio.
3. Il y a eu, il y a dix ans, le 8 décembre 2002, ceci :
Message de J P II, pour la JMP 2003.
4. Et il y a, à présent, ceci, qui constraste singulièrement avec le déficit d'expression chrétienne que l'on a parfois constaté, ou, en tout cas, ressenti, à la lecture de tel ou tel message pontifical antérieur, en amont et en vue d'une journée mondiale de la paix :
" En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L’encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu’une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants (cf. Mt 5, 21-48). C’est un travail de longue haleine, parce qu’il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l’histoire humaine. Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance.
Jésus incarne l’ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu’au don total de lui-même, jusqu’à « perdre sa vie » (cf. Mt 10,39 ; Lc 17,33 ; Jn 12,25). Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l’offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu’il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu’il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l’amour mutuel, user de compréhension à l’égard d’autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée [8].
Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l’homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix. "
5. C'est un peu comme si Benoît XVI disait à tous, d'une manière particulièrement clarifiante et confessante, apologétique, et non anthropocentrique, : il n'y a qu'un archétype, il n'y a qu'un prototype, il n'y a qu'une figure marquante, qui préfigure, configure, et transfigure la paix humaine, sans la défigurer jamais : et cette figure marquante, c'est Jésus-Christ lui-même.
6. On comprend aisément que cet aspect là de ce message là ne soit pas jugé médiatiquement correct, autant dire maçonniquement correcte.
7. A ce sujet, je voudrais apporter la précision suivante : quand je parle de maçonnisme, je ne pense pas nécessairement au maçonnisme des francs maçons, notamment parce que je ne le connais pas assez, dans toute sa complexité et dans toute sa diversité.
8. Quand je parle de maçonnisme, je pense à tout constructivisme déterministe, à tout volontarisme juridico-politique, mécanisateur et planificateur, à tout ingénierie mentale, morale, sociale, qui se fait passer pour une authentique philosophie politique, et qui entend imposer à l'esprit humain et à la vie humaine, au coeur et aux moeurs de l'homme, une architecture, un paramétrage, des catégories et des comportements, en vue d'une "libération" qui est, en fait, un asservissement.
Je vous remercie encore une fois, et je vous souhaite une bonne fin de journée.
Scrutator.
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