«Vêtue des rayons du soleil, la tête couronnée de douze étoiles» (Assomption : bréviaire 1961) par Alexandre 2011-08-14 20:57:19 |
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Lundi 15 Août 2011
ASSOMPTION DE NOTRE-DAME
Patronne principale de la France
Aux premières Vêpres
<b>Hymne</b>
O prima, Virgo, pródita
e Conditóris spíritu,
prædestináta Altíssimi
gestáre in alvo Fílium;
<i>O Vierge, la première
issue du souffle créateur,
prédestinée à porter dans votre sein
le Fils du Très-Haut;</i>
Tu perpes hostis fémina
prænuntiáta dǽmonis,
oppléris una grátia
intamináta orígine.
<i>O vous, la femme annoncée d’avance
comme l’ennemie perpétuelle du démon,
seule vous êtes comblée de grâce,
intacte dès l’origine.</i>
Tu ventre Vitam cóncipis,
vitámque ab Adam pérditam,
diæ litándæ Víctimæ
carnem minístrans, íntegras.
<i>Dans votre sein vous concevez la Vie,
et vous restituez la vie perdue par Adam,
en donnant la chair à la victime divine
pour son sacrifice.</i>
Merces piáclo débita
devícta mors te déserit,
almíque consors Fílii
ad astra ferris córpore.
<i>Salaire dû au crime,
la mort vaincue s’éloigne de vous;
unie de cœur à votre divin Fils,
avec votre corps vous êtes portée aux cieux.</i>
Tanta corúscans glória,
natúra cuncta extóllitur,
in te vocáta vérticem
decóris omnis tángere.
<i>Illuminée d’une si grande gloire,
la nature entière est exaltée,
appelée en vous à toucher
le sommet de toute beauté.</i>
Ad nos, triúmphans, éxsules,
Regína, verte lúmina,
cæli ut beátam pátriam,
te, consequámur áuspice.
<i>Dans votre triomphe, ô Reine,
tournez les yeux vers nous pour que,
de notre exil, nous puissions, sous votre protection,
obtenir la bienheureuse patrie du ciel.</i>
Iesu, tibi sit glória,
Qui natus es de Vírgine,
Cum Patre et almo Spíritu,
In sempitérna sǽcula. Amen.
<i>A vous, Jésus, soit la gloire,
qui êtes né de la Vierge,
avec le Père et le Saint-Esprit,
dans les siècles éternels. Amen.</i>
A Matines
Hymne
Surge! Iam terris fera bruma cessit,
ridet in pratis decus omne florum,
alma quæ Vitæ Génitrix fuísti,
surge, María!
<i>Levez-vous! Sur la terre le dur hiver est parti;
dans les prés éclate la beauté de toutes les fleurs.
O vous qui futes la Mère de la Vie,
levez-vous, Marie!</i>
Lílium fulgens velut in rubéto,
mortis auctórem teris una, carpens
sóntibus fructum pátribus negátum
árbore vitæ.
<i>Pareille au lis qui brille dans un buisson d’épines,
vous seule terrassez l’auteur de la mort,
cueillant sur l’arbre de vie le fruit interdit
à nos parents coupables.</i>
Arca non putri fabricáta ligno
manna tu servas, fluit unde virtus,
ipsa qua surgent animáta rursus
ossa sepúlcris.
<i>Arche faite d’un bois incorruptible,
vous gardez la manne, d’où découle la vertu
qui fait surgir de leurs sépulcres les ossements
eux-mêmes rendus à la vie.</i>
Prǽsidis mentis dócilis minístra,
haud caro tabo pátitur resólvi;
Spíritus imo sine fine consors
tendit ad astra.
<i>Servante docile aux commandements de l’âme,
votre chair ne subit pas la corruption;
bien plus, partageant le destin de l’esprit,
elle s’élève vers les cieux.</i>
Surge! Dilécto pete nixa cælum,
sume consértum diadéma stellis,
teque natórum récinens beátam
éxcipe carmen.
