Tout à fait, Monsieur l’Abbé ! par Vianney 2012-07-07 22:10:43 |
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Mais ce que je voulais souligner, c’est que les cicatrices sont parfois longues à se refermer. C’est ainsi que, si j’en crois l’Année liturgique, le saint patriarche Cyrille d’Alexandrie a commencé sa vie sacerdotale dans le schisme, conséquence lointaine des divisions nées pendant la crise arienne :
Cependant l'émotion produite par les blasphèmes de Nestorius agitait tout l'Orient, et gagna bientôt Alexandrie. Cyrille occupait alors la chaire fondée par Marc au nom de Pierre, et décorée de l'honneur du second siège par la volonté de ce chef des Eglises. L'accord d'Athanase et des pontifes romains avait, au siècle précédent, vaincu l'arianisme ; c'était l'union d'Alexandrie avec Rome qui devait, cette fois encore, écraser l'hérésie. Pourtant l'ennemi, instruit par l'expérience, avait mis à prendre les devants une prévoyance tout infernale ; au jour où le futur vendeur de la Mère de Dieu était monté sur le siège de saint Athanase, l'alliance si formidable au démon n'existait plus. Théophile, le dernier patriarche, l'auteur principal de la condamnation de saint Jean Chrysostome au conciliabule du Chêne, avait refusé jusqu'à la fin de souscrire à la réhabilitation de sa victime par le Siège apostolique, et Rome avait dû rompre avec sa fille aînée. Or Cyrille était le neveu de Théophile ; il ne connaissait rien des motifs inavouables de son oncle en cette triste affaire ; habitué dès l'enfance à vénérer en lui son légitime supérieur autant que son bienfaiteur et son maître dans la science sacrée, Cyrille, devenu patriarche à son tour, n'eut même pas la pensée de rien changer aux décisions de celui qu'il regardait comme un père : Alexandrie resta séparée de l'Eglise romaine. Véritablement pareil au serpent, dont la bave empoisonne tout ce qu'elle touche, Satan avait donc tourné à son profit contre Dieu les plus nobles sentiments.
Mais Notre Dame, amie des cœurs droits, n'abandonna pas son chevalier. Au bout de quelques années dont les traverses apprirent au jeune patriarche à connaître les hommes, un saint moine, Isidore de Péluse, ouvrait pleinement ses yeux à la lumière ; Cyrille, convaincu, n'hésitait pas à rétablir sur les diptyques sacrés le nom de Jean Chrysostome. La trame ourdie par l'enfer était dénouée : pour les nouvelles luttes de la foi qui allaient s'engager en Orient, Rome retrouvait sur les bords du Nil un nouvel Athanase.
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