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Un instant ! On ne peut prélever un coeur si cela tue le donneur
par Taedium 2012-02-08 16:41:04
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
SUR LE THÈME DU DON D'ORGANES
ORGANISÉ PAR L'ACADÉMIE PONTIFICALE POUR LA VIE
Vendredi 7 novembre 2008
Vénérés confrères dans l'épiscopat,
Mesdames et Messieurs!
Le don d'organes est une forme particulière de témoignage de la charité. A une époque
comme la nôtre, souvent marquée par différentes formes d'égoïsme, il est toujours plus
urgent de comprendre combien il est déterminant pour une conception correcte de la vie
d'entrer dans la logique de la gratuité. Il existe, en effet, une responsabilité de l'amour et de
la charité qui engage à faire de sa propre vie un don pour les autres, si on veut vraiment se
réaliser soi-même. Comme le Seigneur Jésus nous l'a enseigné, seul celui qui donne sa vie
pourra la sauver (cf. Lc 9, 24). Je salue toutes les personnes présentes, avec une pensée
particulière pour M. le sénateur Maurizio Sacconi, ministre italien du travail, de la santé et
des politiques sociales; je remercie pour les paroles qu'il m'a adressées Mgr Rino Fisichella,
archevêque, président de l'Académie pontificale pour la vie, qui a exposé le sens profond de
cette rencontre et présenté la synthèse des travaux du congrès. Avec lui, je remercie
également le président de l'International Federation of Catholic Medical Associations et le
directeur du Centre national italien des transplantations, en soulignant combien j'apprécie la
valeur de la collaboration de ces organisations dans un domaine comme celui de la greffe
d'organes qui a été l'objet, mesdames et messieurs, de vos journées d'étude et de débat.
L'histoire de la médecine montre avec évidence les grands progrès qui ont pu être réalisés
pour permettre une vie toujours plus digne à toute personne qui souffre. Les greffes de tissus
et d'organes représentent une grande conquête de la science médicale et sont certainement
un signe d'espérance pour de nombreuses personnes dont la situation clinique devient grave
et parfois extrême. Si nous élargissons notre regard au monde entier, il est facile d'identifier
les nombreux cas où, grâce à la technique des greffes d'organes, beaucoup de personnes
ont surmonté des situations extrêmement critiques et ont été rendues à la joie de vivre. Cela
n'aurait pu se produire si l'engagement des médecins et la compétence des chercheurs
n'avaient pas pu compter sur la générosité et sur l'altruisme de ceux qui ont donné leurs
organes. La question de la disponibilité d'organes vitaux à greffer, malheureusement, n'est
pas théorique, mais dramatiquement pratique; elle peut se vérifier dans la longue liste des
nombreux malades dont les seules chances de survie sont liées à des disponibilités limitées
qui ne répondent pas aux besoins réels.
Il est utile, surtout dans le contexte actuel, de revenir à la réflexion sur cette conquête de la
science, pour que la multiplication des demandes de greffes ne conduise pas à modifier les
principes éthiques qui en sont à la base. Comme je l'ai dit dans ma première Encyclique, le
corps ne pourra jamais être considéré comme un simple objet (cf. Deus caritas est, n. 5); la
logique du marché, sans cela, aurait le dessus. Le corps de chaque personne, avec l'esprit
qui est donné de façon singulière à chacun, constitue une unité indissociable sur laquelle est
inscrite l'image de Dieu même. Faire abstraction de cette dimension conduise à des
perspectives incapables de percevoir la totalité du mystère présent en chacun. Il est donc
nécessaire de placer avant toute autre considération le respect de la dignité de la personne
et la protection de son identité personnelle. En ce qui concerne la technique de la greffe
d'organes, cela signifie que l'on ne peut donner que si sa santé n'est pas et ne sera jamais
mise en danger, ainsi que sa propre identité, et toujours pour des raisons moralement
valides et proportionnées. D'éventuelles logiques de commerce des organes, tout comme
l'adoption de critères discriminatoires ou utilitaristes, seraient tellement en contradiction avec
le sens implicite du don qu'elles se mettraient elles-mêmes hors jeu, tout en constituant des
actes moralement interdits. Les abus dans les greffes d'organes et leur trafic, qui touchent
souvent des personnes innocentes comme les enfants, doivent trouver unie dans son refus
catégorique la communauté scientifique et médicale, en tant que pratiques inacceptables.
Aussi doivent-ils être fermement condamnés en tant qu'actes abominables. Le même
principe éthique doit être réaffirmé quand on veut arriver à la création et à la destruction