<i>Levez-vous! Appuyée sur votre bien-aimé,
gagnez le ciel, prenez le diadème orné d’étoiles,
écoutez le cantique de vos enfants
qui chantent votre béatitude.</i>
Laus sit excélsæ Tríadi perénnis,
quæ tibi, Virgo, tríbuit corónam,
atque regínam statuítque nostram
próvida matrem. Amen.
<i>Louange éternelle soit à la très haute Trinité
qui vous donne, ô Vierge, la couronne,
et qui, de toute éternité, vous a instituée
notre reine et notre mère. Amen.</i>
Premier Nocturne

Du livre de la Genèse (ch. 3)
1. (vv. 9-12) Le Seigneur Dieu appela l’homme: «Où es-tu?» dit-il. «J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’autre, j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché.» Il reprit: «Et qui t’a appris que tu étais nu? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger!» L’homme répondit: «C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé!» Le Seigneur Dieu dit à la femme: «Qu’as-tu fait là?» et la femme répondit: «C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé.» Alors le Seigneur Dieu dit au serpent: «Parce que tu as fait cela maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon.»
De la première Épître de saint Paul apôtre aux Corinthiens (ch. 15)
2. (vv. 20-26a) Le Christ est ressuscité des morts, le premier parmi ceux qui se sont endormis dans la mort. La mort étant venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. De même, en effet, que tous meurent en Adam, tous aussi revivront dans le Christ. Mais chacun à son rang: pour commencer, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement. Puis ce sera la fin, lorsqu’il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous las ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort.
3. (vv. 53-57) Car ce qui est corruptible doit revêtir l’incorruptibilité, et ce qui est mortel doit revêtir l’immortalité. Quand ce qui est mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture: «La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô Mort, ta victoire? où est-il, ô Mort, ton aiguillon?» (cf. Is 25, 8 et Os 13, 14) L’aiguillon de la mort, c’est le péché; la puissance du péché, c’est la Loi. Grâce soit donc à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ!
Deuxième Nocturne
Sermon de saint Jean Damascène (Sermon sur la Dormition de la B. V. Marie 2, 2: PG 96, 725-726)
4. Aujourd’hui, l’arche sainte et animée du Dieu vivant, qui conçut en elle son Créateur, repose dans le temple du Seigneur qui n’a pas été fait de main d’homme. David, son aïeul, exulte; avec lui, les Anges forment des chœurs, les Archanges la célèbrent, les Vertus la glorifient, les Principautés tressaillent, les Puissances sont dans l’allégresse, les Dominations se réjouissent, les Trônes lui font fête, les Chérubins la louent, les Séraphins proclament sa gloire. Aujourd’hui, l’Éden reçoit le paradis spirituel du nouvel Adam, où notre condamnation est révoquée, l’arbre de vie planté, notre nudité recouverte.
5. Aujourd’hui, la Vierge immaculée, qui n’a été souillée par aucune passion terrestre, mais qui, formée aux pensées célestes, n’est point retournée à la terre, est placée, ciel vivant, dans les demeures célestes. Celle qui fut pour tous la source de la vraie vie, comment serait-elle soumise à la mort? Certes, elle a été assujettie à la loi établie par son propre fils: comme fille du vieil Adam, elle subit l’ancienne condamnation, – son Fils même, qui est la Vie en personne, ne l’a pas récusée –, mais comme Mère du Dieu vivant, elle fut justement élevée jusqu’auprès de lui.

Des Actes du pape Pie XII
6. L’Église universelle a, tout au long des siècles, manifesté sa foi dans l’assomption corporelle de la bienheureuse vierge Marie et les évêques du monde entier ont demandé, dans un accord presque unanime, que soit définie comme dogme de la foi divine et catholique cette vérité basée sur les saintes Écritures, profondément enracinée dans le cœur des fidèles et en parfaite harmonie avec les autres vérités révélées. Aussi, le Souverain Pontife Pie XII, accédant aux vœux de l’Église entière, a décidé de proclamer solennellement ce privilège de la bienheureuse vierge Marie. C’est pourquoi le 1° novembre de l’année du grand jubilé 1950, à Rome, sur la place Saint-Pierre, entouré d’une assemblée nombreuse de cardinaux de la sainte Église romaine, et d’évêques venus même de régions lointaines, en présence d’une multitude immense de fidèles, aux applaudissements du monde catholique tout entier, il proclama de sa parole infaillible l’assomption corporelle de la bienheureuse vierge Marie au ciel en ces termes: «Après avoir maintes fois adressé à Dieu nos prières suppliantes, après avoir invoqué la lumière de l’Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu tout puissant qui a daigné accorder à la vierge Marie les largesses de sa particulière bienveillance, pour l’honneur de son Fils, roi immortel des siècles et vainqueur du péché et de la mort, pour augmenter la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l’allégresse de toute l’Église, par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre, Nous le proclamons, déclarons et définissons: l’assomption en corps et en âme dans la gloire céleste de l’immaculée Mère de Dieu, toujours vierge, Marie, à la fin du cours de sa vie terrestre, est un dogme divinement révélé» (Const. ap. Munificentissimus Deus: AAS 42[1950] 770 et DC 47[1950], col. 1486)

Troisième Nocturne
Lecture du saint Évangile selon saint Luc (1, 41-50)
7. En ce temps-là, Élisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint. Et dans un grand cri elle s’exclama: «Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Et d’où m’est-il accordé que la Mère de mon Seigneur vienne à moi? Car voici, dès que ta voix a frappé mon oreille, quand tu m’as saluée, l’enfant a tressailli de joie dans mon sein. Et tu es bienheureuse d’avoir cru; car ce qui t’a été dit de la part du Seigneur s’accomplira.» Et Marie dit: «Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli d’allégresse en Dieu mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici que, désormais, toutes les générations me diront bienheureuse, parce que celui qui est puissant a fait en moi de grandes choses, et son nom est saint; et sa miséricorde se répand d’âge en âge sur ceux qui le craignent.»
Homélie de saint Pierre Canisius, prêtre (De Maria Virgine incomparabili…, in Migne-Bourassé, Summa aurea de laudibus beatissimae V. Mariae, Paris, 1862, t. 8, 613 sq et t. 9, 9 sq.,5,6)
Les jours consacrés à la Mère de Dieu, l’Église les célèbre avec autant de fréquence que de vénération car elle comprend sans hésiter qu’il est agréable à Dieu et digne des chrétiens ce devoir de rendre très souvent et à des moments déterminés de l’année un culte public à la plus sainte de tous les saints et saintes, la Mère de notre Seigneur et Dieu. Parmi tous ces jours qui, depuis des siècles et jusqu’à présent, sont religieusement respectés, la fête de l’Assomption jouit de la plus grande notoriété et tient le premier rang. Assurément aucun jour n’est pour Marie plus joyeux et plus heureux si nous considérons comme il convient la félicité inouïe qui lui fut conférée en ce jour tant pour l’âme que pour le corps. C’est pourquoi, maintenant surtout, comme jamais auparavant, son esprit, son âme et son corps exultent de façon merveilleuse dans le Dieu vivant et Marie peut dire très justement: «Il s’est penché sur son humble servante et désormais tous les âges me diront bienheureuse; le Puissant a fait pour moi des merveilles» (Lc 1, 48-49a).