d'embryons humains destinés à des fins thérapeutiques. La simple idée de considérer
l'embryon comme "un matériel thérapeutique" contredit les bases culturelles, civiles et
éthiques sur lesquelles repose la dignité de la personne.
Il arrive souvent que la technique de la greffe d'organes s'accomplisse par un geste d'une
gratuité totale de la part des parents des patients dont le décès a été établi. Dans ces cas-là,
le consentement informé est une condition préalable de liberté, pour que la greffe ait la
caractéristique d'un don et ne soit pas interprétée comme un acte contraint ou comme une
exploitation. Il est utile de rappeler, cependant, que tous les organes vitaux ne peuvent être
prélevés qu'ex cadavere, lequel possède d'ailleurs une dignité qui doit être respectée. Ces
dernières années, la science a réalisé de nouveaux progrès dans l'établissement de la mort
du patient. Il est donc bon que les résultats obtenus reçoivent le consentement de toute la
communauté scientifique, afin de favoriser la recherche de solutions qui donnent une
certitude à tous. Dans un contexte comme celui-ci, en effet, il ne peut y avoir le moindre
soupçon d'arbitraire et le principe de précaution doit prévaloir là où l'on n'est encore arrivé à
aucune certitude.
Pour cela, il est utile de développer la recherche et la réflexion
interdisciplinaire de telle manière que l'opinion publique elle-même soit placée devant la
vérité la plus transparente sur les implications anthropologiques, sociales éthiques et
juridiques de la pratique des greffes. Dans ces cas-là, cependant, le critère principal qui vaut
est le respect de la vie du donneur afin que le prélèvement d'organes soit permis seulement
en présence de son décès réel (cf. Compendium du catéchisme de l'Eglise catholique,
n. 476). L'acte d'amour qui s'exprime par le don de ses organes demeure un témoignage
authentique de charité qui sait regarder au-delà de la mort pour que la vie gagne toujours.
Celui qui le reçoit devrait être bien conscient de la valeur de ce geste; il est le destinataire
d'un don qui va au-delà du bénéfice thérapeutique. Ce qu'il reçoit, en effet, avant même
d'être un organe est un témoignage d'amour qui doit susciter une réponse tout aussi
généreuse, afin de développer la culture du don et de la gratuité.
La voie royale à suivre, jusqu'à ce que la science arrive à découvrir d'éventuelles nouvelles
formes de thérapie plus avancées, devra être la formation et la diffusion d'une culture de la
solidarité qui s'ouvre à tous et n'exclue personne. Une médecine des greffes correspondant
à une éthique du don exige de la part de tous l'engagement d'investir chaque effort possible
dans la formation et dans l'information, afin de sensibiliser toujours davantage les
consciences à une problématique qui concerne directement la vie de nombreuses
personnes. Il sera nécessaire, cependant, de fuir les préjugés et les malentendus, de
dissiper les méfiances et les peurs pour les remplacer par des certitudes et des garanties, de
manière à permettre le développement chez tous d'une conscience toujours plus étendue du
grand don de la vie.
Avec ces sentiments, tandis que je souhaite à chacun de poursuivre son engagement avec
compétence et professionnalisme, j'invoque l'aide de Dieu sur les travaux du congrès et je
vous donne à tous de tout coeur ma Bénédiction.
Source : Site du Vatican
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2008/november/documents/hf_benxvi_
spe_20081107_acdlife_fr.html

     

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                      Relisez aussi ce que j'ai écris par Mauges  (2012-02-08 16:45:22)
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                              [réponse] par Mauges  (2012-02-08 23:22:03)
                                  Vous etes de mauvaise foi ! par Donapaleu  (2012-02-09 08:58:15)
                      Sans compter que ce qui est étonnant, par le torrentiel  (2012-02-08 22:26:11)
                          la difference est dans les moyens par Donapaleu  (2012-02-08 22:36:19)
                              du tout, du tout! par le torrentiel  (2012-02-09 00:47:56)
                                  Vos connaissances médicales par Donapaleu  (2012-02-09 13:37:49)
                          Différence fondamentale par Vincent F  (2012-02-09 09:14:48)
      Un instant ! On ne peut prélever un coeur si cela tue le donneur par Taedium  (2012-02-08 16:41:04)
          Ai-je jamais dis le contraire? par Mauges  (2012-02-08 16:47:40)
      le prélèvement d'organes est permis seulement en présence du décès réel par Taedium  (2012-02-08 16:46:05)
          Oui et si par Mauges  (2012-02-08 16:49:21)


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