8. C’est pourquoi, Mère trois fois bienheureuse et vraiment auguste, nous aussi qui vous aimons, vous et votre Fils, nous ne pouvons nous empêcher de réjouir nos cœurs de votre admirable et incomparable bonheur, puisque toutes les choses qui vous furent dites sur vous-même de la part du Seigneur s’achèvent par une si belle mort et se trouvent en tous points accomplies. Heureuse, vous qui non seulement avez cru, mais qui, aujourd’hui, avez obtenu le fruit et le terme de la foi et de toute vertu, vous qui avez mérité de jouir enfin maintenant de la vision - suprême joie de celui que vous avez tant aimé et désiré. Hôtesse, vous avez accueilli l’Emmanuel venant comme un hôte dans la bourgade de ce monde; aujourd’hui en retour, vous êtes accueillie dans son palais royal, et c’est d’abord en tant que mère digne d’un tel Salomon que vous êtes entourée d’honneurs magnifiques.
9. Heureux le jour qui a fait passer du désert de ce monde un don aussi précieux et l’a conduit jusqu’à la cité sainte et éternelle: une joie commune incroyable et une non moins grande admiration naissent pour tous les habitants du ciel. Heureux le jour qui a comblé les désirs aussi ardents que prolongés de l’épouse languissante: elle trouve ce qu’elle cherchait, elle reçoit ce qu’elle désirait, elle possède en toute sûreté ce qu’elle attendait, elle goûte définitivement le repos dans la parfaite vision et jouissance de l’éternel bien suprême. Heureux le jour qui a emporté et élevé si haut la très humble servante du Seigneur: elle est devenue l’incomparable reine du ciel et la maîtresse du monde: monter plus haut, elle ne le peut car, élevée au trône de la royauté, elle siège glorifiée, après le Christ. Heureux et tout à fait vénérable ce jour qui a placé et confirmé dans le Royaume de Dieu cette reine et cette mère à la fois si puissante et si clémente pour nous: nous avons comme mère de miséricorde sans cesse prête à nous combler, à intercéder auprès du Christ, à veiller fidèlement aux intérêts de notre salut, celle-là même qui demeure toujours la mère du Juge.

A Laudes
Solis, o Virgo, rádiis amícta,
bis caput senis redimíta stellis,
luna cui præbet pédibus scabéllum
ínclita fulges.
<i>O Vierge, vêtue par les rayons du soleil,
la tête couronnée de douze étoiles,
la lune vous servant de marchepied,
vous resplendissez dans la gloire.</i>
Mortis, inférni domitríxque noxæ,
assides Christo studiósa nostri,
teque regínam célebrat poténtem
terra polúsque.
<i>Victorieuse de la mort et des maux de l’enfer,
vous trônez auprès du Christ, et vous veillez sur nous;
en vous, la terre et le ciel célèbrent
leur reine puissante.</i>
Damna sed perstat súboli minári
créditæ quondam tibi dirus anguis;
Mater, huc clemens ades, et malígni
cóntere collum.
<i>Mais le funeste serpent continue à menacer de ses méfaits
la race qui vous fut confiée jadis;
ô Mère, assistez-nous dans votre bonté,
et brisez la tête du Malin.</i>
Asseclas diæ fídei tuére,
tránsfugas adduc ad ovíle sacrum,
quas diu gentes tegit umbra mortis
úndique coge.
<i>Protégez ceux qui professent la foi divine,
ramenez les égarés au saint bercail,
rassemblez de toutes parts les nations si longtemps
couvertes par l’ombre de la mort.</i>
Sóntibus mitis véniam precáre,
adiuva flentes, ínopes et ægros,
spes mica cunctis per acúta vitæ
certa salútis.
<i>O douce, implorez le pardon pour les coupables,
aidez les affligés, les pauvres et les malades,
brillez à tous les yeux, à travers les écueils de la vie,
comme l’espérance certaine du salut.</i>
Laus sit excélsæ Tríadi perénnis,
quæ tibi, Virgo, tríbuit corónam,
atque regínam statuítque nostram
próvida matrem. Amen.
<i>Louange éternelle soit à la très haute Trinité
qui vous donne, ô Vierge, la couronne,
et qui, de toute éternité, vous a instituée
notre reine et notre mère. Amen.</i>.
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